‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 243 sur 501 · CHAPITJUS VII. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITJUS VII. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE

oculiste se sert de l'aiguille à sclérotieonyxis, jusqu'à ce que cette partie de l'instrument ait sensiblement diminué de volume pur le repassage, et l'affecte dès lors à la réelinaison parla cornée. L'aiguille de Walther, pourvue d'une petite lance courbe, est plus longue que celle dont les professeurs de Vienne font usage.

La conicité des aiguilles est plus désastreuse encore dans la kératonyxis que dans la scléroticonyxis, par suite du mouvement de va-et-vient qu'imprime à la cornée la tige métallique fortement serrée dans sa substance, au lieu d'y glisser avec facilité. Il faut se méfier aussi de l'extrême ténuité que quelques oculistes ont cru devoir donner aux aiguilles à kératonyxis, dans le but de ne causer à la cornée qu'une vulnération d'une petite étendue. La manœuvre est pénible et peu sûre avec des instruments aussi flexibles.

manuel opératoire. — Le chirurgien s'assied devant le malade, dont la pupille aura dû être préalablement dilatée. Il saisit l'aiguille delà main droite, s'il doit opérer l'œil gauche, de la main gauche, s'il doit opérer à droite. L'instrument est tenu entre les trois premiers doigts, comme une plume à écrire, la convexité de la lance regardant en bas. Vous aurez soin que le manche soit appliqué contre la face palmaire de ces doigts en plein, et non contre leurs extrémités, près des ongles, position incommode, et dans laquelle la vacillation de l'aiguille s'opposerait à ce que la manœuvre fût exécutée avec toute la sûreté nécessaire. La pulpe de la seconde phalange du pouce est seule chargée de fixer l'instrument en avant; elle repose sur le pan qui correspond à la concavité de la lance. Ce doigt est maintenu dans l'extension, tandis que l'index et le médius sont demi-fléchis sur le manche, qui abandonne la main à son bord radial, au niveau du pli qui sépare les deux premières phalanges de l'indicateur.

Trois temps composent la manœuvre : dans le premier, on introduit l'aiguille ; dans le second , on récline la cataracte ; dans le troisième , on retire l'instrument. Nous supposerons qu'on opère à l'œil gauche.

Fig- I7- Fig. 18.

^ 1 () LIVRE H. MALAD1HS ni) «LOBE OCULA1IUÏ.

pièrc supérieure avec l'élévateur, et le chirurgien ayant déprimé l'inférieure ce dernier présente son aiguille au globe, que la tige ne doit point encore toucher, faisant suivre à celle-ci une ligne droite, qui, se dirigeant obliquement de bas en haut et de droite à gauche, divise la' cornée et la pupille en deux portions égales. L'instrument est tenu de telle sorte que la pointe ne dépasse que. de 2 millimètres environ le limbe cornéal , la concavité de la lance tournée en avant, la convexité faisant face à la cornée, l'un des tranchants regardant en bas et à gauche, l'autre tranchant en haut et à droite. La face dorsale du pouce est dirigée en avant; le petit doigt et l'annulaire, verticalement placés par leur région dorsale contre la joue, y prennent un point d'appui. Le creux de la main est donc tourné en avant et en haut, et l'avant-bras est en supination.

C'est alors que l'opérateur imprime à ses trois premiers doigts un mouvement qui, faisant suivre de haut en bas à l'aiguille la ligne oblique que nous avons indiquée, en porte la pointe vers la portion inférieure et externe de la circonférence cornéale; la lance rehrousse"ensuite chemin par un second mouvementen sens inverse des mêmes doigts, et la pointe, cheminant de bas en haut et de droite à gauche, pique la cornée vers le milieu d'une ligne fictive, qui, partant du centre de cette tunique, en traverse obliquement le quart inférieur externe. La lance franchit la chambre antérieure et l'ouverture pupillaire, et va se placer contre la partie supérieure et interne de la cristalloïde antérieure, sa concavité en avant et sa convexité en arrière. La cataracte, après ce premier temps, qui doit être effectué sans hésitation et par un coup sec, est obliquement croisée par l'aiguille, comme l'était la cornée avant la ponction (fig. 17). L'auriculaire et l'annulaire n'ont pas changé de position; les trois premiers doigts ont seuls été chargés du maniement de l'aiguille.

Deuxième temps. Réclinaison. — Après avoir ébranlé l'appareil lenticulaire par quelques mouvements de pression exercés sur sa face antérieure, on le déprime en portant de la joue vers le front le manche, qu'on fait pivoter entre les dernières phalanges des trois premiers doigts. Pendant que son extrémité libre parcourt un arc de cercle de bas en haut et de droite à gauche, la convexité de la lance, qui suit une route opposée, pèse sur la lentille, la fait basculer et la plonge, de haut en bas et de gauche à droite, dans la portion externe de la région inférieure du corps vitré (fig. 18).

Troisième temps. Sortie de l'instrument. — L'on maintient quelques instants la cataracte comprimée au fond du bulbe, puis on dégage lentement l'aiguille, directement de bas en haut, en lui communiquant de légers mouvements de demi-rotation sur son axe.

Telle est la manœuvre qu'a adoptée Jaeger; elle s'exécute au globe droit suivant les mêmes principes. Dans celle de Rosas (œil gauche), l'aiguille pénètre à travers la cornée, au point ci-dessus indiqué, la convexité de la lance regardant en bas et à gauche, sa concavité en haut et à droite, l'un des tranchants en ! avant, l'autre en arrière. Dès que cette portion de l'instrument est entrée dans l'organe, Hosas imprime au manche, qui continue à rester dans la même direction, un quart de rotation sur son axe, afin de mettre la concavité de l'aiguille en rapport avec la partie antérieure de la cataracte. Pendant qu'il effectue la ré-

Page 1