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CHAPITRE II. — MALADIES DES SOURCILS ET DES PAUPIÈRES

nous autorisent à tenter ce moyen contre certaines productions érectiles d'un médiocre volume. On peut en seconder l'action en plaçant, entre la tumeur el l'appareil qui la comprime, un linge plié en plusieurs doubles et chargé d'un remède astringent, comme une forte dissolution d'alun.

Les progrès du mal sont-ils incessants, force est de recourir à des expédients plus énergiques.

On a conseillé de désorganiser ces excroissances vasculaires, en faisant naître successivement, sur plusieurs points de leur étendue, des inflammations ulcéreuses, par l'application de la potasse caustique. Quelle que soit la valeur de cet agent dans l'espèce, il y aurait de grands dangers à redouter, si l'on déposait à demeure des fragments de la substance corrosive dans les télangiectasies palpébrales; elle pourrait dépasser, en effet, les limites dans lesquelles on veut borner son action. Mieux vaut se conformer à la conduite de M. Bourgeois (d'Étampes), qui se contente de toucher les parties affectées avec la potasse habituellement montée sur un porte-nitrate; on la maintient en place sur un ou plusieurs points, jusqu'à ce qu'on ait obtenu, tant en longueur qu'en profondeur, l'escarre désirée ; si les tissus ne s'humectaient pas sous l'influence du caustique, on pourrait les mouiller légèrement. C'est ainsi que M. Bourgeois a guéri, sans ectropion, des naevi tant à la paupière supérieure qu'à la paupière inférieure. Il fait oindre la surface cautérisée avec un peu de suif et continue les onctions jusqu'à la chute de l'escarre.

Ce n'est que quand la télangiectasie est munie d'une racine peu étendue qu'il est permis de l'étreindre par un fil noué circulairement à sa hase. Il en est qui l'ont traversée par un double lien, pour en étrangler ensuite les deux moitiés avec chacun des chefs du fil. On peut y enfoncer encore quatre fils, crucialement dirigés de manière à en étreindre quatre lobes *. L'implantation de nombreuses épingles, qui traversent en sens divers les racines de la production morbide (procédé Lallemand), peut être associée à une striction clfectuée sur les tiges métalliques à l'aide de fils entortillés. Ils impriment à la tumeur la forme d'un bourrelet saillant susceptible de se détacher au bout de quelque temps et d'être remplacé par une cicatrice.

Il n'y aura lieu de songer à l'inoculation vaccinale des télangiectasies que chez les sujets qui n'ont point été vaccinés ou qui n'ont pas été atteints de variole. On a proposé, pour les conditions contraires, les inoculations avec l'huile de croton ou avec le tartre stihié. Il faudra toujours, dans le choix des moyens, avoir en vue le degré probable de raccourcissement du tégument externe, qui pourra résulter de leur application. On se souviendra d'ailleurs que, si une trèsfaible rétraction est susceptible d'amener l'extrovcrsion de la paupière inférieure, il en faut une assez étendue pour engendrer l'ectropion du voile supérieur. Le fait suivant, extrait de la Gazette des hôpitaux (année 1837), mérite à

i « L'expérience m'a démontré, dit M. Mackenzie, que les nœvi des paupières, surtout ceux de la paupière supérieure, à moins qu'ils ne soient irès-élendus, peuvent être traités par l'application de la ligature, sans qu'il y ait beaucoup à craindre de voir survenir l'eclropion. »

cet égard de trouver ici place. Un enfant de six mois portait trois tumeurs érectiles, dont l'une, saillante de quelques lignes, s'étendait depuis un pouce audessus de la racine du nez jusqu'aux limites inférieures des os propres de cet organe, et depuis l'angle interne des paupières d'un côté jusqu'à une ligne à peu près de la commissure correspondante de l'œil opposé. Lisfranc exécuta l'ablation du fongus, bien que plusieurs chirurgiens distingués la regardassent comme contre-indiquée. « La guérison a été ulilenue, dit l'auteur de l'observation ; mais un fait remarquable est le suivant : c'est que, pour enlever la tumeur situéjî entre les sourcils et les paupières, il fallait l'aire une grande déperdition de sul>stance, en laissant les os à découvert. Si l'on croyait qu'il en fût résulté une cicatrice difforme, l'on serait dans l'erreur; les sourcils n'ont été que très-légèrei ment rapprochés, et les paupières sont restées dans leur position normale. »

Les télangiectasies sous-cutanées seront plus particulièrement attaquées par les sétons multiples, les sétons caustiques, la cautérisation électrique et le procédé de Marshall Hall. Il consiste dans la lacération des aréoles vasculaires avec une aiguille à lance tranchante ou avec un ténotome, qu'on engage vers la circonférence de la tumeur, lacération suivie d'une compression à l'aide de bandelettes aggluti natives.

Le traitement des télangiectasies orbito-palpébrales rentre dans les données que nous avons fournies en traitant des tumeurs hématiques de l'orbite.

CHUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE- — INTROVERSIONS ET EXTROVERSIONS PALPÉBRALES.

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