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CHAPITRE I. — MALADIES DE L0UB1TE

mentée par le bourdonnement qu'elle éprouvait dans la tête. Deux ans après, il ne restait plus de la tumeur; vers l'angle interne de l'œil, qu'un noyau du volume d'un gros pois. Ayant examiné celte femme cinq années après l'opération, Hodgson la trouva dans un état de santé parfaite, bien qu'elle eût accouché trois fois depuis lors1. Le rétablissement était si complet qu'il n'était pas possible de découvrir quelque trace de la maladie dans la fosse orbitaire. Comme la tumeur avait surtout décru, cinq mois après la ligature de la carotide, sous l'inlluence d'hémorrhagies excessives qui furent amenées par une fausse couche et avaient déterminé des syncopes et une débilité extrême, Hodgson se demande si, dans des cas de ce genre, on ne favoriserait pas avantageusement la guérison par des émissions sanguines et un régime sévère.

Quelque grave que soit l'opération dont il s'agit, elle est conseillée dans les cas où les progrès du mal sont tellement étendus ou tellement rapides qu'une issue funeste semble inévitable. Une remarque de Sabatier mérite une mention spéciale. Ce praticien enseigne de ne pas trop compter sur le succès de tentatives de ce genre. 11 fait observer, en effet, que la destruction et l'oblitération de la tumeur sanguine paraissent soumises à cette condition que le sang, après la ligature de l'artère principale de la partie, ne lui soit pas apporté en trop grande abondance par les communications anastomotiques, avant que le rapprochement et l'adhérence mutuelle de ses aréoles aient pu avoir lieu. Or, est-il toujours facile d'atteindre ce résultat? Chez un malade de Dupuytren, une tumeur érectile, qui occupait la conque de l'oreille droite, offrait des mouvements isochrones à ceux du pouls; la compression de la carotide primitive était seule apte à solliciter la dépression de la protubérance qui revenait à son état habituel, dès que la liberté était rendue au canal artériel. Dupuytren en ayant fait la ligature, la tumeur s'affaissa, cessa de battre, et perdit sa coloration foncée. Tout faisait espérer un succès décisif, quand, quelque temps après, le mal commença à reparaître; il finit même par acquérir une intensité à peu près égale à celle qu'il montrait avant l'opération. L'exécution du précepte d'Hodgson, le long usage des topiques réfrigérants, les sinapismes aux jambes, les purgations répétées, la digitale, ne fournissens-ils pas quelques chances de prévenir, après l'opération, ces résultats fâcheux? Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître que la ligature de la carotide ne peut que diminuer Fafflux sanguin vers les tumeurs anévrysmales ; leurs ramifications sont-elles nombreuses, elles échappent en grande partie à son action. Les injections coagulantes, au contraire, portent directement leur influence sur les détails les plus intimes du produit morbide, dont elles sollicitent l'oblitération par un mécanisme qu'il est superflu de rappeler.

§ 2. — Tumeurs veineuses.

C'est surtout chez les sujets jeunes encore qu'on a rencontré ces production*

' J. Hodgson, Traité des maladies des artères et des veines, traduction de G Breschet Paris, 1819.

830 UVRS III, — MALADIE» DES ANNEXES DE l'œil.

variqueuses dans l'orbite. Molles, compressibles, sans battements, elles fournissent un sang veineux quand elles s'ouvrent, et présentent les caractères pathognomoniques des tumeurs veineuses en général. Elles sont superficielles ou profondes. Susceptibles, dans le premier cas, de contrarier les mouvements des paupières et du globe, elles peuvent, dans le second, donner lieu à une exophthalmie. Il arrive quelquefois qu'on croit qu'une saillie de ce genre n'est qu'antérieurement située, tandis qu'on découvre, par un examen attentif, qu'elle s'étend fort avant dans l'orbite.

traitement. — Les excroissances érecti les veineuses de cette cavité ont été trop peu observées pour que leur traitement ait été soumis à des règles fixes. Al lad Burns, le docteur Viguerie et quelques autres chirurgiens en ont entrepris l'extirpation avec succès, bien qu'elle eût entraîné des hémorrbagies copieuses dont on a fini néanmoins par triompher. Une malade citée par M. Yelpeau a \u son état s'améliorer, au bout de huit années, sans qu'elle se fût soumise à aucune opération. Les seules tentatives chirurgicales que ce praticien conseillerait en pareil cas seraient l'acupuncture, avec lacération des mailles ou des aréoles vasculaires, ou bien l'emploi soit des épingles, soit de petits sétons multiples, si la tumeur était assez rapprochée de l'extérieur. Il ajoute, toutefois, que, dans l'espèce, ces remèdes seraient d'une efficacité très-contestable. Les beaux résultats, qui ont couronné l'application de la méthode coagulante, ne doivent-ils pas engager les praticiens à en faire l'essai, dans les circonstances de ce genre, quand les conditions de la dégénérescence militent pour qu'on en délivre le malade1?

§ 3. — Épanchement de sang dans l'orbite.

Les tumeurs sanguines par extravasation proviennent de la rupture de vai; seaux répandus dans la fosse orbitaire; c'est une ecebymose analogue, à toutes les suffisions sanguines qu'on peut rencontrer sur les autres points de l'économie. Presque constamment les paupières y participent. 11 n'est pas rare aussi que la conjonctive oculaire, soulevée par une infiltration de sang, encadre la cornée sous forme d'un bourrelet (chéniosis hémalique). Le globe »t plus ou moins refoulé au dehors.

Les causes les plus communes de cette variété morbide sont'des contusions, des lésions surtout par armes à feu, et l'introduction d'un corps assez aigu pour s'insinuer entre le globe et les parois orbitaires, comme un fleuret, une baguette de fusil, etc. On l'a vue avoir pour origine une fracture du crâne et des compressions exagérées sur la tête de l'enfant, dans un accouchement laborieux, par suite d'une viciation des diamètres du bassin, d'une tète trop volumineuse ou de l'application du forceps.

traitement. — Les épanchcmcnts dont il vient d'être question seront combattus

1 Voir, pour une observation de M. Alquié (tumeur vasculaire de la région frontale el orbitaire; guérison par les injections au perchlorure de fer) , le Bulletin de thérapeutique, t. LV1I1, p. 251,

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