CHAPITRE VII. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE
mont le manche de la tempe, on jette des débris dans la chambre antérieure. L'on en abaisse aussi quelques-uns dans la postérieure avec le plat de l'aiguille. Cola fait, l'on donne à celte dernière l'obliquité qu'elle avait reçue au commencement de ce troisième temps, c'est-à-dire que le tranchant concave se tourne de nouveau à gauche, en arrière et en bas, et la marque du manche à droile, en avant et en haut, et l'on pratique, dans l'intention de fendre la capsule postérieure, une incision oblique de haut en bas et de gauche à droite; on exécute enfin, horizontalement de dedans en dehors, une section qui barre la précédente, le. tranchant concave étant alors, dirigé en arrière. Le lecteur remarquera que l'aiguille affecte à la fin de ce temps la situation qu'elle avait lors de son entrée dans l'œil. Il ne reste plus, dans le quatrième temps, qu'à la dégager d'arrière en avant. Ces mouvements multipliés deviennent superflus quand la cataracte est laiteuse. Deux ou trois incisions entre-croisées entre elles sont alors suffisantes.
traitement consécutif. — Les fomentations réfrigérantes seront pratiquées . longtemps, et avec la plus grande persévérance, à la suite de la tentative qui vient d'être décrite. Les mydriatiques sont d'un puissant secours pour établir une large communication entre les deux chambres et prévenir l'atrésie pupillaire, qui survient quelquefois, par suite de la compression irritante que les fragments tuméfiés par l'humeur aqueuse exercent sur la cloison iridienne et sur les bords de la pupille, qu'ils obstruent. Il est à peu près inutile que le malade se mette au lit; mais il doit garder la chambre et éviter les influences qui pourraient susciter des accidents inflammatoires; la pièce qu'il occupe sera plus éclairée que si l'on avait agi par l'une des deux autres méthodes. M. Radius ne ferme pas les yeux de ce genre d'opérés et ne leur met pas de bandeau : il les condamne seulement à séjourner dans une chambre obscure.
Dans certains cas, deux ou trois semaines s'écoulent sans aucun changement dans 1 état des débris lenticulaires, circonstance qui tient le malade dans une attente pénible. Les instillations d'un collyre élbéré et les frictions pratiquées sur la paupière supérieure avec le doigt imprégné d'un liniment ammoniacal , agents employés pour stimuler la résorption, paraissent avoir fourni quelques bons résultats a Warc. Weller prétend s'être servi avec succès dans le même but des huiles de girofle, de fenouil, de cajepnl et de Fammôni'aquc liquide, médicaments quon fait vaporiser sous l'œil; il vante aussi les faibles dissolutions de tartre stibié ou de sublimé corrosif, avec addition de quelques gouttes d'un hqmde spiritueux, et qu'on doit introduire tièdes entre les voiles palpébraux Les purgat.fs souvent répétés, le polygala de Virginie (p. 123), le calomel, moyens concurremment employés avec les onctions mcrcuriclles sur le front et la nau pfrere supérieure, avec les réfrigérants et les instillations de sulfate d'atropine se sont plus particuhèrcmcnt montrés efficaces dans ma pratique. Nous devons ci ter aussi 1 évacuation de temps en temps réitérée de l'humeur aqueuse par h ponton corneaK^^
xped.ent était supérieur à tous les agents qu'on a préconisés dans ce but Q .o ,r,lr".S,,,U -l-''--l-on„, qu'on est ^«fent^S^ST 1er plusieurs fois la décision avant d'arriver à la destruction corn è L des II "s
■j(i8 LIVRE II. — MALADIES DC CLOUE OCULAIRE.
de la lentille: dans quelques cas même, ces tentatives sont infructueuses, et force est d'abaisser un noyau lenticulaire qui s'est montré reliellc à l'absorption ou d'entreprendre l'extraction des fragments. 11 ne faut point oublier ici la kératotomi'e linéaire, qui peut mettre fin avec la plus merveilleuse rapidité à tous les inconvénients qui résultent si souvent du broiement de la cataracte.
§ 2. — Broiement par kératonyxis.
aï-pareil instrumental. — .Tùngkcn, PU. de Walther, etc., pratiquent cette opération avec les aiguilles légèrement recourbées dont ils font usage pour la dépression par la cornée. L'aiguille dont se servait Saunders pour le broiement cornéal ou sclérolical chez les jeunes sujets offre une tige longue de 2 centimètres, droite, et qui s'aplatit dans son tiers antérieur en un fer de lance pointu à son extrémité et tranchant sur ses deux bords. Une aiguille droite, celle que nous avons adoptée pour la discision de la capsule (pl. II , fig. 7), nous paraît devoir être choisie de préférence, dans les cas où l'on se propose de prime-abord de hroyer une cataracte par la cornée.
manuel opératoire. — Qu'il, s'agisse de morceler d'emblée le corps opaque, ou qu'on ait introduit l'aiguille dans le but primitif d'effectuer une réclinaison reconnue impossible pendant la manœuvre, il faut conduire la pointe de la lance à la partie supérieure de la capsule, diriger l'un des tranchants vers le cristallin, fendre ce dernier de haut en bas par des sections verticales et obliques, tourner ensuite l'un des tranchants vers le nez, l'autre vers la tempe, procéder de nouveau, mais alternativement, de droite à gauche et de gauche à droite, à des mouvements de levier pour faire des incisions transversales qui croisent les premières, et retirer enfin l'aiguille. Un grand nombre d'oculistes prescrivent de fixer un ou deux fragments à la pointe de la lance pour les entraîner dans la chambre antérieure, manœuvre en général fort laborieuse, et sur laquelle on ne doit insister qu'avec réserve. Le broiement par scléroticonyxis se prête au rejet des parcelles lenticulaires à travers la pupille beaucoup mieux que le broiement par kératonyxis.
Je crois, et pour des motifs suffisamment exposés page 51 / , qu il laut introduire l'instrument à une certaine distance du centre de la cornée, et non à travers le centre même de cette membrane. On peut d'ailleurs, dans celle occurrence, agir sur le glohe droit avec la main droite.
Procédé de. Rosas. — Cc professeur donne la préférence à une aiguille faki-, forme qui ne diffère de celle que nous avons mentionnée dans le paragraphe^ précédent que parles dimensions de sa faux, qui sont un peu plus petites. I n même instrument est successivement employé pour des destinations différente^ 11 sert en premier lieu de kvsliloinc; quand ce dernier est un peu use par Je repassage, on rend tranebant son bord convexe cl l'on en fait usage pour la discision pat scléroticonyxis: celle même aiguille, encore plus usée, csl aflfecttj au broiement par la cernée. Nous supposerons qu'on opère à 1 œil gauclic.
L'aiguillecst saisie entre les trois premiers doigts de la main droite, dans une direction oblique de liant en bas et de gauche à droite, le bord concave u, la