‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 372 sur 501 · CHAPITRE XII. — DÉ l.'llYDHiH'IITIIALMIE. 80û · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — DÉ l.'llYDHiH'IITIIALMIE. 80û

squirrheuse, qui peut durer longtemps sans taire des progrès ^ensibles. Cette altération, qui parfois a son point de départ dans le tissu cellulo-adipeux de l'orbite et dans les paupières, peut également débuter dans la conjonctive oculaire et dans les parties adjacentes. Je l'ai presque constamment observée près de la cornée. Ainsi localisé, le mal montre, dans le principe, un ou plusieurs tubercules blanchâtres, très-durs, lardacés et le plus souvent très-adhéferits aux lissas limitrophes. Si les progrès de la dégénérescence augmentent, la con jonctive devient variqueuse, le globe se creuse d'ulcères, les humeurs s'épanchent au dehors, la vue se perd, les parties limitrophes s'engagent et le malade succombe. Dans un cas de ce genre, que j'ai observé, il y a quelques années, le cancer conjonctival siégeait sur la région sClérol,icale,vers le bord inférieur de la cornée, qui commençait à être envahie. Je proposai l'extirpation du globe qui fut refusée. J'appris plus tard que le mal, après avoir produit de grands ravages, avait conduit le sujet au tombeau.

On peut admettre, comme donnée générale, que l'encéphaloïde débute dans les profondeurs de l'organe et marche de l'intérieur vers l'extérieur de l'œil, tandis que le contraire a lieu pour l'altération squirrheuse. La première de ces lésions se montre presque toujours chez les enfants, la seconde chez les adultes. Les dégénérescences malignes, quelles qu'elles soient, occupent-elles la surface de l'œil, et la vue est-elle encore conservée, il peut devenir opportun de les attaquer par l'instrument tranchant et le caustique. Toutefois, l'ablation du globe est préférable, quand on est fondé à croire que le mal a des racines profondes, quand il cause des accidents inflammatoires et nerveux intenses, et quand enfin l'on n'est plus en droit d'espérer la conservation de Forgane.

L'extirpation de l'œil est indiquée lorsque des tumeurs profondément logées dans l'orbite (lipomes, squirrhes, etc.), et qu'on ne peut extirper isolément, chassent le bulbe hors de cette cavité, et donnent naissance à des désordres qui menacent l'existence du sujet, si l'on n'y porte remède. Le globe est ici toujours plus ou moins altéré, et la conjonctive ordinairement couverte de lobules sarcomateux (exophthalmie fongueuse).

Quand une lésion traumalique a rompu une grande partie des liens musculaires et libro-celluleux,4qui fixent l'œil aux parois orbitaires, cet organe proémine au dehors, et pend quelquefois sur la joue (ophthalmoptose). S'il est meurtri, infiltré de sang, altéré à un tel point qu'il est perdu sans ressource, il faut

il prend la forme d'une tumeur vasculaire. Sa marche est tout autre que celle de l'encéphaloïde rétinien. Son aspect et son siège le distinguent aussi facilement de ce dernier qu'ils le font aisément confondre avec les tumeurs vasculaires Lorsque ces en-

céphaloïdes vasculaires de l'extérieur de l'œil s'étendent sur la cornée , ils y adhèrent par toute leur base, tandis que les luincurs-véritablement vasculaires se replient seulement sur celte membrane sans s'y souder de prime-abord, efplus (ard encore se laissent soulever, du moins en partie, à l'aide d'un instrument mousse 11 existe des tumeurs squirrheuses sous-conjonclivales vascularisées , très-semblables aux véritables tumeurs sanguines sous-conjonclivales et aux tumeurs encéphaloîdes sous-conjonctivales, mais s'en distinguant surtout par leur dureté. (Sichel, Iconographie, p. 564, 597, 614.) '

ftQ4 LIVRE II. MALADIES DU «LOME OCULAIRE.

en débarrasser immédiatement l'économie. Quelques coups de ciseaux suffisent ' pour le détacher entièrement.

L'idée d'extirper un globe désorganisé, pour triompher d'accidents sympathiques dans son congénère (p. 312) a été attribuée au docteur A. Prichard (de Bristol), qui la mit pour la première fois à exécution en 1851. Un document déjà fourni (p. 645) mérite d'être consulté à cet égard. Cette application chirurgicale est aujourd'hui très en vogue en Angleterre. On lit, dans un l'apport du docteur Bader, que trente opérations d'ablation du globe ont élé effectuée, à l'hôpital ophthalmique de Londres, dans le cours d'un seul trimestre de 1857. Or, presque aucune n'a été entreprise pour une affection cancéreuse; le plugrand nombre avaient pour but, dans l'intention des opérateurs, de porter remède à un affaiblissement et à un trouble sympathique de l'œil opposé l.

La destruction de la paupière supérieure par un ulcère, le feu, des substances corrosives, était jadis rangée au nombre des indications de l'opération qui nous occupe; privé, disait-on, de son abri naturel, l'organe visuel était voué à une perte inévitable. Les ressources blépharoplasliques ont, depuis quelques annéesj placé la chirurgie sous l'empire d'un autre ordre d'idées.

L'extirpation de l'œil ne doit point être pratiquée quand une affection cancéreuse est tellement avancée qu'une mort prochaine est imminente.

manuel opératoire. — Les diverses manœuvres qui se rattachent à l'extirpation du globe peuvent être divisées en trois catégories, suivant les trois conditions dans lesquelles on trouve les parties malades. Tantôt, comme dans le premier degré de l'encéphaloïde de la rétine, l'œil se meut avec liberté dans l'orbite, les tissus adjacents paraissant jouir de leurs dispositions normales. Tantôt la masse oculaire est entourée d'une altération telle des graisses de l'orbite qu'il y a lieu de vider plus radicalement cette cavité. Dans la troisième condition, l'une des paupières ou les deux paupières en même temps participent à la souffrance du globe.

première condition. (OEil doué de mobilité, les tissus adjacents conservant leurs dispositions normales.)-La manœuvre suivante, à laquelle j'ai eu Irequemment recours, est d'une exécution facile et très-expéditive.

Le malade étant couché et endormi avec le chloroforme, et les paupières ayant été écartées et fixées avec deux crochets pleins, de dimensions convenables, on implante dans la cornée une érigne simple (pl. 1, f'g- 6), on entraîné l'œil en haut, puis on divise, d'un angle à l'autre, avec le bistouri, les hens qui unissent le bulbe au voile inférieur. On prend ensuite des ciseaux courbes sur le plat, dont on engage la concavité sous l'œil; on coupe les attaches mfé||

< Loquet, Agé de quarante-cinq ans, l'un des malades de ma clinique, avait la pupille droite complètement oblitérée par un produit pseudo-membraneux La céc.tede l«* droit remontait a 1835. Je pratiquai d'abord (mai 486I) «ne pupdle «^>»| excision à la partie inférieure interne de l'iris; puis, rencoulra.il un cristallin pierreux j'en effectuai immédiatement l'extraction, après avoir agrandi la plaie de la co • Non-seulement un certain degré de vision se constitua dans cet organe ma.s la u visuelle éprouva une amélioration très-no.âble à l'œil Sauche, aflecte de >ynecln P térieure. Trois jours après l'opération, celle amélioration a été accusée par le nul* .

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