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CHAPITRE Vil.— MALADIES PU SYSTEME LENTICULAIRE

le désavantage d'une évacuation facile de l'humeur vitrée. « Ceux qui ont assisté aux opérations de Quadri, dit (larron du Villards, ont vu l'œil se vider plusieurs fois, dans les premiers temps de l'opération, et le docteur Herbeer a été l'un des témoins de ce fait. »

Si la scléroticotomie, appliquée à l'ablation d'une masse volumineuse comme une lentille opaque, peut, en causant une vulnération étendue, avoir pour suites le phlegmon de l'œil ei d'autres accidents inflammatoires redoutables, on ne saurait en dire autant d'une petite incision destinée à livrer passage à une capsule obscurcie ou à une fausse membrane. M. Siebel fait en outre observer que la direction verticale, que Quadri et la plupart des autres oculistes mpriment à leur section, est vicieuse ; il en résulte, en effet, que les contractions du muscle droit externe tendent constamment à éloigner la lèvre externe de l'incision de sa lèvre interne ou cornéale, et que, provoquant en même temps la compression des humeurs que renferme le bulbe, elles en facilitent l'évacuation à travers la plaie. C'est sur ces corcidérations qu'est fondé un procédé, plus particulièrement applicable à l'extraction des cataractes secondaires, et dont il sera question tout à l'heure.

Le docteur Valiez (de Bruxelles) propose la scléroticotomie, qu'il appelle sousconjonctivale, pour l'ablation des cristallins abaissés et déterminant des douleurs vives 1. Cet oculiste, dans un cas de ce genre, forma, entre deux airignes, un repli à la conjonctive scléroticale, dans la région temporale du bulbe, traversa la base de ce repli avec le couteau-lance de Jaeger, qui alla fendre la sclérotique sous-jacente, l'incision étant obliquement pratiquée entre le muscle droit supérieur et le muscle droit externe. Puis une pince, fine et courbe, fut introduite fermée dans la solution de continuité et le cristallin entraîné audehors.

L'extraction par la voie cornéale, seule généralisée dans la pratique, nous occupera surtout dans cet article. Elle se compose de quatre sous-méthodes : La kératotomie supérieure, la Jcératotomie inférieure, la kératotomie oblique, la kératotomie linéaire. Les trois premières se rapportent à l'extraction dite à lambeau ; la quatrième à l'extraction par ponction.

§ 1. Kératotomie supérieure.

C'est l'expédient capital de l'opération de la cataracte. On a pour but, dans son exécution, de provoquer l'expulsion du corps opaque par une ouverture qui résulte de la section de la moitié supérieure de la cornée.

appareil instrumental. — Quatre instruments nous servent le plus habituellement pour pratiquer la kératotomie supérieure : 1» un élévateur plein (pl. I, ïjg. 3) ; 2" la pique de Pamard (pl. I , iig. 8) ; 3" un kératotome ; 4° un kystitome.

Des kératotomes. — Le couteau auquel je donne la préférence est celui de Beer (pl. II, fig. 8), le meilleur des instruments de ce genre et dont les proportions

1 Gazelle médicale, année 1816, p. 101 G.

522 UVKR II. — MALADIES DU GLOBE 0CULAIHK.

sont parfaitement calculées d'après les dimensions et la forme que doit recevoir le lambeau. Comme la lame augmente de largeur et d'épaisseur de la pointe au talon, elle offre l'avantage de remplir très-exactement la plaie de la cornée, à mesure qu'on incise celte membrane , et de s'opposer ainsi à la sortie de l'hu- ' meur aqueuse.

Gracfc père a fait courber, vers son extrémité libre et sur le plat, la lame du kératotome de Becr, dans le but d'éviter la lésion de l'iris, pendant que l'instrument traverse la ebambre antérieure. On l'y introduit , sa face convexe dirigée en arrière, sa pointe regardant conséquemment la cornée. Cette modification, plus embarrassante qu'avantageuse, exige qu'on soit pourvu de deui instruments différemment recourbés, une seule courbure ne pouvant s'accommoder à l'exécution d'une même section cornéalc aux deux globes.

Le couteau de Wenzel (pl. II, fig. 9), était autrefois fort en vogue : il a la forme d'une lancette. Sa lame, renflée au milieu de son plat, est pourvue d'un bord qui coupe dans toute sa longueur , et d'un autre bord qui est mousse, si ce n'est vers la pointe où il est tranchant dans l'étendue de 3 millimètres, disposition qui facilite l'entrée et la sortie de l'instrument.

Le couteau deRosascst tranchant, non-seulement à son bord inférieur, mais encore à son bord supérieur, qui, offrant une légère obliquité, se rapproche, sous ce rapport, du kératotome qui précède. Quand on se sert d'une lame à double tranchant, il est toujours facile, suivant Rosas, de former un lambeau de dimensions convenables, et l'on n'est pas exposé à avoir besoin, pour agrandir l'ouverture, des ciseaux de David , dont l'emploi est le plus souvent suivi d'une cicatrice vicieuse. En admettant même un tel avantage , il nous paraît d'une bien faible valeur, si on le compare aux inconvénients que cet instrument présente. J'ai exécuté sur le cadavre, en présence du professeur Rosas luimême, un très-grand nombre d'opérations avec le couteau de ce chirurgien, et j'ai constaté qu'il glissait dans la substance de la cornée avec une telle rapidité qu'on ne le maîtrisait qu'avec peine. S'il est vrai que, pour bien tailler le lambeau, il faille constamment peser sur la pointe et sur le bord mousse du kératotome et jamais sur le tranchant, que devient ce principe avec un instrument dont le dos coupe ? S'il arrive enfin si fréquemment qn'on blesse l'iris avec un couteau à dos mousse, n'aura-t-on pas, à plus forte raison, cet accident à redouter, en se servant d'une lame tranchante des deux côtés? Quels que soient me? sentiments de respect et de gratitude pour cet illustre maître, je dois à la venté de dire que son instrument me paraît d'un emploi incommode et dangereux, surtout quand les yeux sur lesquels on agit sont doués d'une grande mobilité.

Quand les deux globes doivent être opérés dans la même séance, il faut avoir soin de ne pas appliquer le même kératotome sur chacun d'eux. L'expérience prouve qu'un couteau qui vient de servir glisse moins bien cl ne peut inciser aussi aisément, essuyé ou non, la seconde cornée que la première, à cause d'une matière onctueuse dont il est eiïduit.

Des kystitomes.— On a donné ce nom aux instruments destinés à l'incision du disque antérieur de la capsule.

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