PRÉCIS PATHOLOGIQUE
On entend sous le nom de cataracte (cataracta ; suffusio) toute opacité plus ou moins étendue de l'appareil lenticulaire ou cristallinien. Les divers éléments dont cet appareil est composé peuvent se troubler ensemble ou séparément; c'est sur le siège de l'obscurcissement qu'est fondée la distinction des'espèces de la cataracte. Celle-ci est lenticulaire ou cristalline, quand elle affecte la substance propre du cristallin ; capsulaire ou membraneuse, quand elle n'est localisée que dans la capsule ; capsule— lenticulaire ou capsulo-cristalline , quand le cristallin et son enveloppe sont à la fois obscurcis.
L'éclairage oblique est infiniment supérieur à l'oplithalmoscopc pour la constatation des désordres du cristallin et de sa capsule. Les troubles, les plus légers de l'appareil lenticulaire apparaîtront avec la plus grande lucidité à la lumière oblique, tandis qu'ils peuvent se dérober à la vue, quand on les contemple avec l'ophthalmoscope. On peut admettre comme règle que le premier élément d'exploration est surtout applicable aux souffrances du système lenticulaire, tandis que le second s'adresse plus particulièrement à celles des profondeurs de l'organe.
Dans l'examen du cristallin avec l'ophthalmoscope, fort souvent la différence d'intensité de la lumière est la condition seule qui explique pourquoi les lâches qu'il présente apparaissent ou n'apparaissent pas à l'observateur. Une lumière trop vive traverse très-fréquemment ces obstacles et les rend invisibles, d'où le principe de recourir à une lumière faible. Le réflecteur, sans lcnlill»,' suffit le
WVRB ii. — MALADIES PU GLOBE OCULAIRE.
plus habituellement. Il Paul aussi procéder à l'investigation dans plusieurs sens, c'est-à-dire ne pas se borner à examiner la pupille de face; on doit encore l'explorer dans une direction oblique.
Article 1. — Cataractes lenticulaire, capsulaire et capsulo-lenticulaire.
CARACTÈRES ANÀTOMIQUES. \ . CATARACTE LENTICULAIRE OU CRISTALLINE. — Elle
est la plus fréquente de toutes et atteint plus particulièrement les personnes avancées en âge. Sa couleur varie. En général grisâtre, cendrée et parfois d'un jaune-ambré, surtout chez les vieillards, elle se rapproche davantage du blanc chez les sujets plus jeunes, et notamment chez les enfants, so i lesquels on la trouve fréquemment pourvue d'une teinte laiteuse ou d'un blanc bleuâtre. Les colorations qui viennent d'être indiquées sont celles qui frappent l'observateur de prime-abord. Un examen plus intime des cristallins cataractés nous les montre munis d'une coloration généralement plus foncée à leur centre qu'à leur périphérie. Le phénomène est surtout appréciable dans les cataractes. séniles, lesquelles sont fréquemment pourvues d'un noyau d'un jaune rougeâtre et offrant parfois la teinte acajou.
On appelle ombre portée de l'iris un cercle noirâtre dessiné sur la partie de la cataracte qui correspond au bord pupillaire. 11 est facile de se rendre compte de ce phénomène. Interposez un anneau entre la lumière et un morceau de papier blanc, et vous verrez sur ce dernier une ombre circulaire tres-marquee quand l'anneau sera à une certaine distance de la surface blanche, diffuse au contraire lorsqu'il s'en éloignera. Dans un œil cataracté, l'anneau est le cerc e • pupillaire de l'iris, et le corps sur lequel se dessine l'ombre de cet anneau est le cristallin devenu visible. Ce phénomène existe à un degré plus ou moins élevé dans la plupart des cataractes lenticulaires ; il manque dans quelques cas, comme nous le verrons tout à l'heure. Il est digne de remarque que la zone noirâtre ne provient qu'en partie de l'ombre projetée par l'iris, et qu elle dépend, dans une grande portion de son étendue, de la lisière pigmenteuse du bord pupillaire de cette cloison, lisière qui ne peut être, aperçue quand lapupille est noire, mais devient apparente lorsqu'une surface blanchâtre ou grisâtre se
place derrière elle. . .
Eu égard à la consistance des cataractes lenticulaires, on les distingue en dures (phacoscleroma), molles (phacomalacia) et liquides (phacohydrops ; photo-
^ÎTautactes dures sont peu volumineuses et aplaties d'avant en arrière , plus une cataracte est dure et plus elle est mince e. petite. Le contraire a lieu dans les cataractes molles. Il résulte de ces dispositions respectives que le j cmtallin est plus éloigné de luvée, lorsque la cataracte est dure que quand , M molle. Dans le premier cas, la pupille se meut librement, car elle ne, u aucune gène, tandis qu'une lentille très-molle e. gonflée presse 1.» sd amère en avant et peut provoquer la dilatation de la pupille. Quelquefois, I lois» indienne, fortement comprimée, se bombe de telle sorte que la rieure est considérablement diminuée, la postcr.eure étant ahohe. L ex.unu.