CHAPITRE XI. — MALADIES DE L'ACCOMMODATION. 'VO
rines et de rendre la voix nasillarde. Quelques-uns portent des branches latérales très-courtes, qui les tiennent plus solidement assujettis; c'est ce qu'on appelle. pince-nez à branches. Ces appareils rentrent dans la catégorie des binocles. Les lorgnons monocles sont connus de tout le inonde. Les myopes, qui emploient sous cette forme un verre concave, y trouvent un grand secours pour apercevoir les corps éloignés. On leur a reproché, en ne favorisant que l'exercice d'un œil, de nuire beaucoup à son congénère. Rognetta dit avoir connu des personnes qui étaient devenues amaurotiques d'un côté, par suite de l'usage d'un lorgnon monocle, qu'elles n'avaient d'abord porté que par simple coquetterie.
Dans la lunette à laquelle le docteur Serre (d'Alais) a donné le nom de panoptique ou de capillaire, les verres dont est garnie une monture ordinaire sont remplacés par deux disques en cuivre noirci. Chaque disque porte une fente horizontale que recouvre une plaque mobile, maintenue elle-même par des coulisses et percée à son centre d'un très-petit trou. 11 résulte de cette disposition que les deux orifices peuvent être ramenés vis-à-vis les axes des deux yeux de la personne qui se sert de cet appareil, quel que soit l'écartement qui les sépare. Les trous exigus de la lunette panoptique ne laissent pénétrer jusqu'à la rétine que les rayons directs qui émanent des objets fixés; un petit faisceau central passe seul par la perforation capillaire; arrêtés par le diaphragme opaque, les rayons excentriques sont exclus du champ qui reste à la vision, ce qui annule les effets de courbure de la cornée et des autres milieux réfringents, réduits uniquement à leur axe. Il suit de là que des sujets peuvent voir de petits objets et lire à des distances variées, tandis qu'ils ne le pouvaient sans ce secours, ou, ce qui est identique, sans l'intervention d'un trou foré dans une carte. Fondées sur le même principe, les lunettes sténopèiques ou sténopéennes de M. Donders consistent dans des coques qui emboîtent exactement l'organe visuel. La lumière arrive à ce dernier par un petit tube conique à base dirigée du côté de la pupille1.
Il ne faut pas s'exagérer l'importance de ces appareils, généralement peu usités dans les cliniques ophthalmologiques. «Lalunetle panoptique, dit M. Serre, est l'instrument par excellence pour classer certaines altérations de la vue. prises pour des amblyopies ou des cataractes menaçantes. Lorsque la vue est immédiatement rendue distincte, on a affaire à une perte de la faculté d'accommodation, et l'on élimine alors tout soupçon de cataracte ou de goutte-sereine. » Cette proposition nous paraît admettre des exceptions fort nombreuses. L'exercice de la vision centrale peut s'accomplir, par exemple, sous l'influence d'une lacune permettant le passage des rayons qui traversent le trou de la lunette pr.».oplique,
« On lit dans les Annales d'ooulistiquB) t. XXXVII, p. 274 : « On sait qu'une ôpâeité incomplète de la cornée et une calaracte commençante nuisent souvent plus à la vue nue les mêmes affections plus développées, en tant que la diffusion de la lumière qu'elles produisent dans le premier cas enveloppe tous les objets d'un nuage blanc et en rend les contours indistincts. M. Frœbelius publie les beaux résultats qu'il a obtenus dans de pareils cas de l'emploi des lunettes sténopèiques, invention du professeur Donders (d'Utrecht). .
iyt) UVRE II. — MALADIES DO GLOBE OCULAIRE.
bien que des slries très-nombreuses aient envahi la lentille cristalline. C'est ce que j'ai vérifié plusieurs fois par l'expérience.
Dans lamydriase, quelques appareils peuvent être utiles comme moyen d'amélioration provisoire de la faculté visuelle et comme agent curatif. Nous les avons signalés page 398.
Les louchettes ont été fort longtemps en vogue. Elles consistaient dans des coquo hémisphériques creuses d'ébène, de cuir bouilli, etc.; qu'on ajustait à la tête par un bandeau en velours, en soie, en peau, etc.; chaque capsule était percée d'un trou correspondant à la situation naturelle de chaque pupille. On espérait que l'œil strabique regarderait par l'orifice et récupérerait ainsi, à la longue, sa rectitude; mais cette pratique fatigante ne pouvait être que stérile, rien n'empêchant le malade d'affecter un œil à la perception des objets, et le globe dévié de conserver, derrière cette machine, son habitude vicieuse. Plus incommodes encore, les tubes noircis étaient destinés à fonctionner suivant le même mode. On s'est aussi servi de coquilles de noix trouées; G. Bartisch et Solingen en recommandent l'usage. Ces appareils sont tombés dans un juste oubli.