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CHAPITRE VU. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE

vivant'. Le docteur Montain (de Lyon), qui ignorait que rabaissement antéropostérieur avait été pratiqué avant lui en Allemagne, s'en déclare l'inventeur, dans son Traité de la Cataracte, qui n'a paru qu'en 1812. La kératonyxis a eu quelque temps une très-grande vogue; la possibilité d'opérer les deux yeux avec la main droite séduisit surtout une foule de gens. Peu de chirurgiens l'exécutent aujourd'hui d'une manière exclusive.

Le docteur Pauli (de Landau) a fait connaître, en 1838, un nouvel expédient dans lequel ce chirurgien refoule la cataracte au haut du globe, au lieu de Penirainerdans la partie déclive de l'organe 2. M. Pauli perce la cornée, à son centre, avec une aiguille courbe, gagne, entre l'iris et la lentille, la région supérieure interne du corps vitré, dont il entame les cellules par une incision semi-lunaire ; portant ensuite son instrument au bord inférieur externe du cristallin, il repousse de bas en haut, dans le sein de la plaie hyaloïdienne, la lentille que l'auteur se flatte d'y transporter munie de son enveloppe. L'élévation de la cataracte a été pratiquée plus tard par M. Hervez de Chégoin et par M. Jobert. Nous avons en notre possession assez d'expédients opératoires d'une efficacité reconnue pour qu'il ne soit plus permis de recourir à un procédé dans lequel le poids de la lentille, suspendue au-dessus de la pupille, vient ajouter encore aux chances désavantageuses de la méthode.

§ 3.— Résultats de l'opération de la cataracte par abaissement.

Privé de ses connexions naturelles et plongé dans l'humeur vitrée, le cristallin peut graduellement décroître de volume, de sa circonférence au centre, et finir par être entièrement ou presque entièrement résorbé ; son absorption complète est rare. Dans presque toutes les autopsies que fit Beer, vingt ans quelquefois après l'opération, les cristallins existaient au fond du bulbe et avaient habituellement un volume moindre que dans leur état ordinaire. Nous rapprocherons de ces observations celles plus récentes de M. Velpeau qui, sur douze malades examinés après la mort, d'un à quatre ans après l'opération, ne trouva que chez un seul le cristallin sensiblement altéré et à peine diminué d'un cinquième ; chez les autres, il adhérait à un point de la rétine et de la choroïde qui présentaient une sorte de nodosité longue de 5 ou 6 millimètres. C'est là, dit ce professeur, un inconvénient fâcheux, qu'aucun argument ne peut atténuer, et qui rendra toujours l'opération de la cataracte par abaissement moins complète que par extraction.

L'absorption est subordonnée surtout à la consistance du corps étranger et à l'âge du malade. On peut établir que ce travail exigera, en général, pour son accomplissement, un laps de temps d'autant plus court que la cataracte sera plus molle et le sujet plus jeune. L'absorption sera nulle ou à peu près nulle dans

' Buchhorn, Dissert, de keratonyxide. Hall, 1806.-De keratonyxide, novâ cataractœ ulmqucoculi morbis medendi melhodo. Magdeb., 1810. - Langcnbeck Prithma dur heratonyxis. Gœltingue, 181 1 . ' "Wf '

'F. Pauli, Uebcrden (jruucn Staar, etc. Stuttgard, 1838.

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l'âge avancé. J'ai rencontré des cristallins inslacts, bien que déprimés depuis plusieurs années, chez des veillards qui avaient succombé à des affections étrangères • à la cataracte. Quant aux signes objectifs, on ne trouve qu'un indice qui puisse montrer l'absence du cristallin, et encore manque-t-il souvent; c'est le flottement de l'iris ou ùidodonésis.

Les mutations que l'opération a fait naître dans les milieux réfringents du bulbe donnent lieu à des modifications importantes dans les phénomènes visuels. Il résulte de la soustraction du cristallin que les rayons de lumière ne sont plus qu'imparfaitement réfractés; une hyperpresbytie plus ou moins considérable se constitue. Les myopes, toutes choses égales d'ailleurs, sont ceux qui gagnent le plus par l'opération. Les malades ont besoin qu'un verre convexe remplace, au dehors du globe, la lentille naturelle ravie à cet organe. L'un des préceptes les plus importants dans la prescription de ces appareils, c'est de ne les faire prendre au malade que tard, deux ou trois mois, par exemple, après qu'il a été opéré et quand sa vue s'est déjà fortifiée par l'exercice. Si l'on y avait recours avant que l'œil fût remis de l'opération et bien habitué à la lumière dont il a été longtemps privé, ils pourraient causer à la rétine une surexcitation fâcheuse. M. Mackenzie fait observer que l'emploi prématuré des verres à cataracte est susceptible d'amener dans l'œil, à la suite même des opérations les plus heureuses, un état de faiblesse qui le rende impropre aux occupations qui ne demandent qu'une vue médiocre. J'ai donné des soins à un homme qui, en 1840, fut opéré de la cataracte par le docteur Lenoir. Le succès fut complet. Peu de temps après, le malade crut devoir s'adresser à un opticien, qui lui fournit des lunettes qui le séduisirent infiniment et qu'il s'empressa d'adopter. « Ma vue, me dit-il, était telle, que je pouvais ramasser à terre une épingle fine. » Elle ne tarda pas à s'altérer, et ce malheureux devint amaurotique. Quant aux numéros dont il y aura, lieu de faire choix suivant les conditions individuelles, nous en parlerons dans la partie de cet ouvrage consacrée aux lunettes.

Article 3.— Seconde méthode.— Extraction.

La cataracte peut être extraite par une plaie scléroticale ou par une plai kératique. Les partisans de la scléroticotomio sont peu nombreux ; c'est à 1 kêratotomie qu'ont recours presque tous les opérateurs.

L'extraction scléroticale , proposée par Benjamin Bell , fut réalisée sur l'homme vivant par J. Earle, puis par Lebel, Giorgi d'Imola, Pirondi et quel ques autres chirurgiens. Quadri père, qui a pratiqué le plus grand nomb d'opérations de ce genre et quelques-unes avec succès, entame avec le coutea" de Wenzcl les tuniques oculaires, à A ou 5 millimètres de la cornée, du côl de l'angle externe ; c'est par cette solution de continuité, longue de 8 9 millimètres, et parallèle au limbe cornéal, qu'il engage ses pinces pour aller saisir le cristallin muni de sa capsule et l'amener au dehors. Outre les difficultés d'exécution manuelle, les lésions des nerfs et des vaisseaux, ciliaircs et d'autres inconvénients que tout le monde prévoit, cette manière d'agir présente encore

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