‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 21 sur 501 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

L'appareil de la vision résume sous un petit volume le pins grand nombre des systèmes qui figurent sur divers points de l'économie : systèmes muqueux, séreux, fibreux, vasculaire, lymphatique, nerveux, etc. Par.siute, en outre de la spécialité de ses fonctions, il possède des tissus qu'on ne rencontre pas dans d'autres régions. Il résulte d'une organisation aussi complexe que cet appareil doit être exposé à des maladies variées, les unes sujettes à se montrer ailleurs, les autres qui lui appartiennent en propre.

L'appréciation de ces nombreuses lésions repose sur trois groupes d'éléments de diagnostic : 1° caractères anatomiques; 2° caractères physiologiques; 3» documents complémentaires.

La constatation des désordres morbides (caractères anatomiques, signes objectifs) est, dans l'espèce, le point capital. Les caractères physiologiques (signes subjectifs), bien que très-propres à éclairer l'observateur, ont beaucoup perdu de leur ■ importance, depuis que la découverte de l'ophthalmoscope est venue nous révéler les mystères du fond de l'œil. Nous ne saurions insister assez sur la valeur de quelques documents complémentaires, relativement aux professions, aux dyscrasies, à la contagion, à l'hérédité, etc. Quelques mots suffiront pour démontrer la vérité de cette proposition.

Un œil offre une conjonctive injectée, du larmoiement, de la photophobie. L'idée d'une kératite imminente ou existant déjà se présente à l'esprit. Mais le malade est un serrurier, un mécanicien, et vous ne tardez pas souvent à découvrir que les désordres ont pour cause la présence d'une particule métallique dans la cornée.

Un changement de couleur de l'iris, le trouble, l'irrégularité de la pupille, des douleurs nocturnes, vous ont conduit au diagnostic d'une irilis. Mais le sujet est entaché de syphilis, et cette condition doit dominer la médication.

Ètes-vous indécis sur la question de savoir si les aspérités que montre la con-

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jonctive palpébrale sont des granulations véritables ou une simple hypérémie des papilles' conjonctivales, demandez si le consultant a fréquenté l'un <le ces asiles dû les granulations ontj pour ainsi dire, acquis droit de domicile ;4nformez-vous s'il n'est point entouré de frères, de sœurs, de personnes, en un mot, qui soient affligées de granulations. L'affirmation ou la négation à cet égard devra peser d'un grand poids dans votre appréciation.

Un sujet porte une tumeur sur la nature de laquelle vous hésitez a vous prononcer, mais il annonce qu'une affection cancéreuse a atteint son père ou sa mère, circonstance qui peut vous guider dans l'appréciation du mal. .1 ai été consulté par une femme qui avait perdu d'abord l'usage de l'œil droit, puis celui de l'œil gauche, par suite d'une aman rose, évidemment cérébrale. Le docteur Berner-Fontaine, qui me fit l'honneur de m'appclcrcn consultation, m'informa qu'il y avait trois années, il avait extirpé, avec succès, chez celte malade, un sein cancéreux. Le diagnostic sur la nature d'une tumeur encéphalique probable ne fut-il pas élucidé par ce document?

L'on ne saurait donc s'habituer assez à combiner les trois éléments d'appréciation qui viennent d'être indiqués. L'on ne pourra y arriver avec fruit que par l'observation clinique et la fréquentation assidue des dispensaires et des consultations où abondent des formes morbides de tout genre. La lecture des bons livres est utile, sans doute, mais le grand livre de la nature est encore ce qu'il y a de mieux; peut-être même, est-il plus convenable de commencer par celui-là, pour ne pas avoir ensuite a oublier des idées erronées, fruits de théories plus ou moins ingénieuses mais trop souvent contraires à la saine observation des faits.

Quelques documents sur les maladies simulées et sur les affections des yeux, considérées au point de vue du service militaire, compléteront ce chapitre.

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