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CHAPITRE II. — MALADIES DES SOURCILS ET DES PAUPIÈRES. 83f

adhérent do ces voiles. Comme elles sont généralement liées à une carie des parois osseuses de l'orbite (p. 81-4), il ne faut jamais négliger d'y introduire un stylet mousse pour vérifier les conditions des parties profondes.

traitement.— Dans l'érysipèle et le phlegmon des paupières, les antiphlogistiques, les purgatifs et les résolutifs, parmi lesquels les onctions mercurielles méritent d'occuper le premier rang, réussissent parfois à provoquer la résolution de la phlegmasie. On extirpera les ccrrps étrangers dont la présence peut entretenir les accidents. Lorsque l'abcès n'a pu» être évité, on l'ouvre avec la lancette et parallèlement à la direction des fibres du muscle orbiculaire, afin que plus tard la cicatrice se cache dans les plis des téguments. Il est de règle de recourir à cette opération, aussitôt que la présence du pus se manifeste. Si l'on différait, la peau pourrait être largement décollée, la collection former une cavité spacieuse, circonstance dans laquelle la guérison ne s'établirait souvent qu'avec un raccourcissement du voile. Dans des cas où les yeux sont complètement fermés, par suite de la tuméfaction qu'a engendrée dans la paupière supérieure un abondant amas purulent, on voit fréquemment l'organe s'ouvrir comme par enchantement, dès que la lancette a frayé au pus une évacuation au dehors.

Le traitement des fistules palpébrales est subordonné à celui des maladies, presque toujours orbilaires, qui les ont produites et en entretiennent la présence.

Article 3. — Furoncle et anthrax bénin des paupières.— De l'anchylops

et de l'aegylops.

caractères anatomiques et physiologiques. La différence qui existe entre la blephante furonculaire et l'orgeolet, dont il sera bientôt question, c'est que la première peut se manifester indistinctement sur une partie quelconque de la paroi cutanée des paupières, et offre généralement plus d'étendue en hauteur' et en largeur, tandis que le second, affection de.même nature, est borné au bord ciliaire.

Observât™ XC- Une femme de vingt-trois ans, bien constituée et d'un tempérament sangu.n, m offru récemment à l'œil gauche, seul malade depuis quatre jours, une conjonctive vivement mjectée et soulevée par une suffusion séreuse. La paupière supéneure augmemee de volume, ne jouissait que d'une mobilité obscure sa surface externe tau d'un rouge pale ; son bord libre était incliné vers le globe. Qu le ues £ de ma chn.que diagnostiquèrent un œdème, d'autres un érvsipèle nalnébr I n, tumeur dure, allongée, d'un rouge brun, existait sur .a I^S^S^SmS au-dessus des cils; dès que j'y portai le doigt, la malade, par suite de la dôule Z « M '

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Celte variété de blépharite peut aboutir à la résolution i a «, «s, „i enlraine k ^ l ^ 0„, £^#3» £

830 LIVRE III. — -MALADIES DES ANNEXES DE I.'œIL.

commun. L'apparition de l'anthrax bénin ' aux voiles palpébraux est un phéno* mène rare. 11 est reconnaissable à une tumeur inflammatoire dure, tendue, fort douloureuse, laquelle se couvre d'une escarre grisâtre. Plus tard, celle-ci se détache, entraînée par la suppuration abondante qui la baigne; la plaie qui lui succède se garnit de bourgeons charnus, puis se cicatrise.

Le phlegmon etle furoncle, localisésau grand angle del'œil, dans les tissus qui recouvrent le sac, ont reçu la désignation commune à'anchylops; l'ulcération nui résulte de leur ouverture , sorte de fistule borgne externe, a été appelée aegylops. L'on reconnaîtra ce dernier en ce que les larmes et les liquides injectés dans les conduits lacrymaux ne refluent pas par l'orifice accidentel, et qu un stylet qui y pénètre n'arrive pas dans la cavité du sac, mais chevauche dans les I issus ambiants. Bien qu'un gonflement phlegmoneux et œdémateux soit susceptible de se manifester dans la région lacrymale, avec empiétement plus ou moins considérable sur les parties voisines, mais avec intégrité du sac, cette condition est exceptionnelle néanmoins, la phlegmasie cutanée du grand angle dénotant presque constamment, dans son état aigu, une dacryocystite phlegmoneuse. L on a parfois observé des érysipèles et des abcès, autour du sac , occasionnés par la présence de dents cariées aux alvéoles supérieures.

traitement.— Les cataplasmes anodins et émollients, et, au besoin, un coup de lancette, composent à peu près toute la thérapeutique dufurortcle des paupières. Les purgatifs et quelques dépuratifs seront indiqués , si , ce que j'ai plusieurs fois observé , cette affection se manifeste à la suite de l'apparition de tumeurs du même genre sur d'autres points de l'économie. J'ai vu des clous, à leur début, avorter par des frictions avec l'alcool camphré ou l'eau sédative de Raspail.

Les sangsues, l'onguent mercuriel, les cataplasmes, les dérivatifs intestinaux pourront être utilement invoqués dans le traitement de l'anthrax. Toutefois, l'expédient le plus digne d'être recommandé consiste dans une incision transversale, qu'il faut effectuer d'aussi bonne heure que possible, et qui divisera profondément la tumeur, même un peu au delà de sa circonférence. Si elle ax ait un fort volume, il serait prudent d'y pratiquer deux incisions s'entre-croisant a son centre. Ces débridements font cesser l'étranglement et les douleurs locales, secondent l'élimination des bourbillons et du pus, préviennent la gangrené des paquets cclluleux dans lesquels elle n'est pas encore déclarée et tendent a abréger la durée du mal. On continuera l'application des cataplasmes émolhentS jusqu'à ce que l'escarre soit complètement détachée et que la plaie présente un aspect granuleux; Ton s'efforcera d'abréger autant que possible la durée du tra-

• Ce qu'on appelle un bourbillon doit être considéré connue le résultai de , tamorjW cation d'un petit paquet du tissu cellulaire renfermé dans 1 épaisseur du derni e. 1 suite du gonflement et de l'étranglement des parties, une obstruction surg.t dans les vaisseaux capillaires qui se rendent au fragment celluleux; la «cohuoo s arrèteaj tour de lui, d'où son sphacèle. On comprend dès lors comment on peut tore ™«~M clou eu le fendant de bonne heure jusqu'à sa base. Quand le grumeau «llule"^ < mortifié, il devient un véritable corps étranger, pour l'expulsion duquel la naiu livre à un travail éliminateur; il suit de la que le bourbillon amène la W""] Plusieurs furoncles enfin confondus, agglomérés, forment l'an.l.rax bénin des au.e |

CHAl'ïl'HK 11. — MALAWI* DBS SOURCILS El DES l'AUl'IEKKS. S.'l7

vail suppuratif. Bien que la cicatrisation entraîne souvent une déformation considérable de la paupière, dont l'extroversion peut être telle qu'elle reste bridée par sa couche tégiimentairej en grande partie détruite, contre l'are correspondant de l'orbite, celle issue funeste n'est cependant pas constante, et parfois les résultats de la guérison dépassent les prévisions .de l'homme de l'art.

On combattra l'anchylops par les topiques que réclament le phlegmon et le furoncle des paupières. Un coup de lancette sera indiqué dans quelques cas qu'il est superflu de spécifier. Si un aegylops présentait les caractères d'un ulcère atonique et lent à se cicatriser, le meilleur moyen serait d'y pratiquer de temps à autre des cautérisations avec la pierre infernale. Quelques indications thérapeutiques peuvent être encore fournies par les conditions du sac ou des parties voisines.

Article 4. — Orgeolet (hordeoluraj.

Cette affection consiste dans un petit furoncle du bord libre de l'une ou de l'autre paupière. On le rencontre presque constamment au voile supérieur. Sou siège est le tissu cellulaire qui enveloppe les bulbes et les glandes ciliaires (p. 22) et ces organes eux-mêmes.

caractères AXATOMiQUEs et physiologiques. — L'orgeolet débute par une douleur tensive, lancinante , du bord palpébral envahi par une tuméfaction diffuse. Si l'on y applique la pulpe du doigt, on le trouve rénitent et sensible dans un point, tandis que les autres parties resten t souples et indolores. Deux jours après, quelquefois plus tôt, une tumeur dure, d'un rouge foncé, apparaît; sa grosseur est généralement celle d'un grain d'orge ou d'un pois. La conjonctive est plus ou moins injectée, la sécrétion muqueuse augmentée; souvent les cils sont agglutinés au réveil. Parfois un chémosis séreux vient s'associer à une infiltration de même nature du voile affecté; j'ai vu un orgeolet de la paupière supérieure entraîner un œdème considérable de la paupière inférieure. Au bout d'un certain temps, de quatre à cinq jours dans quelques cas, la protubérance, devenue culminante, offre un point d'un blanc jaunâtre qui s'ouvre et livre passage à un peu de pus mêlé de stries sanguines et à un noyau central de tissu cellulaire désorganisé, qui constitue le bourbillon. La tumeur s'affaisse dès lors et s'évanouit graduellement, sans laisser Une cicatrice appréciable. Quelques cils ne sont que très-exceptionnellement à jamais détruits dans des circonstances semblables.

Dans une autre forme, rare d'ailleurs, et qu'on n'observe guère que chez les sujets strumeux (orgeolet scrofuleux des Allemands), la tumeur, d'allure lorpide et indolente, n'arrive à la suppuration qu'après l'emploi longtemps répété d cmollients et de maturatifs. Elle peut même passer à l'induration. (Voy. Grêlon.)

étiologie. —Je rencontre plus particulièrement l'orgeolet chez des individus dont les paupières sont délicates, rosées, sujettes aux ulcérations marginales et à la hppitude. Il est quelquefois lié à une irritation «lu tube digestif chez des gens qui font abus d'aliments excitants et de liqueurs fortes; nous l'avons vu coïncider fréquemment avec un embarras évident des premières voies (orseolet abdominal des Allemands). Une domestique, âgée de vingt ans, cl qui était sans

838 I.IVHK III. MALADIES 1)H8 ANNEXES DE l.'fKII..

cesse assaillie par des orgeolets, depuis seulement qu'elle habitait Paris, n'était sujette que depuis lors également à des digestions pénibles; elle en attribua le motif à la nourriture fortement animalisée à laquelle elle était soumise, contrairement à celle qui, dans sa province, lui avait été habituelle depuis son enfance. J'ai connu plusieurs phthisiqu.es qui en étaient souvent incommodés; ils m'ont paru se manifester notamment lors de la fonte des tubercules pulmonaires. Demours cite l'exemple curieux d'une jeune personne affligée depuis trois années d'une affection pédiculaire du cuir chevelu; les insectes s'y multipliaient par crises, et chacune d'elles était précédée d'un orgeolel à la paupière supérieure, tantôt d'un œil, tantôt des deux yeux. Quelques femmes en sont périodiquement tourmentées à l'époque des règles (p. 315).

traitement. — Lorsque l'inflammation n'est qu'à ses débuts, doit-on chercher à en favoriser la résolution par des remèdes? Scarpa, qui penche pour l'affirmative, recommande l'application du froid à l'aide d'un corps métallique, comme une clef ou une pièce de monnaie; Boyer conseille l'eau froide ou la glace. Ces essais me paraissent, en général, plus nuisibles qu'avantageux; s'ils peuvent dissiper quelquefois la phlegmasie, je les crois capables aussi de seconder l'induration de la tumeur. La terminaison presque constante de celle-ci étant la suppuration, je pense qu'il est plus prudent de la favoriser que de s'efforcer d'en provoquer l'avortement par les répercussifs.

Bien que je voie chaque jour des orgeolets qui arrivent parfaitement à maturité sans aucun topique, on atteindra, sans aucun doute, ce but d'une manière plus rapide et plus sûre, à la faveur de cataplasmes légers et fièdes. qui seront renouvelés plusieurs fois par jour. On pourra prescrire à cet effet la farine de graine de lin, le riz cuit dans de l'eau de guimauve, la pulpe d'une pomme cuite, recommandée par Dionis, ou un mélange de mie de pain et de lait, auquel quelques praticiens font ajouter un peu de safran. Le bourbillon s'échappe bientôt de lui-même, accompagné de la matière séro-purulente qui l'environne; s'il tardait par trop à être éliminé, il n'y aurait aucun inconvénient à activer ce résultat a l'aide d'une pression douce, qu'on pratique à la base du foyer morbide. Celse prescrit d'ouvrir la tumeur avec la lancette, dès que la suppuration est formée, de la vider de son contenu, puis d'appliquer sur la région malade, et jusqu à Prison, du pain chaud ou de la cire chaude. Cette perforation artificielle est blâmée par plusieurs oculistes modernes; j'ajouterai néanmoins qu'il m'est parfois arrivé d'inciser, avec la pointe d'une lancette, des orgeolets qui, lents a se déwr, après avoir évidemment atteint leur seconde période, entretenaient l'organe visuel dans un état pénible d'irritation. Dès que le fragment de tissu* cellulaire mortifié était sorti, l'inQammation cessait comme par enchantement.

La tumeur menace-t-elle de passer à l'induration, .1 faut la fendre avec la lancette, puis porter au sein de la plaie la pointe d'un crayon de pierre infernale auquel on imprime quelques mouvements de rotation sur son axe, dans e douille but de convertir en escarre le tissu cellulaire indure et d exciter une plu grande activité dans la partie malade. L'on a ensuite recours a des eatap asmes émollients, dont on continue l'application jusqu'à la chute de 1 escarre Quand le bourbillon, n'étant sorti qu'incomplètement, il subsiste au fond de la Htm

CHAPITRÉ II. MALAIUKS DUS SOUHCILS F.T DUS PAUPlKRliS. «39

un petit paquet de tissu cellulaire qui contrarie la guérison, Scarpa prescrit de le toucher avec un pinceau imprégné d'acide sulfurique, pour que, sa désorganisation étant radicale, il se détache des parties vivantes et s'échappe au dehors. Il est presque exceptionnel de rencontrer des orgeolets qui militent pour ces applications du caustique.

Observation XCI. — Louise B..., âgée de dix-neuf ans, se présenta à mes consulta- |ons cliniques le 16 janvier 1847 '. A la veille de ses règles, elle portait un orgeolet, liuse pour elle d'un vif chagrin, non qu'elle en redoutât la gravité, mais parce qu'elle savait qu'une infirmité pareille l'attendait les mois suivants. Depuis trois années, et chaque mois, quelques jours avant l'époque menstruelle , des orgeolets, souvent fort douloureux, envahissaient ses paupières, tantôt à droite, tantôt, et le plus habituellement, à gauche; ils avaient quelquefois manqué d'apparaître, mais ils étaient constants lepuis six mois et se terminaient presque toujours par suppuration. Je conseillai qu'on favorisât l'élimination du bourbillon avec des cataplasmes, et qu'on revînt le mois d'après, dix ou douze jours avant la période, pour la prescription d'un traitement prophylactique.

La jeune fille se présenta, le 9 février; exempte d'orgeolet à cette époque, elle attendait ses règles pour le 18 ou le 19. Je l'engageai de prendre jusque-là, et deux soirs l'un, 40 centigrammes d'aloès, et de se frotter soir et matin les quatre paupières, près des bords ciliaires, avec une pommade fortement chargée d'alun. L'évacuation sexuelle arriva, mais l'inflammation furonculaire manqua de paraître. En mars, en avril, les mêmes mesures furent couronnées du même résultat. L'aloès fut supprimé en mai; on continua seulement l'application mensuelle de la pommade astringente. Un temps assez longs'élant enfin écoulé sans encombre depuis le commencement du traitement, il me fut permis d'espérer que la fluxion périodique vers les yeux avait été déroutée et ne ferait plus d'apparitions nouvelles.

Chez une autre malade, âgée de dix-huit ans, des ophthalmies, fréquemment associées à des orgeolets , surgissaient lors de chaque période menstruelle. Or, dans l'espèce, les céphalalgies, les palpitations, l'essoufflement, la gastralgie, la leucorrhée, la dysménorrhée, dénotaient une chlorose qui réclamait l'intervention des ferrugineux, d'où le principe de chercher à régulariser par des moyens convenables l'évacuation périodique, quand on a quelque raison d'envisager comme source de la récidive des orgeolets une menstruation pénible et irrégulière.

Article 5. — Charbon des paupières (anthrax malin, pustule maligne).

' Cette affection gangreneuse se déclare plus particulièrement sur les parties du corps habituellement découvertes, comme les mains, le cou et principalement le visage. Elle est le résultat de l'absorption par la peau d'un virus spécial. Parmi les animaux domestiques, d'après les observations du docteur Bourgeois (d'Étampes), les herbivores, et surtout le mouton, l'espèce bovine, le cheval et l'âne, paraissent seuls aptes à transmettre le virus charbonneux, comme à en

1 Ch. Deval, Sur V orgeolel 'périodique el sur les vxoyens de le prévenir. {Abeille médicale, t. IV, p. 188.— Bulletin de thérapeutique, t. XXX11I, p. 81.)

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ressentir l'influence. La laine, les peaux, en général, des animaux qui en ont , été atteints peuvent conserver longtemps la propriété de déterminer le mal. Les pâtres, les bouchers, les maréchaux ferrants, les mégissiers, tous les individus adonnés par leur profession au contact de ces animaux ou de leurs dépouilles sont plus particulièrement exposés à la pustule maligne. Certains insectes, après avoir sucé les sucs putrides de bêtes mortes ou malades , sont susceptibles, en venant se reposer sur l'homme, de lui transmettre l'affection charbonneuse.

caractères anatomiques et physiologiques. — Lorsque la maladie a envahi les paupières, celles-ci deviennent le siège d'une tuméfaction érysipélateuse qui s'étend à une partie notable de la face. Les cartilages tarses ne sont jamais attaqués, d'après M. Bourgeois; le plus souvent même il arrive qu'au milieu des désordres qui l'environnent l'œil conserve son intégrité primitive, la conjonctive n'étant qu'injectée, infiltrée ou ecchymosée. Quant aux phénomènes que présente le mal capital, nous les résumerons en peu de mots. Après un temps d'incubation qui varie d'un à deux ou trois jours, on aperçoit sur le point inocule une petite tache d'un rouge, brun qui ressemble à une morsure de puce; à cette tache succède bientôt une vésicule contenant une sérosité roussàtre ou de couleur fauve. Le plus souvent le malade ne peut résister au désir de se gratter et déchire l'ampoule. Telle est la première période; sa durée est de quarante-huit heures environ. La partie phlogosée s'élève sous forme de tubercule; son centre offre un enfoncement ardoisé ou noirâtre constitué par la portion de peau sur laquelle reposait la vésicule primitive, et qui a été convertie en une escarre sèche et solide. Cependant d'autres vésicules se déclarent; la tuméfaction, d'un rouge livide, gagne de proche en proche; le sujet est en proie à de la fièvre, à de la céphalalgie, à une soif intense; si le mal n'est pas enrayé, les phénomènes d'absorption se manifestent par des nausées, des vomissements, l'assoupissement, le délire et enfin la mort. Dans les conditions les plus heureuses, la peau revêt'une coloration d'un rouge plus vif, la gangrène s'arrête, un cercle inflammatoire la circonscrit, la suppuration se constitue, le tissu mortifié se détache et tombe. La cicatrisation consécutive s'effectue rapidement , si les désordres ont été peu étendus; la suppuration est copieuse, au contraire, et se perpétue longtemps lorsque la gangrène a dévoré une masse considérable de part.es molles, j'ai vu des malades chez lesquels les paupières avaient subi une destruction telle que les marges palpébrales étaient soudées d'une manière permanente aux rebords orbitaires. ,

traitement . — Les caustiques sont généralement considérés comme les moyens les plus aptes à anéantir le foyer toxique, au début de la pustule maligne. Ils offrent aux paupières un inconvénient grave, celui de prédisposer à l'ectropion et au lagophthamos. Il y aura d'autant moins de danger d y recourir,

au point de vue d'une extroversion future, que la lésion gangreneuse est plus

éloignée du bord libre.

Chez un corroyeur assailli, dans la région du sourcil gauche, par une pustule maligne, Lisfranc se hâta de recourir à l'intervention d'un petit bouton de feuctlagucrison eut lieu sans difformité. La potasse caustique jouit encore, dans

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l'espèce, d'une efficacité maintes fois constatée par le docteur Bourgeois, dans une pratique de trente années, au milieu d'une contrée où abondent les affections charbonneuses. M. Bourgeois, qui se sert autant que possible de potasse à l'alcool, la charge dans un porte-nitrate, si elle est en cylindre, ou la saisit à l'aide de pinces à pansements, quand elle est en tablette. 11 ouvre les vésicules en promenant eirculairemcnt le caustique sur ellesetsur l'escarre; celle-ci est-elle trop sèche ou trop épaisse, il en enlève quelques couches à l'aide d'une lancette bien affilée.

Le docteur Debrou (d'Orléans) a proposé d'aviver les bords palpébraux et d'en effectuer la suture, immédiatement après la chute des escarres. Leur réunion sera maintenue, pendant la formation des cicatrices, jusqu'à ce que le tissu inodulaire ait épuisé toute la durée de sa rétraction1. De cette manière, d'après ce chirurgien, on s'oppose au déplacement des bords de la plaie qui succède à la chute de l'escarre, et l'on conserve aux paupières leur étendue normale. M. Debrou recommande de ne pas donner lieu à un anchyloblépharon complet. On ménage près de chaame des commissures une petite ouverture qui, durant l'occlusion, livre passage aux mucosités et aux larmes; cette double ouverture est utilisée plus tard pour l'établissement d'une sonde cannelée sur laquelle on divise la ligne interciliaire sans danger de léser le globe. On lit dans la Gazette hebdomadaire (année 1860, p. 724) . « Le succès a déjà consacré cette utile conception. Dans un cas où une large escarre, suite de pustule maligne, rendait imminente la formation d'un ectropion grave, M. Debrou fit la suture cinq jours après la séparation des parties mortifiées; cinq points furent appliqués, en respectant les commissures; la réunion immédiate s'ensuivit. La fusion fut détruite au bout de trois mois et demi. Le résultat, tout à fait satisfaisant, ne s'était pas démenti deux mois plus tard. »

Si les vertus de quelques moyens moins énergiques que le feu, la potasse caustique, le caustique de Tienne, le chlorure d'antimoine, etc., recevaient, la sanction de l'expérimentation clinique, il y aurait là de grands avantages: sous le rapport de l'attitude future du voile altéré.

Le docteur Payan (d'Aix) a recommandé une pâte caustique, qu'on prépare en délayant avec un jaune d'œuf, et jusqu'à consistance de pâte molle, une certaine quantité de sulfate de cuivre pulvérisé; l'on obtient ainsi un mélange de trèsbeau vert de feuille. Un morceau de diachylon,circulairement taillé et troué au milieu, est appliqué de telle sorte que la tumeur de la pustule maligne apparaisse à l'ouverture centrale; puis celle-ci est couverte d'un plumasseau de charpie chargé de la pâte vitriolique et l'on maintient l'appareil avec une compresse et une bande. « Nous ne pouvons pas dire, ajoute M. Payan5, si aux dernières périodes de la pustule maligne, ce caustique serait suffisant; mais nous avons la conviction qu'il l'est clans la première et même clans le commencement de la seconde, et que, ne laissant pas après lui de cicatrice, on aurait tort d'en négli-

1 Cet expédient est l'application à Ja maladie qui nous occupe d'un procédé propose contre l'ectropion par le docteur Miraull. Nous en parlerons plus lard. * Bulletin de thérapeutique, t. XXIII, p. 436.

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