CHAPITRE VU. — MALADIES DU SYSTEME LENTICULAIRE. il
pupillaire, susceptible de se constituer dans ces conditions, a été ajjpejée ectropion
de l'uvée. , .
La cohésion plus ou moins intime des molécules lenticulaires opaques influe sur la coloration de la masse qu'elles présentent. Les cataractes dures sont ordinairement plus foncées que les cataractes molles. Les premières ont une couleur cendrée, plombée, d'un gris d'acier, etc. ; les secondes sont d un blanc très-légèrement grisâtre ou bleuâtre.
On peut établir que l'ombre portée de l'iris est, en général, d'autant plus marquée dans la cataracte lenticulaire, que l'opacité est plus éloignée de l'ouverture pupillaire. Il suit de là que ce caractère, qui existe à un haut degré dans les cataractes dures, manque dans les cataractes molles. Le cercle noir qu'offrent ces dernières dépend de la lisière pigmenteuse du bord pupillaire de l'iris.
Le trouble de la vision est moins considérable quand la cataracte est dure, que lorsqu'elle est molle ; la différence de vue au grand jour ou dans une obscurité médiocre est, en outre, plus marquée dans le premier cas que dans le second. Il est parfois arrivé, au dire des auteurs, que l'absence de toute sensibilité à la lumière et l'immobilité de la pupille, dans la cataracte molle, ont fait supposer que l'affection lenticulaire était compliquée d'une amaurose incurable. Une cécité aussi complète, très-exceptionnelle, à mon avis, dans l'espèce, car elle ne s'est jamais offerte à mon observation, a été interprétée par la turgescence de la lentille qui, proéminente et très-large, bouche hermétiquement l'orifice pupillaire, ne laissant passer à travers sa substance, ni à travers les parties les plus voisines du corps vitré, aucun rayon de lumière.
Observation XXIV.— Un seigneur, âgé de soixante-huit ans, que cite Pellier, éluil affecté depuis vingt ans de deux cataractes. Comme les pupdles étaient irès-dilalées et presque immobiles, Pellier soupçonna une complication de goutte sereine, et regarda la guérison comme très-douteuse. Les deux yeux ayant été opérés par extraction, la vue ne se rétablit pas. Tout espoir semblait perdu, quand, au bout de quelques semaines, la faculté visuelle revint; elle fit de tels progrès que le malade linit par distinguer les objets les plusminutieuxellire lescaractères les plus lins avec des lunettes à cataracte. Le long laps de temps, pendant lequel la réline avait été plongée dans les ténèbres, peut expliquer pourquoi celte membrane n'a été apte à percevoir la lumière qu'après s'y être graduellement habituée. Voici quelques réflexions de Pellier au sujet de celte observation curieuse : « Cette cure est trop frappante , dit-il, pour ne pas mériter d'être connue; je la rends ici publique, afin de faire voir qu'on peut quelquefois se tromper sur ie pronostic de la cataracte , et dans la vue d'encourager les personnes de l'art qui rencontreront de pareils aveugles, de ne pas les abandonner à leur triste sort, comme on l'avait fait de celui-ci. Si l'on réfléchit sur la dilatation extrême des prunelles elsur leur pou de jeu, si l'on l'ait attention à la grosseur des cataractes extraites, il ne sera pas difficile de découvrir la cause qui a produit un retard aussi long dans les perceptions visuelles. N'est-il pas raisonnable de croire que, les cristallins s'étant considérablement augmentés de volume, puisqu'ils étaient presque le double qu'ils ne le sont dans l'état de santé, il en soit résulté une pression assez forte aux parties environnantes, pression qui avait principalement lieu sur le corps vitré et sur la réline?Or, celle membrane ayant perdu de son ton el de son ressort par ladite pression, ne peut-on pas attribuer à celle circonstance l'origine du relard des fondions visuelles? Si le recouvrement de la vue
.ytQ jjVftfe u.— MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.
n'a pas eu lieù immédiatement après l'opération , c'est qu'il a fallu que la nature eût le temps de réparer insensiblement le désordre que le volume augmente des cristallins avait produit au siège immédiat de la vue, et c'est ce qu'elle a sagement la.l, sans aucun secours étranger. »
11 est rare que la cataracte lenticulaire soit entièrement dure ou entièrement molle Les cataractes dures ont, le plus souvent, un pourtour gélâtineuX plus ou moins épais, et les cataractes molles un noyau central plus consistant que les couches périphériques. Les dénominations tic caséeuse, de f/élatmeuse, etc., ont été assignées parles oculistes à la cataracte, suivant qu'elle leur ollVait la mollesse du fromage mou, de la gélatine, etc. Ces variétés rentrent dans la catégorie des cataractes molles ou partiellement molles.
Généralisant les cataractes, au point de vue de leur consistance dans les diverses périodes de la vie, on peut établir qu'elles sont molles dans 1 enfonce et dans la jeunesse, et dures, au contraire, dans la vieillesse.
Les cataractes liquides résultent de la dissolution partielle ou totale du cristallin dans un fluide lactescent accumulé dans le sac capsulane. 11 y aurait la . d'après quelques observateurs, une véritable hydropisie de la capsule cristalline; d'autres invoquent une infiltration par endosmose de l'humeur aqueuse a travers cette même capsule devenue le siège d'une condition pathologique inconnue Ce sont les couches corticales qui passent les premières à la Jiqué faction ; ce le-c, peut atteindre à la longue le noyau de plus en plus ramolli de la lentille. Cette cataracte s'observe ordinairement dans l'enfance et dans la jeunesse, bien que nous l'ayons rencontrée dans les autres périodes de la vie et même chez les vieillard s. Tout récemment encore, après avoir taillé un large lambeau pou extraire une cataracte, chez une femme de 58 ans, l'obstacle, cornue -en liquide et d'un aspect laiteux, s'évacua au dehors, des que la capsule anteneure eût été incisée, et la pupille devint parfaitement noire. La cataracte entière^ liquide est plus rare que celle dans laquelle existe, en outre, un noyau en ulaire opaque (cataracte fluido-dure). L'absence complète de ce dermer, pai uog^irrrimollissement, est surtout peu commune chez les sujets avances en
^ Après avoir artiliciellement dilaté la pupille, et en ayant recours *^ai«ge oblique, vous reconnaîtrez que la substance corhcale a passe à étt du h a présence dans le champ pupillaive d'une masse g obuleusc blanche ou d bleuâtre ; la teinte n'est qu'exceptionnellement ioncee. La suu us ot 1 est vue de ces stries, de ces rayons prismatiques caractenst.qu s des opac.lt le^: munies de quelque solidité ; elle est d'habitude et comme maibrée, par suite des dispositions variables csa^F^ avant la cristalloide antérieure. Quand le noyau de la lent, 1 , P P
au travail général de désagrégation et de ramollissement il se cevoir sous forme d'un reflet grisâtre ou jaune ambre, dans a o pon U déclive de la cavité capsnlaire. Le disque antérieur de la capsule e U P o àlé de l'ttvée, pour qu'une ombre portée de l'ins soit possible; le ^VW<* Z x du cercle pupill tire forme seul l'anneau brunâtre. B n es. pas rare que h i