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CHAPITRE VII. — MALADIES DU SYSTÈME LENTICULAIRE

■4° Cataractes fausses secondaires. — Elles résultent d'une obstruction, plus ou moins complète, de la pupille, par un produit pseudo-membraneux qu'une iritis a engendré, à la suite d'une opération de cataracte. J'ai observé des opacités de ce genre, qui se présentaient sous forme d'un très-léger réseau périphériquement adhérent au bord de la pupille devenue immobile ; la vision en était troublée, mais plusieurs malades pouvaient lire encore les gros caractères avec des verres à cataracte. Dans quelques cas, quand l'opération surtout a entraîné l'effusion d'une certaine quantité de sang dans les chambres oculaires, l'obstacle qui encombre la pupille présente plutôt les caractères de l'opacité dite cataracte fausse sanguine ou grumeuse.

5° Cataractes secondaires mixtes. — L'admission, proposée par M. Mackenzie, d'une catégorie de cataractes secondaires mixtes me paraît fondée sur la saine observation des faits. « Une forte proportion des cataractes secondaires, dit-il, appartient à cette classe. La capsule opaque est presque toujours accompagnée d'une fausse membrane qui l'unit plus ou moins à l'iris. On trouve même souvent, après une ou plusieurs opérations à l'aiguille, un morceau de cataracte dure intimement adhérent à la capsule, et celle-ci unie à l'iris par une fausse membrane. »

traitement médical et chirurgical. — On peut établir en thèse générale que les opacités qui viennent d'être décrites demandent l'intervention de moyens chirurgicaux. Néanmoins, il y aura lieu parfois d'attendre la résorption d'obstacles lenticulaires qui gênent la vue ; on la secondera par les résolutifs et par l'établissement surtout d'une large communication entre les deux chambres, à la faveur des mydriatiques. Ces derniers, continués avec persévérance, nous ont rendu service dans les cas où la pupille était occupée par une membranule adhérente. Il peut arriver alors que les saillies anguleuses, que forment les brides, s'évanouissent graduellement, tantôt en se décollant ou en se déchirant, tantôt ens'amincissantpeuà peu par une sorte d'usure. Les débris pendus et flottants dans le champ 'pupillaire se détruisent parfois encore à la longue. Ces heureuses terminaisons sont exceptionnelles ; il n'y aura guère chance de réussir, et le plus souvent encore d'une manière incomplète, que quand on attaquera ces produits morbides à une époque très-rapprochée de l'opération dont ils sont les suites.

Lorsque l'absorption paraîtra impuissante à détruire les cataractes lenticulaires secondaires, on les déprimera, on les broiera, ou ce qui vaut toujours mieux, l'on en pratiquera l'ablation. L'extraction linéaire sera utilement applicable à un bon nombre de cas de ce genre.

Les opacités membraneuses, quelle que soit d'ailleurs l'essence du produit qui les constitue, demandent l'intervention de l'abaissement, de l'extraction ou de l'opération de la pupille artificielle.

Abaissement, déchirement à ï 'aiguille. -C'est par scléroticonyxis, et avec une aiguille combe, qu'on cherche généralement à déprimer les cataractes membraneuses secondaires. Je pratique peu cette opération, à cause des mouvements vulnerants que nécessitent trop souvent les conditions de l'obstacle, surtout s'il est adhèrent. La manœuvre, d'ailleurs, est très fréquemment incer.a ne Que d

Ibis, par exemple, on trouve le corps opaque si léger, si peu résis'ant, qu'il fuit devant l'aiguille, et ne peut être abaissé, d'où la nécessité de le lacérer de le broyer, de chercher à l'enrouler autour de la lige métallique ; dans d'autres cas il se laisse jusqu'à un certain point déprimer, mais soudé à la partie inférieure de l'iris, il revient à sa situation primitive dès que l'instrument cesse de peser sur lui.Scarpa enseigne de traverser, d'arrière en avant, le voile morbide avec la pointe de l'aiguille dirigée vers la cornée, puis de tourner l'instrument entre les doigts pour entortiller la membrane autour de la pointe cl la déebirer dans toute l'étendue du disque pupillairc. Si la cataracte, dit-il, est formée de plusieurs lambeaux distincts, il faut les détacher l'un après l'autre ; dans tous les cas, on rassemble ensuite les débris opaques, et on les conduit, à travers la pupille dans la chambre antérieure. Je laisse à penser combien ce procédé offre de complications et de difficultés. Frappé de ces inconvénients, M. Bovvman introduit simultanément deux aiguilles par deux bords opposés de la cornée; les deux pointes vont à la rencontre l'une de l'autre vers la partie centrale du produit morbide ; ce dernier ayant été harponné, les deux pointes sont entraînées en sens contraire, d'où il résulte que le tissu est déebiré dans l'écartement qui vient d'être produit. La manœuvre, d'ailleurs, est réitérée de telle sorte que la pupille soit suffisamment nettoyée. M. Mackenzic fait observer que les parties vasculaires n'éprouvent ainsi aucun tiraillement, les seuls tissus touchés étant la cornée et la membrane opaque; l'une des aiguilles peut servir de point d'appui et seconder ainsi l'action de l'autre.

Extraction. — S'agit-il de pratiquer Pablation du produit membraneux par la voie kératique, on fait, vers le bord de la cornée, une ponction semblable à celle que nécessite la kératotomie linéaire ; puis on engage dans la perforation les pinces à iridectomie (pl. III , fig. 6 et 7), celles de Fischer (pl. II, fig. 16) ou tout autre instrument de ce genre, auquel il convient quelquefois de substituer le crochet à iridodialyse (pl. III , fig. 2) , et l'on entraîne l'obstacle e au dehors. Plusieurs conditions, les contractions entre autres de la pupille et la difficulté de charger d'avant en arrière la membrane opaque, sont it aptes* à rendre cette ablation fort épineuse , incomplète , parfois impossible. L'extraction scléroticale, préférée par M. Sichel, par M. Stœber, lui est généralement supérieure.

Dans le premier temps de cette opération, le couteau lancéolaire droit (pl. III, fig. 1) attaque la sclérotique un peu au-dessous du diamètre transversal de l'œil, i et à 6 ou 7 millimètres en dehors du bord externe de la cornée. L'instrument est enfoncé jusqu'à la plus grande largeur de sa lame, d'où résulte une ouverture linéaire transversale de 6 à 8 millimètres d'étendue. 11 importe de donner à la perforation la direction qui vient d'être signalée ; nous en avons déjà fourni les motif* (page 52-1).

Le déchalonnement du produit pathologique constitue le second temps du manuel. « Si la cataracte, dit M. Siebel, adhère au bord pupillairc externe, une aiguille à cataracte, à lance courbe, est introduite dans la plaie et dans la pupille, comme pour l'abaissement, toutefois sans que la lance dépasse de plus de sa moitié la marge pupillairc; puis, en la promenant en haut cl en bas, et en pressant un peu d'avant en arrière, avec son plat, sur la cataracte, on déchatonne

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