INFLAMMATIONS DES PAUPIÈRES
Article i . — Blépharite érythémateuse. — Canthitis.
caractères anatomiques et physiologiques. — L'érythème des paupières (blépharite érythémateuse) est caractérisé par une rougeur légère, superficielle, irrégulièrement circonscrite de la paroi cutanée de ces voiles; il est souvent borné à une portion de leur face externe. Cet exanthème se termine en général rapidement, par résolution avec ou sans desquamation. Nous l'avons fréquemment constaté dans le cortège des accidents déterminés par la première dentition. Il constitue, avec les taches analogues du reste de la face, ce que les mères et les nourrices désignent sous le nom de feux de dents.
Toutes les causes irritantes externes (frictions stimulantes, chaleur vive, insolation, voisinage d'une plaie, d'un ulcère, etc.) peuvent donner lieu à l'érythème palpébral. L'écoulement des larmes, celui d'un flux catarrhal de l'œil sont susceptibles de le produire, surtout à la paupière inférieure, de même (pie le contact du fluide acre, qui s'écoule des narines dans le coryza, engendre l'érythème de la lèvre supérieure.
Qui ne sait que le frottement incessant de deux surfaces contiguës, au-dessous «les mamelles, aux aines, etc., donne lieu, chez les sujets surtout chargés d'embonpoint, à l'érythème connusous le nom à'intertrigo. Or, chez quelques personnes dont la paroi externe de la paupière supérieure était lâche et plissée, j'ai vu cet érythème se manifester entre les plis cutanés et y être même accompagné d'érosions.
Les commissures palpébrales sont parfois le siège d'un travail inflammatoire, plus souvent chronique qu'aigu (rougeur érythémateuse, éruption herpétique, ulcérations de tout genre, etc.), blépharite angulaire qu'on a appelée canthitis. Celle-ci est dite temporale ou nasale, suivant qu'elle occupe l'angle externe ou l'angle interne.
traitement. — L'érythème des paupières s'évanouit souvent sans traitement ou par quelques lotions adoucissantes ou astringentes et des soins de propreté Dans ces cas et toutes les fois, en général, que je ne veux pas recourir à un topique répercussif actif, je prescris fréquemment des lotions avec de l'eau de laitue et de cerfeuil, additionnée, par verre de ce liquide, d'une cuillerée à café U amidon. Les petites surfaces atteintes d'érythèma ratertrigo seront saupou-
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drées de poudre de lycopodo, de riz ou d'amidon. Les jjlilegmasies angulaires seronl traitées d'après les règles générales de la médication des hlépharites.
Article 2.— Blépharites érysipélateuse et phlegmoneuse.— Abcès et fistules
des paupières.
caractères anatomiques et physiologiques. — Dans l'érysipèle des voiles palpébraux (blépharite érysipélateuse, œdema calidum palpcbrarurn), la coloration de la peau est infiniment plus foncée et plus profonde que dans l'érytlième. Le tissu cellulaire sous-cutané est le siège d'un engorgement plus ou moins développé; les parties envahies sont en, proie à un sentiment de tension et de chaleur vive. Tel est, très-fréquemment, le degré de la tuméfaction, surtout à la paupière supérieure, que les plis cutanés s'effacent et que le creux, interposé entre le bulbe et le sourcil, disparaît; l'œil reste alors fermé et ne peut être ouvert ou ne le peut qu'imparfaitement, môme à l'aide du doigt. La conjonctive est injectée et soulevée d'habitude par un chémosis séreux. .
Cet exanthème est-il l'effet de la propagation de l'érysipèle de la face aux voiles palpébraux, la blépharite suit les phases de l'affection principale. Dans d'autres cas, il n'est limité qu'aux paupières, et peut même n'en atteindre qu'une seule, sous l'empire de causes variées : impression de matières irritantes, piqûres de moustiques ou d'autres insectes, contusions, brûlures, influence de phlegmasies voisines, comme l'ophthalmite, la dacryocystite phlegmoneusê, etc. L'inflammation peut se terminer par résolution, la peau offrant souvent, dans de tels cas, une desquamation furfuracée ou des croûtes jaunâtres. . suppuration sera surtout fâcheuse, eu égard au raccourcissement du voile, si elle a entraîné avec elle une portion notable du tégument externe. M. Mackenzie fait justement observer que la phlogose érysipélateuse, qui se porte des paupières au tissu cellulo-adipeux de l'orbite, aboutit parfois à la constitution d'un abcès dans cette cavité et à un épanchement purulent dans l'intérieur d. la capsule orbitaire; c'est là, ajoute-t-il, le mode le plus fréquent, peut-être, par lequel l'érysipèle de la face ou du cuir chevelu amène une issue funeste, la formation du pus dans l'orbite s'effectuant soudainement ou d'une manière lente et insidieuse. Il importe de noter, comme conséquence assez commune de la résolution ou de la suppuration, un empâtement du tissu cellulaire sous-cutané, et une sorte d'hypertrophie générale du voile altéré qui cause plus ou moins de gêne quant à la flexibilité de ses mouvements.
La blépharite phlegmoneuse des auteurs ne diffère guère de la blépharite érysipélateuse ariivée à un haut degré. Je l'ai observée surtout chez les enfants, le plus souvent à la paupière supérieure. On la reconnaît à la tuméfaction , d'un rouge foncé, de cet organe, qui devient comme globuleux et dont la mobilité est très-bornée ou abolie. Cette phlegmasie, dont la marche est généralement rapide, a une grande tendance à aboutir à la suppuration. Alors la tumeur se ramollit, devient fluctuante; puis la peau jaunit et se déchire. Les cas où labiés se fait jour par la paroi muqueuse sont assez rares.
Les fislules des paupières se montrent le plus communément vers le bord