‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 19 sur 501 · I. — GLOBE OCULAIRE · texte numérisé non relu

I. — GLOBE OCULAIRE

Le globe de l'œil occupe la partie antérieure de l'orbite, qu'il dépasse sensiblement en avant. Il est un peu plus rapproché de la paroi interne de cette cavité que de la paroi externe, de l'inférieure que de la supérieure. Un coussinet graisseux lui ofTre un point d'appui doux et élastique. Il est maintenu en place par les puissances musculaires destinées à le mouvoir, par le nerf optique, des vaisseaux, des toiles fibro-celluleuses, la conjonctive et les paupières.

Son diamètre antéro-postérieur, ou axe, habituellement de 23 à 25 millimètres chez l'adulte, excède de 1 ou 2 millimètres la longueur du diamètre transverse et du diamètre vertical. L'œil présente communément des dimensions moins fortes chez la femme que chez l'homme, bien que des exceptions nombreuses existent à cet égard. Les variétés individuelles du bulhc oculaire, en ce qui concerne son volume, sont, en général, plutôt apparentes que réelles' et dépendent de la profondeur plus ou moins grande du squelette orbitaire, de

la quantité de la graisse sur laquelle l'organe repose, et de récartemcnt plus ou moins considérable des voiles pal'pébraux..

La direction de l'œil n'est point celle de l'orbite. Son a.ve est parallèle à celui de son congénère , tandis que celui de l'orbite est obliquement dirigé de telle sorte qu'il rencontrerait en arrière celui du côté opposé.

Les parties constituantes de l'organe visuel, dans son état le plus complet, chez l'homme et les vertébrés, se résument dans quatre ordres d'éléments : 1° éléments de protection et de circonscription ; 2° éléments de nutrition ; 3° éléments de modification optique; 4° éléments d'incitation et de transmission au cerveau. Ces diverses parties aboutissent principalement à la constitution de deux appareils, l'un de dioptrique, l'autre sensitif. Le premier (cornée, humeur aqueuse, cristallin et corps vitré) réfracte les rayons de lumière et les fait converger vers le fond de l'organe; le second (rétine) recueille les émanations lumineuses des corps et en transmet l'impression au cerveau.

conjonctive (membrana conjunctiva sen adnata). — Cette membrane, commune à l'œil et à ses dépendances, est à juste titre considérée comme appartenant au système muqueux. Le fluide qu'elle déverse , la propriété qui lui est inhérente d'être aisément mise en jeu par les agents stimulants, sa continuité avec la peau et avec la pituitaire, sont autant de traits généraux qui la font rentrer dans cet ordre de membranes. Notons, toutefois, une restriction émise à cet égard par Arnold et Burkard Eble Dans leur opinion, la conjonctive, franchement muqueuse sur les parois pâlpébrales et au repli rétro-tarsien (sillon oculo-palpébral), se dépouille graduellement de cette disposition anatotomique, à mesure qu'elle s'éloigne du bord postérieur du fibro-cartilage, et se rapproche de la nature des séreuses, en s'avançant vers la cornée ; la conjonctive sclérolicale, en d'autres termes, considérée à ses deux limites extrêmes tient plus, d'un côté, d'une muqueuse, et de l'autre d'une séreuse, le point de neutralité résidant à la partie moyenne.

La conjonctive palpébrale, ou tarsienne, est intimement soudée aux fibrocartilages, tandis que la conjonctive scléroticale adhère aux parties sousjacentes par un tissu cellulaire lâche. Les liens, toutefois, de ce feuillet, sont de plus en plus étroits, à mesure que l'on s'approche de la cornée.

Deux couches entrent dans la composition de la conjonctive : le derme, ou chorion, et un épithélium pavimenteux. Une lame mince de cette membrane revêt la face antérieure de la cornée ; elle y adhère tellement que Ribes H. Cloquet et quelques autres ont mis en doute sa présence sur ce point' le xérosis, le pânnus, le ptérygion, sans parler de l'examen microscopique suffisent, a notre avis, pour en démontrer l'existence. Arrivée au limbe kératinue la conjonctive se dépouille de sa couche profonde ou dermique, son élément epithéhal se continuant seul sur le miroir.

La conjonctive palpébrale est parsemée de petites aspérités, ou papilles, dont 1 ensemble constitue le corps papillaire. Ces saillies semblent surtout multi-

' Burkard Eble, be la structure et des maladies de la conjonctive, traduction de M. de Losen de Seltenhoa. Bruxelles, 1836. H° V

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pliées près le bord libre des pHupièfes, tandis qu'elles diminuent, sous le double rapport de la quantité et du volume, à mesure qu'elles se rapprochent du cul-de-sac rétro-tarsien. La plus forte partie du repli semi-lunaire et la caroncule semblent privées de corps papillaire ; la surface inégale de la caroncule provient uniquement d'une agglomération de glandes sébacées, de la pointe desquelles s'échappent des poils invisibles à l'œil nu, dans l'état normal, mais assez développés, dans d'autres conditions, pour devoir être parfois arrachés (trichiasis de la caroncule). La question de savoir quelle est l'essence intime de ces papilles n'a point été identiquement résolue par les physiologistes. Mùller les considère comme des glandes. Nous les regardons, avec M. Thiry, comme des papilles nerveuses où viennent se terminer les extrémités des ramusculcs nerveux qui se rendent à la conjonctive et lui assurent la sensibilité tactile. M. Thiry fait observer avec raison que, si l'on tient compte de l'excessive sensibilité de ces petits corpuscules, et de la vascularilé de la conjonctive palpébrale, on ne s'étonnera plus ni de leur congestion, ni de leur inflammation, ni de leur hypertrophie, que l'on peut rencontrer dans les circonstances les plus ordinaires, et l'on devra se bien garder de considérer cet élément papillaire comme un élément pathologique de l'ophthalmie granuleuse.

Les follicules ou glandes muqueuses sous-conjonctivales, organes analogues aux glandes mucipares des autres muqueuses, méritent aussi une mention spéciale, destinée à élucider la question des granulations qualifiées de vésiculeuses, et dont nous parlerons plus tard. M. Sappeynous fournira, à cet égard, quelques documents dont nous avons vérifié l'exactitude. Immédiatement placés sous la conjonctive, ces follicules, les uns arrondis, les autres coniques ou de forme irrégulière, occupent le grand pli de cette membrane, où ils se montrent habituellement sur une double rangée. Presque constamment ils sont séparés et indépendants les uns des autres ; deux follicules viennent-ils à s'unir, leur ensemble offre un aspect bi-lobé. On n'en compte que 8 ou 10 chez quelques sujets ; d'autres en ont présenté de 20 à 25. La plupart dépassent peu, dans leurs plus grandes dimensions, un quart ou un cinquième de millimètre; quelquesuns sont plus petits ou plus gros; il en est qui arrivent au volume d'un grain de millet. Ces glandules sont quelquefois très-visibles à l'œil nu, surtout si l'on pratique une certaine compression à la base de l'orbite. Sur le cadavre, on en apprécie très-exactement les conditions, après avoir fait macérer quelque temps les paupières dans l'acide acétique. Nous pensons, avec le docteur Richet, que ces 'glandules ne constituent pas la source unique de cette sécrétion continue, que l'on observe sur la surface de la conjonctive. Le réseau si riche dont elle est pourvue doit être, de son côté, le siège d'une perspiration active.

La conjonctive oculaire est dépourvue de papilles et des organes glanduleux qui viennent d'être décrits.

sclérotique (tunica sclerotica scu albuginea). — Cette membrane, qu'on a encore appelée cornée opaque, ne constitue pas les quatre cinquièmes postérieurs de la coque ophthalmique, comme l'ont écrit beaucoup d'analomistes; elle en occupe à peu près les sept huitièmes. Formée de libres entrelacées entre elles, et analogues à celles qui entrent dans la composition des ligaments et des tendons,

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elle est l'une des plus fortes et des plus résistantes membranes du corps humain ; elle se laisse toutefois traverser aisément par un instrument acéré, ce qui est en partie dû à la distension que lui impriment les humeurs de l'œil. C'est dans la région qui avoisine la cornée que la sclérotique est la plus mince; son épaisseur augmente par degrés d'avant en arrière. Cette membrane, avec laquelle s'identifient les aponévroses des muscles de l'œil, est d'un blanc mat. La teinte azurée qu'elle offre, chez un très-grand nombre d'enfants, provient du peu d'épaisseur de son tissu à cet âge, ce qui permet d'entrevoir la couleur bleue de la choroïde. Ce même phénomène peut exister chez quelques adultes ; son exagération, totale ou partielle, constitue un état pathologique grave.

La sclérotique est traversée par des ouvertures destinées au passage de vaisseaux et de nerfs. Elles donnent lieu, autour de la cornée, à une zone poreuse, par l'intermédiaire de laquelle ont lieu des communications importantes entre les artères et les veines de l'extérieur et de l'intérieur de l'organe.

Lorsque la sclérotique est divisée, d'avant en arrière, en deux parties égales par un plan vertical, c'est sur le segment interne qu'on trouve l'insertion du nerf optique, dont la gaîne fibreuse est une continuation de la sclérotique. Si un orthopédiste de Paris avait réfléchi 'à la disposition qui vient d'être signalée, il n'aurait pas eu le malheur de couper le nerf optique, dans une opération de strabisme.

cornée (tunica cornea seu cornea pellucida). — Cette membrane, qu'on a justement appelée la fenêtre de l'organe visuel, remplit à la fois les fonctions de tunique protectrice et de corps réfringent. Si, dans une description anatomique, elle mérite d'être placée à côté de la sclérotique, c'est qu'elle complète, en avant, l'enveloppe extérieure du globe. Nous avons déjà parlé de sa couche antérieure ou épithéliale ; sa couche postérieure, feuillet kératique de la capsule de l'humeur aqueuse, sera tout à l'heure l'objet de notre examen ; il n'est donc question ici que de sa couche moyenne, la cornée proprement dite. Cette couche est fibreuse. Si l'on porte sous le champ du microscope une coupe de la sclérotique et de la cornée, l'on observe que ces deux membranes sont formées de tissu fibreux d'une nature identique; l'on peut se convaincre dès lors, en voyant les fibres de la sclérotique se continuer sans ligne de démarcation avec celles de la cornée, qu'il y a erreur dans l'opinion qui professe que le bord keratique, aminci des deux côtés, est reçu dans un sillon creusé aux dépens du bord sclérotidien correspondant, comme un verre de montre s'enchâsse dans la monture destinée à le recevoir.

Les fibres constituantes de la cornée sont lamineuses, anastomosées entre et es dans des directions variées. Entre leurs faisceaux se trouve une substance sohde, amorphe, diaphane, signalée par M. Robin. Convaincu de la structure lamellee du miroir, M. Bowman décrit plus particulièrement une lame élastique antérieure et une lame élastique postérieure. La lame antérieure (membrane liante externe de la cornée d'Ammon), couche résistante et ferme, sous-jacente à 1 épithéhum conjonctival, est située au-devant du tissu lamellé plus porem el plus mou. Elle est ^perméable aux liquides, comme il est facile de le démontrer en comprimant un œil dépouillé par le grattage de l'épithélium cou-

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jonel.val. M Bowman explique, par la présence de cette lame, comment des particules d acier et d autres petits fragments aigus et anguleux s'attachent avec autant ,1e ténacité à la partie antérieure et superficielle de la «•ornée La lame élastique postérieure, du même oculiste, n'est autre chose que la portion corneenne de la membrane de Descemet, couverte elle-même d'un épithélium que M. Bowman appelle épithélium postérieur de la cornée, ou épithélium de 1 humeur aqueuse. Homogène, dure, capahle de résister à une forte pression taisant entendre un son sec, quand on la coupe avec des ciseaux, et montrant une grande tendance à s'enrouler sur elle-même , la lame élastique postérieure est plus mince que l'antérieure, et se sépare aisément par le grattage de la région correspondante du miroir.

Je crois que les lames indiquées par M. Bowman ne sont que le résultat d'une dissoc.at.on artificielle. L'adhérence des corpuscules s'explique d'ailleurs tout aussi bien par le système des fibres entre -croisées que par celui d'une lame élastique spéciale.

Le professeur d'Ammon a récemment décrit avec une grande précision les dispositions des vaisseaux cornéens chez le fœtus. Dans la seconde moitié de la grossesse, et plus tôt encore, on voit sur la face externe de la sclérotique ramper des vaisseaux qui se rendent à la cornée et se terminent vers sa partie moyenne. D'autres vaisseaux qui sillonnent la paroi interne de la coque scléroticale aboutissent vers la limite scléro-cornéenne à un anneau vasculaire qui envoie des branches à la face interne de la cornée et au tenseur de la choroïde en voie de développement. Quelles que soient l'autorité de ces recherches et les conclusions que l'on pourrait peut-être en tirer au point de vue de la vascularité de la cornée dans la vie extra-utérine, quelle que soit encore la valeur des observations d'Arnold, de Fohmann , de Breschet, etc., qui ont décrit des vaisseaux lymphatiques dans la cornée, nous croyons devoir admettre avec M. Broca et la'plupart des anatomistes français que cette membrane est dépourvue de vaisseaux rouges et blancs après la vie fœtale. Le microscope ne nous en a jamais fait découvrir, et nous avons toujours vu les injections les plus fines s'arrêter au limbe de la cornée.

La sensibilité de cette membrane a donné lieu de penser qu'elle était probablement1 munie de nerfs. Tandis que la plupart des observateurs ne sont jamaïs parvenus à les voir, Schlemm (de Berlin) annonce qu'ils proviennent des nerfs cihaires, lesquels, en traversant le ligament ou muscle de ce nom, se diviseraient en deux séries de filets, les postérieurs destinés à l'iris, les antérieurs à la cdhiée, découverte que paraissent avoir confirmée les dissections de MM. Purkinje (de Breslau) et Pappenheim.

11 résulte de ces documents que, dans l'état actuel de la science, il semble rationnel de se ranger à l'opinion qui envisage la cornée comme un tissu sans analogue dans l'économie, et doué d'un mode de vitalité qui lui est propre. M. Sappey fait observer que cette vitalité se révèle par la facilité avec laquelle ses plaies se cicatrisent, parles phénomènes morbides si complexes dont elle peut devenir le siège, et enfin par les modifications qui l'envahissent sous l'influence de l'âge. Elle est, en effet, plus aplatie, et son tissu est plus serré et

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plus sec dans la vieillesse que 'Luis les autres périodes de la vie, el surtout dans le jeune âge. Chez les adultes, l'épaisseur de la corSee a été évaluée, en moyenne, à 0,8 de millimètre à son centre, et à 1 millimètre vo s sa circonférence. Chez le fœtus, elle est plus renîïëe au milieu qu'à ses bords. Cette même disposition subsiste chez quelques nouveau-nés; dans d'autres cas, elle a été trouvée, chez eux, d'épaisseur partout identique.

Une sorte de bourrelet conjonctival aplati encadre la cornée chez quelques sujets. C'est l'annulus conjunetivœ d'Ammon.

choroïde (tunica choroïdea). — En tapissant d'un rideau noir la face interne de la sclérotique, la choroïde fait de l'œil une véritable chambre obscure. Pourvue postérieurement d'une ouverture pour le passage du nerf optique, cette membrane se termine, en avant, vers la grande circonférence de l'iris, où elle se continue avec le cercle et les procès ciliaires. Les physiologistes lui ont dévolu un double usage : elle absorbe les rayons lumineux qui ne doivent pas coopérer à la vision, et préside à des fonctions de nutrition. L'accomplissement de ces deux destinations s'effectue à la faveur du pigment qui garnit l'enveloppe choroïdienne et des vaisseaux qui la sillonnent. Ceux-ci sont tellement nombreux, qu'on a dit que la choroïde était une sorte de rate épanouie.

Des trois couches dont cette membrane se compose, l'externe, ou cellulcuse, tient à la sclérotique par des liens d'une rupture facile. C'est l'arachnoïdea oculi de quelques anatomistes, ou membrane d'Arnold. Cet observateur, qui la classait dans l'ordre des séreuses, lui reconnaissait deux lames, dont l'interne est séparée de la choroïde par les nerfs ciliaires. La couche interne ou pigmenteuse et la couche moyenne ou vasculaire méritent plus particulièrement notre attention, par suite de l'intérêt que les explorations ophthalmoscopiques impriment à tout'ce qui se rattache aux profondeurs de l'organe visuel.

Le feuillet interne dont il s'agit ici a encore reçu les noms de membrane du -pigment et d'épithélium choroïdien; il est accolé à la rétine. L'enduit qu'il contient (granulations pigmentaires) est déposé dans des cellules hexagonales placées côte à côte; il est accumulé vers le pourtour de chaque cellule, le centre de celle-ci étant occupé par un noyau transparent. Dans la portion externe de la choroïde les cellules sont irrégulières et de forme généralement étoilée. Peu abondant chez le fœtus, le pigment l'est beaucoup chez les adultes, et surtout chez les bruns et les nègres. Les albinos en sont dépourvus. Il diminue et se décolore chez le vieillard, disposition qui, associée à un aspect ambré que contracte le noyau du cristallin, à un âge avancé de la vie, a été si souvent confondue avec une cataracte. Quand les cheveux deviennent blancs, dit Blumenbach, l'enduit de la choroïde perd un peu de sa teinte foncée.

Les vaisseaux qui figurent dans la composition de la couche moyenne ou vasculaire, offrent, eu égard à leur siège, à leur direction, à leur nombre et à leur calibre, des dispositions remarquables dont l'appréciation a été nettement formulée par M. Sappey. Plus rapprochées de la rétine, les artères sont immédiatement recouvertes par le pigment ; plus rapprochées, au contraire,, de la sclérotique les veines (vasa vorticosa, vaisseaux tourbillonnés de Sténon)' sont sous-jacentes à la couche cellulëuse. Les unes marchent en ligue droite'

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d'arrière en avant; les autres décrivent des courbes qui convergent vers la partie moyenne de l'œil, autour de quatre troncs principaux. lx>s artères sont infiniment moins nombreuses que les veines. Les premières sont, pour la plupart, fines et grêles; les secondes sont d'un forl calibre.

iris. — Verticalement tendu entre la chambre antérieure et la chambre postérieure, ce diaphragme est aplati dans les conditions ordinaires; mais, si l'humeur aqueuse vient à être évacuée, comme dans l'opération de la cataracte par extraction, il cède à la pression que le cristallin cl le corps vitré exercent sur sa face postérieure, et il devient convexe en avant. Sa grande circonférence, encadrée par le cercle ciliaire, abandonne avec facilité ses moyens d'union; c'est sur ce phénomène qu'est basée l'opération de la pupille artificielle par décollement. Régulièrement circulaire, chez l'homme, dans l'état de santé, l'ouverture pupillaire est un peu -plus rapprochée de l'extrémité interne du diamètre horizontal de l'œil que de son extrémité externe, disposition déjà notée par Win slow. L'iris est constitué par l'association de trois couches : 1° une couche antérieure ou séreuse qui appartient à la capsule de l'humeur aqueuse ; 2° une couche postérieuse ou pigmenteuse, l'uvée, dont la structure comprend une lame ténue, peu adhérente au tissu A'oisin, et des cellules qui, analogues aux cellules choroïdiennes, contiennent comme elles des granulations pigmentaires ; 3° une couche moyenne, ou parenchymateuse, qui forme le corps de la cloison. L'espace noir, circulaire, que la pupille nous offre, se compose de deux parties bien distinctes : l'une profonde, choroïdienne ; l'autre superficielle, indienne, qui provient d'une couche épaisse de pigment qui garnit le bord libre de l'iris. Cette lisière pigmenteuse est surtout appréciable quand un corps blanc, comme une cataracte, vient se placer derrière elle.

Haller, Bichat, Àssalini sont d'avis que les mouvements de l'iris sont dus à une propriété érectile dont serait doué son parenchyme, à une érection semblable à celle des corps caverneux. Grâce aux perfectionnements de l'histologie, on y reconnaît aujourd'hui deux ordres de fibres: les unes, circulaires, président à la contraction de la pupille ; les autres, rayonnées, sont affectées à sa dilatation. D'après M. Guillemin, auteur d'un savant Mémoire sur l'anatomie et la physiologie de l'iris, les fibres circulaires n'existeraient que vers la petite circonférence de ce diaphragme; les fibres rayonnées, au contraire, seraient insérées par leurs deux extrémités à la grande circonférence de la cloison et donneraient lieu à des anses tournées, parleur convexité, vers la pupille, et traversées par les fibres circulaires. La conlractilité des libres de l'iris porte à admettre qu'elles sont de nature musculaire. Suivant M. Guillemin, les fibres circulaires se comportent comme les fibres musculaires de la vie animale , tandis que les fibres rayonnées se conduisent comme les fibres de la vie organique. Toutefois, le microscope ne montre aucune ressemblance entre les fibres striées et lisses et celles de l'iris, de sorte que l'on est conduit à admettre, comme le dit M. Sappey, l'existence d'une troisième espèce de tissu musculaire qui formerait les fibres de l'iris, et n'aurait de caractère commun avec les autres espèces que la contractilité sous l'influence du système nerveux.

Les nerfs qui se distribuent dans l'iris proviennent d'un plexus nerveux dont le [jgantenl ciliaire es1 le siège, plexus à la formation duquel concourt l'ensemble do. oerfs ciljaires, lesquels émanent du ganglion ophlhalmique. Or, trois sources prennent part à la constitution de ce ganglion : les troisième et cinquième paires cérébrales et le grand sympathique '. 11 suit de là qu'une corrélation intime existe entre l'iris et les centres nerveux cérébral et ganglionnaire, d'où des réactions mutuelles d'une haute importance. Un grand nombre d'observateurs professent que la faculté motrice n'est fournie au ganglion ophtbalmique que par le nerf moteur oculaire commun ; d'autres lui associent un second élément qui dérive du grand sympathique. D'après M. Guillemin :

1° Les contractions des fibres circulaires et des fibres radiées de l'iris sont indépendantes lesunes desautres, les premières étantanimées par la troisième paire les secondes par le grand sympathique. On a remarqué que l'excitation de ce dernier engendrait la dilatation de la pupille, fait qui indique que la puissance des fibres radiées est active au même titre que celle des fibres circulaires.

2° Les conditions de contractions de ces deux ordres de fibres sont différentes, les modificateurs qui sollicitent la contraction des muscles de la vie animale et des fibres circulaires n'ayant pas d'action sur les fibres radiées.

3° Si l'électricité, si la strychnine rétrécissent la pupille, c'est qu'elles déterminent la contraction du sphincter iridien, comme elles produisent celle de tous les muscles de la vie animale.

4° Si, par contre, la belladone dilate la pupille, c'est que cette substance impressionne l'iris comme le système musculaire de la vie animale qu'elle paralyse momentanément; les fibres circulaires sont frappées d'anesthésie ; l'action des fibres radiées n'est plus contre-balancée, et la dilatation de la pupille doit s'ensuivre.

5° On sait qu'au moment de l'agonie les muscles de la vie animale se paralysent successivement et que cette paralysie commence par les sphincters, tandis que les muscles de la vie organique conservent jusqu'à la fin la contractilité lente qui leur est propre. Si, dans cette condition, la pupille se dilate, c'est que la paralysie envahit les fibres circulaires qui contournent cet orifice, une certaine action persistant encore dans les fibres radiées, qu'elles soient musculaires ou simplement élastiques.

Dans un Mémoire adressé, en 1851, à l'Académie des Sciences de Paris par MM. Budge, professeur à l'Université de Bonn, et Waller, ces physiologistes reconnaissent que, dans son action sur la pupille, le filet céphalique du grand sympathique ne fonctionne que comme conducteur d'une influence dont la

i Le ganglion oplithalmique reçoit un filet du nerf moteur oculaire commun (racine courte), un second tilet du rameau nasal de la cinquième paire {racine longue), et un troisième du grand sympathique (racine molle ou végétative), fourni par le plexus caverneux.

Il résulterait d'une communication, (aile par le docteur Béraud à la Société de biologie (avril 1858), qu'un Dlet, qui n'a été signalé par aucun anatomiste, part du ganglion oplithalmique, va joindre Tarière lacrymale et la suit jusqu'à la glande lacrymale, où il se distribue.

1 ' PROLEGOMENES,

moelle épinjère serait le point de départ. Us qualifient du nom de dlio-spinah' la région de la moelle qui donne naissance à la partie du grand sympathique, dont influence se fait sentir sur la pupille. Cette région serait localisée entre la première paire cervicale et la sixième dorsale, inclusivement.

La membrane pupillaire ou do Waehendçrf, qui bouche la pupille pendant une partie de la vie intra-utérine, est formée, d'après M. Jules Cloquet, de deux feuillets minces et diaphanes, adossés l'un à l'autre, le postérieur naissant du pourtour de la pupille, l'antérieur se continuant avec la membrane de l'humeur aqueuse, qui se réfléchit sur la face antérieure de l'iris. Il résulte de recherches plus récentes, et dont les résultats concordent avec ceux qu'avait annoncés Rudolpln, que cette membranule est toujours simple et si exiguë dans les premiers mois de la vie fœtale qu'on peut la distinguer à peine ; très-apparente à trois mois ou à trois mois et demi, elle a obtenu ses plus grandes dimensions au sixième mois. Elle se déchire habituellement vers la fin du septième mois; cette destruction s'opère du centre à la circonférence, par l'oblitération des vaisseaux qui a lieu dans ce sens. Béclard, Sonnemayer disent avoir rencontré, chez des nouveau-nés, des lambeaux de la membrane pupillaire qui flottaient au bord de la pupille ; mais il me parait loin d'être prouvé (pie la persistance de ce tissu délicat, après la naissance, puisse donner lieu à la cécité, ainsi que l'ont avancé Portai et quelques autres palhologistes, et réclamer l'emploi des ressources de la chirurgie.

rétine (tunica retina). — Très-mince, transparente, la rétine est en continuité avec le nerf optique, faisceau de fibres cérébrales renfermé dans une gaîne fibreuse (vagina nervi oplici). Elle s'étend entre le corps vitré qu'elle embrasse et la choroïde, contre laquelle elle est appliquée sans lui adhérer. Elle se termine antérieurement à la zone de Zinn par des dentelures et des sinuosités dont nous parlerons tout à l'heure (ora serrata retinœ). L'une de ses faces est donc interne ou hyaloïdienne et l'autre externe ou choroïdale.

Le disque ou légère saillie circulaire qu'offre la rétine et qui est connu sous le nom depapille est l'extrémité antérieure du nerf optique; elle a deux millimètres environ de diamètre et n'occupe pas le centre rétinien; on la trouve placée en dedans et un peu au-dessous de l'axe antéro-postérieur de l'œil. D'un point de la surface de la papille, qui n'en est pas toujours le centre, on voit émaner un certain nombre de vaisseaux qui parcourent en divergeant la surface de la rétine. Ces vaisseaux, sur la disposition desquels nous aurons à revenir souvent, sont les uns des artères, les autres des veines. Les premières sont plus déliées que les secondes; les artères sont d'un rouge écarlate, les veines d'un rouge brun.

La face interne de la rétine montre un pli (plica transversales) et une tache safranée (macula lutea; lâche jaune de Sccmmcring) qui n'existe d'après Cuvier que chez l'homme et les quadrumanes. Le repli dont il vient d'être question commence à la papille du nerf optique et se dirige du côté externe, en décrivant une courbe irrégulière longue de A ou 5 millimètres. La macula lutea, qui se voit vers la terminaison du pli, est ovalairc, transversale, longue au plus de 3 millimètres, et occupe le centre optique de l'œil. La dépression qu'elle montre,

PROLKGOMiïNES. \ '

à s;, partie moyenne (fovamen cœcum) a été regardée à tort comme un véritable trou.

La rétine était jadis considérée comme une membrane simple et unique. Grâce au secours du microscope, qui nous révèle les phénomènes les plus secrets de l'organisation, nous savons aujourd'hui qu'elle comprend un grand nombre d'éléments dont chacun a sa vie propre et bien certainement ses attributions spéciales. La rétine peut être divisée en trois régions : la première, postérieure, continué à la choroïde ; la seconde antérieure, conliguë au corps vitré ; la troisième moyenne, qui constitue la membrane nervée, la rétine proprement dite.

La membrane de Jacob, couche postérieure ou externe de la rétine, porte le nom de couche des bâtonnets, couche des baguettes ou bacillaire (stratum bacillorum). Elle n'est connue que depuis peu d'années, puisque Blandin s'exprimait de la manière suivante dans son Traité d'Anatomie publié en 1838 : « La membrane séreuse que Jacob a décrite, et qui serait intermédiaire à la choroïde et à la rétine, est une fiction fondée sur le développement séreux, qui a lieu en.ee point, dans une variété d'hydropisie oculaire. » Les éléments dont elle se compose sont de deux ordres : les bâtonnets proprement dits et les cônes. Les bâtonnets sont de petits corps plus ou moins cylindriques, disposés comme des pieux plantés les uns à côté des autres. Leur extrémité postérieure ou externe est quelquefois coudée à angle ou incurvée, condition qui a fait admettre deux ordres de bâtonnets, les uns rectilignes, les autres courbés en fer a cheval. Leur extrémité antérieure est surmontée d'un globule qui s'en détache quelquefois. La forme générale du bâtonnet a donc de l'analogie avec celle du bilboquet, muni ou dépourvu de sa boule. Entre les bâtonnets, et à des distances à peu près égales, se trouvent les cônes, éléments plus courts, rectilignes et renflés dans leur partie moyenne. Ils sont également terminés à leur bout antérieur par le globule qu'offrent les Mtonnets, et ce noyau peut aussi s'en détacher avec facilité.

La couche antérieure ou interne de la rétine (membrane limitante de Paccini, membrane vitrée de la réline de Henle) est une lame de substance amorphe diaphane, qui correspond au corps vitré et arrive jusqu'à la circonférence du cristallin. Elle sert de soutien aux ramifications de l'artère centrale de la rétine et aux veines qui les accompagnent. D'après M. Ch. Robin, de l'épaisseur de la membrane limitante se détacheraient des fibres rayonnées (libres de H. Mùller), qui traverseraient les parties sous-jacentes pour aller rejoindre la membrane de Jacob.

La région moyenne enfin, essentiellement médullaire (membrane nervée, tunica nrrvea) a beaucoup exercé la sagacité des analomistes. Brûckc, Sappey et le plus grand nombre d'entre eux l'ont divisée en trois couches secondaires, qui se superposent de dehors en dedans dans l'ordre suivant : 1» la couche des noyaux (couche granuleuse, nucléolée, couche des corps nucléiformes) qui est la plus extérieure, et se trouve située immédiatement au-dessous de celle des bâtonnets; 2° la couche des cellules encéphaliques (couche celluleusc; couche des cellules ganglionnaires); 3° la couche des fibres optiques (couche fibreuse). Cette dernière, en rapport avec la membrane limitante est le résultat de l'épanouissement des fibres médullaires du nerf optique. D'après M. Sappey, la

' - PROLEGOMENES.

couche des bâtonnets forme le tiers externe de la rétine, la couche des noyaux le tiers moyen, et les trois autres éléments en constituent le tiers interne. «La tunique nerveuse, dit Briicke, est, si l'on peut s'exprimer ainsi, une partie du cerveau située dans le hulhe oculaire, et le nerf optique est un faisceau de fibres cérébrales qui unit le cerveau de l'œil avec le cerveau de la boîte crânienne. »

11 résulte des documents qui précèdent que, dans la région moyenne, qui paraît être l'organe réellement sensitif, la rétine nous offre des éléments qui lui sont communs avec le cerveau; un appareil de nutrition est localisé vers sa couche antérieure, la couche postérieure (couche des bâtonnets) étant un élément spécial à cette membrane et de destination complètement inconnue. Les bâtonnets seraient dans l'œil un appareil de catoplrique, suivant Briicke; dans cette théorie, la lumière, après avoir traversé la membrane nervée, est réfléchie par les parois des bâtonnets et revient de nouveau sur la membrane nervée. Dalrymple, Jacobson et beaucoup d'autres considèrent, au contraire, la membrane de Jacob comme une véritable membrane séreuse. 11 faut noter encore que très-sensible à l'impression de la lumière, son stimulant normal, la rétine l'est peu à celle de nos instruments , ainsi que l'ont démontré les expérimentations de Magendie et que le prouvent chaque jour les opérations dans lesquelles on pique la rétine, presque sans faire éprouver de douleur au malade.

Le pli transversal de la réline, nié par les observateurs qui ont eu l'occasion d'étudier les yeux des suppliciés, se constituerait , suivant eux, après la mort, sous l'influence de l'évaporation d'une partie des liquides oculaires. Toujours est-il que, examiné sur le cadavre, il est formé par une plus grande quantité de fibres nerveuses. La tache jaune doit sa coloration, d'après M. Kœlliker, à un pigment particulier. La structure de cette portion de la rétine diffère un peu de celle du reste de cette membrane. Les bâtonnets y sont remplacés par des cônes. Les fibres optiques y sont nulles ou à peu près nulles; mais, par contre, la couche des cellules encéphaliques y est plus serrée. Les fibres de H. Mùller y sont plus nombreuses que partout ailleurs.

CHAMBRES OCULAIRES, HUMEUR AQUEUSE, MEMBRANE DE l'hUMEUR AQUEUSE, DE DES-

cemet ou de demours. — Le plus grand diamètre de la chambre antérieure, du centre kérafique au centre pupillaire, est de 2 millimètres à 2 millimètres I -2. La chambre postérieure est beaucoup moins spacieuse. On a dit que cette dernièi'e n'existait pas, l'iris étant même légèrement refoulé en avant par le cristallin exactement adapté à cette membrane, et la constance du rapport, qui aurait lieu entre la courbure du diaphragme oculaire et celle de la face antérieure de la lentille, ayant été posée en principe, d'après quelques documents fournis par l'anatomie comparée. Telle n'est pas, en ce qui concerne, du moins, l'espèce humaine, l'opinion de M. Cruveilhicr et de la plupart des anatomistes. On peut obtenir la preuve de l'existence de la chambre postérieure en soumettant l'œil à la congélation. L'épaisseur du cristal obtenu a été évaluée a un demi-milliraètrè.

Incolore, d'une transparence parfaite et d'une pesanteur spécifique trèsfaiblement supérieure à celle de l'eau, l'humeur aqueuse, d'après Berzélius, est

formée d'eau, d'albumine en quantité à peine appréciable, de chlorhydrate et d'acétate de soude et d'une matière animale soluble dans l'eau. La masse de ce fluide est de 20 à 25 centigrammes, suivant Pourfour du Petit, de 40 à 60 centigrammes d'après Carron du Villards , tandis que, suivant M. Bouisson, elle varierait, chez l'homme adulte de 25 à 50 centigrammes. Ce professeur fait observer 1 que malgré l'harmonie qu'exigent les fonctions de l'œil sous le rapport de l'arrangement physique de ses parties, il en est de l'humeur aqueuse comme de la plupart des liquides du corps humain, dont la quantité ne peut être exprimée que par une moyenne et jamais par un chiffre constant et absolu. « L'humeur aqueuse, dit-il, est, dans l'état physiologique, proportionnellement moins abondante chez les enfants que pendant l'adolescence ; aussi l'augmentation de convexité de la cornée, qui coïncide avec celle de l'humeur aqueuse, produit-elle souvent la myopie chez les adultes, qui, dans le premier âge, n'avaient point éprouvé les effets de ce trouble visuel. L'humeur aqueuse diminue chez les vieillards et contribue à la presbytie. Diverses influences font varier temporairement sa quantité sur un même sujet, suivant les circonstances dans lesquelles il se trouve. Une légère stase sanguine vers la tête favorise son augmentation, ce qui s'observe quelquefois après le sommeil, après des lectures prolongées. Le larmoiement facilite aussi son accumulation et la distension de la cornée. On observe encore des effets analogues dans les temps humides. Les conditions inverses amènent un résultat contraire. Dans les temps secs , la cornée est moins bombée par suite d'une évaporation plus rapide de la portion d'humeur aqueuse qui imbibe cette membrane et disparait avec les larmes à la face antérieure de l'œil. »

La membrane de Descemet tapisse la face postérieure de la cornée, en s'identifiant avec cette membrane, et s'étend ensuite sur la face antérieure de l'iris dont il est fort difficile delà détacher. D'après M. d'Ammon, cette pellicule très-transparente à la cornée est villeuse et moins diaphane sur l'iris, dont elle atteint le bord pupillaire sans le dépasser. Cet auteur pense que le feuillet iridien de la capsule de Descemet exhale la matière séreuse du sang, d'où provient l'humeur aqueuse , tandis que le fer et le carbone du sang sont déposés sur l'autre paroi de l'iris, ce qui constitue le pigment de l'uvée. Quant au feuillet cornéal de la membrane de l'humeur aqueuse, il serait affecté, suivant le chirurgien de Dresde, à la résorption de ce fluide 2. Nous rapprocherons de l'hypothèse qui vient d'être mentionnée le résultat de l'analyse du pigmentum, faite par Berzélius, qui a précisément trouvé que les globules dont cet enduit était composé contenaient beaucoup de fer, cause de leur grande

i Annales (Toculistique, t. XVIII, p. 64.

5 c Ulraque sic iridis faciès, etsi secretoria, diversos tamen exsudât humores. In iridis facie anleriori, quam arleriosam vocaverim, materies serosa sanguinis e reticulo vasculoso, tenuissimo et tenerrimo siillat ; in posteriori iridis pariete , quam venosam noniinaverim , in uvea carboneum et ferrum secernuntur, quae pignienlum nigrum constituant. Quod ad resorptionem humoris aquei atlinet, liane lamina serosa corncœ exercet. » (Ammon, de MMe, p. S.)

■14 PHOI.liC.OMKNES.

pesanteur, et une telle quantité de carbone, que cet élément formcrail près de la moitié de leur masse totale. Tout en partageant l'opinion d'Aminon, le professeur Rosas considère les procès ciliaires comme une seconde source de l'humeur aqueuse, source plus puissante que celle qui existe sur l'iris; des idées analogues sur les l'ourlions des procès ciliaires ont été émises par Th. Yowig et Edwards. Si nous avons insisté sur ces détails, c'est qu'ils sont destinés à élucider quelques points relatifs au traitement chirurgical des affections glaucomateuses. Des anatomistes modernes admettent que la capsule de Déscemet se dépouille progressivement, sur une portion plus ou moins étendue de la [ace antérieure de l'iris, des caractères qui la distinguent, et se convertit en une véritable membrane élastique (prolongements élastiques de la membrane de Descemcl; muscle pectine de l'iris).

L'humeur aqueuse, à peine évacuée, ne tarde pas à se reproduire. Il résulte des expériences du docteur Castorani que, quand on opère sur des animaux jeunes et vigoureux, le renouvellement du liquide s'effectue en cinq ou six minutes; quand il s'agit, au contraire, d'animaux âgés et débiles, il faut une ou deux minutes de plus. Ayant pratiqué la section des nerfs ciliaires dans l'arrière cavité de l'orbite, soit à leur sortie du ganglion ophthalmique, soit autour du nerf optique, M. Castorani s'assura que cette section avait tari les sources de l'humeur aqueuse, car après qu'on l'eut évacuée, elle ne s'est plus reproduite.

appareil lenticulaire, système' cristallinien (Uns cristallina) . — Cet appareil comprend une enveloppe ou capsule cristalline et le cristallin proprement dit.

La membrane, qui englobe de toutes parts ce dernier organe et se moule exactement sur lui, a été divisée par les anatomistes en deux segments : l'un qui correspond à l'iris (capsule ou cristalloïde antérieure) , l'autre accolé au corps vitré (capsule ou cristalloïde postérieure). Pappenheim et quelques autres observateurs décrivent une couche de cellules qui se trouveraient placées sur- la face convexe de la cristalloïde antérieure, tandis que d'après MM. Robin, Testelin, etc. , cette couche épithéliale serait intimement adhérente aux parois internes du sac capsulaire. M. Gros, qui lui donne le nom de réseau alvéolaire générateur, y voit la véritable matrice des cellules et des bandelettes cnstalliniennes. L'enveloppe du cristallin ne montre au microscope aucune trace de libres aucune disposition lamellaire ou aréolaire ; c'est une membrane tisse et polie ,'très-élaslique, d'une homogénéité parfaite et dépourvue de nerfs et même de vaisseaux. 11 résulte en outre des investigations auxquelles la capsule cristalline a été soumise, que cette membrane , amorphe et anlnstc , ne subit aucune altération par beau bouillante, l'alcool, la potarse caustique, ni même par les acides sulfurique et chlorhydrique. Une seule substance 1 altère et la détruit, d'après M. Sappey: c'est l'acide azotique monohydrate. La mort n'en abolit pas la transparence. On peut théoriquement déduire de cette immunité une vérité aujourd'hui bien démontrée par l'observation clinique : c est qu'il y a une grande exagération dans les idées de quelques auteurs qui ont considéré comme fréquentes les opacités aiguës ou chroniques du sac capsulaire.

pnOl/ÉGOMfiNF.S.

Th Youn» professait que le cristallin était formé d'une série de segments m-ésentant chacun l'apparence d'un muscle penniformo, disposition musculaire et contractile destinée à faire varier la convexité de la lentille suivant les besoms de la vision Telle était aussi l'idée de Dugès. Des recherches microscopiques, faites avec le plus grand soin , depuis ces auteurs , par Bowman , Brucke, Gros, Kœlliker, Testelin, etc., ont puissamment élucidé cette partie si épineuse de l'anatomie de l'organe visuel. .„.,... •.

Envisagé d'une manière générale, le cristallin doit être considère comme formé d'une région périphérique ou couche corticale et d'une sphère centrale ou noyau Molle et pulpeuse dans sa partie corticale, la substance cristalline est plus solide et plus dense dans la région qui constitue le noyau. Des fibres s'unissent par leurs bords et donnent lieu à des lamelles, qui, juxtaposées les unes aux autres pour aboutir à l'ensemble du corps lenticulaire, offrent une disposition symétrique d'arcades ogivales, dont la base répond à la circonférence du cristallin. Ces courbes en ogives ont reçu le nom de vortices lentis. Les fibres sont les unes nucléées, les autres dentelées et sans noyaux1. Les premières se rencontrent dans les couches corticales; les secondes entrent plus particulièrement dans la composition du noyau. Les fibres nucléées sont munies, de distance en distance, de noyaux sphériques ou ovoïdes; les fibres dentelées présentent sur leurs bords des cannelures à la faveur desquelles a lieu leur engrènement réciproque. La réunion des lames lenticulaires aboutit, chez le fœtus, à la formation de trois segments triangulaires, qui se rencontrent en avant et en arrière vers les extrémités de l'axe de la lentille; cette disposition primordiale élucide le mécanisme qui a trait à la déhiscence du cristallin, dans une forme de cataracte dont il sera question plus tard. Nous devons ajouter

iLe cristallin, à l'état frais, se compose d'une couche d'aspect gommeux , visible surtout en avant, qui, après la mort, se réduit en un liquide appelé humeur de Morgagni. Plus profondément, le tissu du cristallin est composé de deux espèces de fibres non entremêlées, mais formant, au contraire, des couches distinctes. Les unes, fibres à noyaux, ou mieux tubes, car elles sont creuses, sont plus superficielles; elles forment une couche de 2 à 4 dixièmes de millimètre à la surface du cristallin. Elles sont disposées parallèlement, larges de 7 à 9 millièmes de millimètre, aplaties, à bords nets, finement granuleuses à l'intérieur, et offrant, d'espace en espace, des noyaux sphériques ou ovoïdes, larges de 6 millièmes de millimètre, qui leur donnent un aspect caractéristique. Elles s'altèrent beaucoup dans la cataracte , et perdent souvent leurs noyaux. Ce sont elles qui forment la couche molle, blanchâtre, facile à détacher, de la surface de cet organe cataracté. Les autres , fibres dentelées, forment le reste du cristallin, sa partie la plus dense; elles sont un peu plus étroites que les précédentes et un peu plus minces, plus transparentes, plus pâles, sans granulations à l'intérieur, dans l'état normal. Leurs bords sont finement dentelés chez l'homme, d'où leur nom; profondément crénelés chez les poissons. Avec l'âge, elles deviennent finement granuleuses, et le sont beaucoup dans les cas de cataracte. Ces fibres, un peu raboteuses sur les bords, s'engrènent les unes dans les autres par leurs inégalités, ce qui fait que celles d'une même couche tiennent bien plus fortement ensemble par leurs bords latéraux, qu'elles n'adhèrent par leurs faces aux faces de la couche sus-jacente et de la couche sous-jacenle. (Ch. Robin, Dictionnaire de Nyslen, onzième édition, p 378.)

16 PIIOLKUOMKNES.

encore qu'entre la région la plus périphérique de la couche corticale et le sac d'enveloppe qui lui correspond se trouve une agglomération de cellules, arrondies et diaphanes, très-exactement décrites par le docteur Testelin, sous le nom de cellules de Morgagni , dans son savant Mémoire sur la structure du cristallin1. Ces corpuscules, a-t-on dit, ne sont pas distincts de ceux de la couche épithéliale de la capsule, opinion que réfute M. Testelin , qui allègue que les cellules capsulaires sont munies de gros noyaux, tandis que celles de Morgagni en sont dépourvues. Il résulte également des recherches de Werneck (de Salzbourg) que les cellules hexagonales ou polygonales, qui constituent la couche interne de la capsule, sont à noyau central, comme celles de la membrane du pigment privées de matière colorante.

L'idée générale qui naguère dominait dans les écoles, c'est qu'un fluide particulier, l'humeur de Morgagni, était interposé entre le cristallin et son enveloppe, fluide transparent dans l'état de santé, et qui parfois, acquérant une blancheur lactescente, forme en grande partie les cataractes dites laiteuses. La présence de cette humeur est aujourd'hui niée par le plus grand nombre des anatomistes, qui admettent que le cristallin remplit exactement la capsule.

La face antérieure de l'appareil lenticulaire est un peu moins bombée que sa face postérieure. Képler a démontré que le segment antérieur de cet organe appartenait à une sphère, le postérieur à une hyperbole. Ses diamètres, chez l'adulte, ont en moyenne de 9 à 10 millimètres; l'axe en a la moitié, de A millimètres 1/2 à 5 millimètres. Les deux extrémités de cet axe portent le nom de pôles. Le pôle antérieur fait face au centre pupillaire, le pôle postérieur au foramen ccecum. Dans le fœtus, la configuration du cristallin se rapproche de la forme sphérique.

corps vitré (corpus vitreum). — Cette masse, molle et limpide, occupe les trois quarts postérieurs à peu près de la cavité du bulbe. Sa configuration est celle d'un sphéroïde déprimé en avant pour loger le cristallin; cette dépression a reçu le nom de fossette hyaloïdienne, lenticulaire ou naviculaire. Le poids du corps vitré est de 5 grammes à 5 grammes et demi, quelquefois au delà.

L'humeur vitrée (vitrina ocularis) est une substance organique spéciale, analogue au blanc d'oeuf et coagulable par certains réactifs, au nombre desquels nous citerons les sels de fer et de plomb et l'acide chromique. La membranule qui englobe le corps vitré (membrane hyaloïde, tunica hyaloidea) et qui donnerait lieu, d'après les anatomistes, aune infinité d'aréoles (cellules hyaloidiennes) dans lesquelles le fluide est contenu, est anhiste, comme la zone de Zinn, dont nous parlerons bientôt. Telle est sa ténuité qu'on a mis son existence en doute. La forme et les dimensions des cellules qui en dérivent ne sauraient être déterminées d'une manière précise.

cercle ou ligament ciliaire (muscle ciliaire des observateurs modernes).— Les conditions anatomiques et physiologiques de cet organe ont été commentées de diverses manières. Le cercle ciliaire [orbiculus ciliaris de Haller et de Zinn) ne serait qu'un prolongement de la trame celluleuse de la choroïde, d'après

1 Annales d'oculislique, t. XXXIV, p. 109; t. XXXV, p. 6t et HO.

M. de Blainville. La grande quantité do, nerfs qui y aboutissent lui ont valu, de la part de Lieutaud , la qualification de plexus ciliaire. <>all et Sœmmcving le considéraient comme un ganglion nerveux, et l'on a longtemps professé que c'était pour ne pas blesser ce ganglion qu'il fallait soigneusement s'éloigner du limbe kératique dans la dépression de la cataracte par scléroliconyxis. Le plus grand nombre des observateurs semblent se rallier aujourd'hui à l'opinion qui envisage le cercle ciliaire comme un véritable muscle chargé d'un rôle capital dans l'acte de l'accommodation de l'œil. Crampton paraît cire le premier qui découvrit, en 1813, dans l'intérieur des yeux des oiseaux, un muscle particulier étendu du cercle osseux de la sclérotique à la circonférence de la cornée (muscle de Crampton, depressor comeœ du même auteur). En 1835, Clay Wallacc s'efforça de démontrer la muscularité du ligament ciliaire. M. Briïckele décrivit sous le nom de tenseur de la choroïde, et M. Bowman lui donna le nom de muscle ciliaire.

L'organe dont il s'agit ici n'est autre chose, dans sa portion principale, que la zone grisâtre qui contourne en avant le bord antérieur de la choroïde. 11 résulte, des investigations de M. Arlt, que l'iris ne s'insère pas à la limite précise de la cornée et de la sclérotique ; ce diaphragme s'insérerait vers l'arête interne du ligament ciliaire, de telle sorte que la face antérieure de ce dernier limiterait périphériquement la chambre antérieure dont il fait partie. C'est à celle disposition anatomique qu'on a attribué la facilité avec laquelle le couteau lancéolaire aborde la chambre antérieure, sans entamer l'iris, dans l'opération'de la pupille artificielle, quand même cet instrument aurait pénétré dans l'épaisseur delà sclérotique à 1 ou 2 millimètres du bord de la cornée. Des recherches plus récentes de M. de Graefe et d'E. Jaeger leur ont démontré que les-insertions signalées par M. Arlt n'étaient pas les seules; quelques fibres indiennes couvrent aussi la face antérieure du ligament ciliaire.

D'après le docteur M. Sée, qui a décrit avec détails le muscle ciliaire le bord antérieur ou la petite circonférence de cet anneau musculeux répond aux limites périphériques de la chambre antérieure , tandis que son bord postérieur ou sa grande circonférence , qui a subi un certain amincissement par suite de la diminution graduelle de l'épaisseur de l'organe, se confond d'une manière insensible avec les couches extérieures de la choroïde, au voisinage de Yora serrata. Les fibres-cellules dont le muscle ciliaire se compose sont délicates et se détériorent avec facilité; il est rare qu'on puisse les apprécier nettement sur les cadavres humains, si ce n'est sur des enfants très-jeunes ; les yeux de certains animaux les présentent d'une manière très-distincte. Elles sont finement granulées et contiennent un noyau oblong ou arrondi beaucoup moins altérable que l'enveloppe de la cellule. Les libres-cellules, en se joignant intimement entre elles, constituent des libres. Leur séparation demande l'intervention des réactifs, parmi lesquels la soude fournit de lions résultais.

M. Sée considère l'appendice dit muscle pectiné de l'iris (page 14), comme

1 M. Sée, De l'accommodation de l'œil cl du muscle ciliaire: thèse inaug. Paris

se divisant) vers le limbe kératique, on deux faisceaux. Le plus superficiel va s'unir au réseau de fibres élastiques que présente la sclérotique à ce niveau, pour constituer la paroi externe du canal de Schlemm 1 ; le faisceau profond s'écarte légèrement du précédent, circonscrivant ainsi, en dedans, un espace aplati, allongé d'avant en arrière (canal tin Schlemm), et, après un trajet marqué par la largeur de ce canal , il rejoint le faisceau superficiel. Or , c'est de celte portion , formant la paroi interne du canal de Schlemm, que naissent les fibres du muscle ciliaire. Réunies antérieurement en un seul faisceau, ces fibres procèdent ensuite en divergeant. Les unes, qui sont les plus longues, suivent la courbure de la sclérotique et vont se continuer avec la choroïde; les autres se dirigent en arrière et en dedans, vers l'axe de l'œil, pour se terminer à la base des procès ciliaires. Les faisceaux les plus postérieurs de cette catégorie deviennent obliques ou même perpendiculaires par rapport à l'axe de l'œil, et, par leur réunion, constituent à la face externe des procès ciliaires un véritable muscle circulaire, auquel, d'après M. Rouget, se rattacheraient les fibres radiées de l'iris. IL Mùller attribue également au muscle ciliaire une portion annulaire parallèle au limbe kératique et des faisceaux antéro-postérieurs2. Quant aux fonctions de l'organe qui vient d'être décrit, nous les signalerons plus tard, en traitant de l'accommodation de l'œil.

Les artères du muscle ciliaire lui sont fournies par les ciliaires longues, postérieures et antérieures, ainsi que par le grand cercle artériel de l'iris. Ses veines se déchargent dans celles de la choroïde et dans les veines ciliaires antérieures. Les nerfs ciliaires pénètrent dans le muscle et y constituênt un plexus serré, d'où partent les filets qui se distribuent à l'iris et ceux qui , suivant quelques auteurs, se rendent à la cornée.

ZONE DE ZINN, CORPS CILIAIRE, ORBICULE CAPSULO - CILIAIRE. La ZOne de

Zinn (zonule de Zinn ou ciliaire ; zonula Zinniï) émane de la région antérieure de l'hyaloïde et vient s'attacher au pourtour de la capsule cristalline. Le renflement plissé de cette zone, qui entoure le cristallin, a été comparé à une collerette. Quelques-uns considèrent la zone de Zinn comme formée par la membrane hyaloïde épaissie et soulevée sous forme de plis ; d'autres la regardent comme une membrane spéciale. Le bord découpé et dentelé de 1 extrémité antérieure de la rétine (ora serrata retinœ) vient s'insérer par une sorte d'engrenage à la zone de Zinn, de telle sorte, d'après M. Sappey, que les festons saillants de la zone de Zinn sont reçus dans les festons rentrants de la rétine. Limitant par sa face interne te canal godronné de Petit, h zonule de Zinn se trouve, par sa face opposée, en rapport avec les procès ciltaires (processus cil tares, rayons ciliaires ousous-iriens de Chaussier), qui s'engainent, d'après Rrûcke, sous forme d'arêtes mousses, dans les plis de cette même zone. Considérés par

i Le canal de Fontana ou de Schlemm règne à la surface interne de la sclérotique, et, suivant quelques auteurs, dans la substance même de cette membrane, près de sa jonction avec la cornée. D'après Brïicke et Arnold, ce sinus circulaire reçoit les veines ciliaires antérieures.

1 Consultez Archiv fîlr Ophthalmologio, t. III, p. I .

la plupart des anatomistes comme une dépendance de la choroïde, comme des replis saillants de cette membrane, les procès ciliaircs, placés les uns à côté des autres au nombre de soixante ou quatre-vingts, donnent lieu, par leur réunion, au corps ou à la couronne ciliaire, disque radié de couleur noire, dont les éléments embrassent la circonférence du cristallin et la région voisine du corps vitré.

Le professeur d'Ammon a donné le nom d'orbicule capsulo- ciliaire à un anneau composé de fibres particulières, qui établiraient un moyen d'union entre la capsule cristalline et les procès ciliaires, sur lesquels elles s'étendraient circulairement. Ce fait, accepté par plusieurs observateurs, a été mis en doute par d'autres. Presqu'aucun anatomiste, d'ailleurs, n'a décrit l'orbicule d'Ammon.

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