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CHAPITRE XII. — DE l'hïDROPHTHALMIE

prend part à la distension, se renfle et contracte une teinte bleuâtre, due à la coloration de la choroïde sous-jacente. La pupille est le plus souvent dilatée. Le globe est dur. mutent. Le sujet devient myope. Si la maladie n'est pas enrayée dans sa marche, les phénomènes morbides augmentent d'intensité, et une cécité s'établit, les désordres aboutissant tôt ou tard à la cirsophlhalmie, à l'ophthalmite, à la phthisie du globe, après avoir occasionné de grandes souffrances. Il y a lieu de déduire des détails que nous venons d'exposer que Phvdrophthalmie n'est le plus communément que le résultat d'un travail lent et chronique des membranes internes de l'œil , et. surtout de la choroïde , travail qui tend sans cesse, par ses effets, à désorganiser les éléments constituants de l'organe.

Uhydrophthalmie antérieure des auteurs (hydropisie de la chambre antérieure) est caractérisée par une augmentation de quantité de l'humeur aqueuse, d'où une saillie insolite de la cornée , l'agrandissement de la chambre antérieure et une distension des membranes pariétales, surtout, dans le segment antérieur de l'organe. On a indiqué, comme condition anatomo-pathologique de Vhydrophthalmie postérieure ou hydrophthalmie vitrée, une hydropisie du corps hyaloïdien, avec accroissement de volume du bulbe, portant plus particulièrement sur l'hémisphère postérieur de ce dernier. Cette forme rentre aujourd'hui dans la scléro-choroïdite postérieure (p. 639). L'hydrophthalmie générale ou mixte (buphthalmos, buphthalmie, œil de bœuf) a été notée comme la combinaison des deux formes précédentes. C'est à cette hydropisie générale que se rapporte la description qui précède des caractères anatomiques et physiologiques.

L'exophthalmie, due à une tumeur qui se développe lentement au fond de l'orbite et refoule le bulbe en avant, est le seul désordre qui puisse simuler l'hydrophthalmie. Toutefois, en explorant attentivement l'organe, on ne tarde pas à se convaincre qu'il est plutôt déplacé dans la première de ces conditions, et non augmenté de volume, et que la cornée conserve ses dimensions primitives. M. O'Beirne a insisté à cet égard sur les dispositions comparatives de la paupière supérieure comme élément de diagnostic différentiel. Dans l'exophthalmie, ce voile est généralement abaissé sur l'œil ; il est souvent frappé d'œdème et même d'un certain degré de paralysie; parfois il offre une coloration livide et est sillonné de veines variqueuses. Dans l'hydrophthalmie, le globe est plus démasqué que dans l'état habituel, la paupière supérieure étant refoulée en haut et en arrière , et ne subissant aucune mutation dans son épaisseur ni dans sa teinte.

étiologie. L'hydrophthalmie se constitue le plus souvent sans cause connue. Elle est parfois congénitale. Je l'ai surtout rencontrée chez les enfants, et le plus communément à un seul œil. On l'a vue naître à la suite de la suppression de gourmes à la tête, etc., et après la variole, la scarlatine et la rougeole,

traitement. — Les moyens généralement recommandés pour arrêter les progrès du mal sont les exuloires , les purgatifs, la scille, la digitale et surtout les mercunaux. Un homme de quarante-quatre ans, atteint d'hydrophalmie avec cécité à l'œil droit, maladie qui fut attribuée à un refroidissement, fut rapidement guér. par M. O'Beirne h l'aide des sangsues, des vésicatoires au voisinage

de l'œil el du calomel poussé jusqu'à la salivation. La paracentèse de la cornée (p. d 94) et la ponction delà sclérotique avec le couteau-lance (pl. 111, fig. \\ entre le muscle droit externe et le muscle droit inférieur, ont parfois procuré du soulagement, et même rétabli momentanément la vision qui était abolie. Les documents précédemment exposés, plus particulièrement à l'article Glaucome (p. 645), démontrent péremptoirement qu'on a infiniment plus de chances de diminuer d'une manière durable la pression inlra-oculaire par l'iridectomie. Le docteur Coursserant dit avoir eu fructueusement recours à la section du muscle ciliaire, suivant le procédé de M. Hancock (p. 648), chez un enfant de huit ans affecté d'une double bydrophthalmie qui remontait aux premiers jours de la naissance.

Lorsqu'enfin l'œil, définitivement perdu, ne constitue qu'une source d'accidents inflammatoires et nerveux, il faut le convertir en un tubercule destiné à être utilisé pour la prothèse. On pourra avoir recours à son amputation partielle (p. 377) ou au simple débridement de l'organe par une incision transversale, procédé décrit p. 334. Comparant le globe hydropique à un kysle fibroséreux, Bonnet a proposé d'effectuer avec un petit trocart une ponction dans la sclérotique, de solliciter l'évacuation des humeurs, puis de pratiquer dans la coque ophthalmique une injection iodée (teinture d'iode et eau distillée, de chaque parties égales, avec addition d'une petite quantité d'iodure de potassium). Ce procédé, dont je ne comprends guère les avantages sur les expédients généralement usités, n'a point été admis dans la pratique.

MÉLANOSE DE L'ŒIL.

Plusieurs tumeurs, susceptibles de se développer à la surface de l'œil et dans sa cavité, présentent les caractères de la mélanose. On esta peu près d'accord aujourd'hui sur ce fait, que l'intervention de la matière mélanique dans une altération quelconque ne suffit pas pour en déterminer la véritable nature; on peut en constater la présence dans des productions bénignes (mélanose simple), comme dans des encephaloïdes et dans des tumeurs munies de la cellule dite cancéreuse (cancer mélanique, mélanose cancéreuse), l'élément mélanique n'étant que le résultat d'une sécrétion pigmenteuse anormale, par suite d'une influence dyscrasique. Bien qu'il y ait lieu d'admettre en principe la proposition qui vient d'être émise, il existe toutefois un fait clinique qui, dans l'espèce, domine le pronostic : c'est la tendance de la mélanose à la récidive, soit dans le point d'où elle a été éliminée, soit dans d'autres régions de l'économie, de telle sorte que sa malignité, qu'elle agisse d'ailleurs en détruisant ou en déplaçant les tissus, ne saurait être révoquée en doute. Nous supposons ici une mélanose simple. Olfre-t-ollc souvent ce caractère dans l'œil humain? Nous invoquerons à cet égard l'opinion d'un savant micrographe. «Presque constamment, dit

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