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CHAPITRE H.— MALADIES DES B0URCRS ET DES PAUPIÈRES

lui fit blanchir à l'instant même les cils du côté droit. L'enfant qu'elle portait

cessa subitement de remuer ; onze jours après, elle fit une fausse couche.

Le pediculus ferox pubis, qui s'incruste profondément dans les tissus, peut se loger au boni libre des voiles palpébraux et entretenir une blépharite opiniâtre. « Il s'éligèndre; dit Guillemeau, par gourmandise, saleté, ordures, ou mauvais régime de vivre, de petits poux larges, qui molestent le poil des paupières. » On a encore rencontré sous ces voiles des vers qui y prenaient de l'accroissement et donnaient parfois lieu à des accidents graves. Un malade, dont parle M. Velpeau, présenta six énormes asticots logés entre la caroncule et l'extrémité interne de la paupière supérieure. Des parasites de ce genre occasionnèrent de tels désordres dans l'orbite, chez un homme qui s'était endormi près de Montfaucon3 qu'on crut d'abord à une dégénérescence cancéreuse.

traitement. — La dépilation momentanée, cpii dépend d'une blépharite ciliaire, ne réclame d'autre médication que celle de cette dernière maladie. Je regarde comme plus nuisibles qu'utiles les applications spiritueuses et toniques qu'on a recommandées pour hâter la reproduction des cils . Les ressources propres à ombrager les yeux, à empêcher le clignement continuel, sont les seules à notre disposition contre les madaroses qui dépendent de la destruction des racines des cils ; l'art ne connaît aucun moyen d'en effectuer la régénération. Dieffenbach, il est vrai, a tenté de forer obliquement, avec une aiguille, un petit canal étroit à travers le bord libre, pour y implanter ensuite des bulbes ciliaires garnis de leurs appendices, bulbes nouvellement arrachés et conséquemment doués d'une grande vitalité, mais de tels essais ne paraissent pas avoir été suivis de résultats sérieux. Le conseil qui a été donné d'appliquer un enduit de couleur noire, le long de la marge palpébrale, est loin d'ajouter aux grâces de la physionomie, ne saurait soulager le malade et peut déterminer des érythèmes et d'autres irritations cutârtées.

La phthiriase des cils guérira habituellement avec facilité par des soins de propreté et l'intervention de quelques topicpies mercuriels.

Article 3.— Epicanthus ou épiblépharôn.

Le professeur d'Ammonest le premier qui décrivit l'épicanthus et indiqua la manière de le guérir. Depuis qu'il le fit connaître, il a été observé par tous les oculistes. 11 consiste dans un repli cutané, qui procède tantôt des deux côtés de la racine du nez, tantôt d'un côté seulement, ce qui est plus rare. Disposé de telle sorte qu'il est libre par ses deux faces, l'une antérieure, l'autre postérieure, ce repli, en forme de croissant, dont les cornes embrassent la paupière supérieure et la paupière inférieure, masque la caroncule, les points lacrymaux et une portion plus ou moins considérable de la région correspondante du globe oculaire. Toutefois, il ne dépasse pas habituellement de beaucoup l'angle interne. Nous rencontrons fort souvent l'épicanthus à l'état rudirnerttaire. 11 suffit, dans ce cas, pour en exagérer les dimensions, d'exécuter quelques tractions, rie dedans on dehors, sur le tégument extèrne dés voiles palpébraux.

L'épicanthus n'offre par lui-même aucune gravité, mais il peut devenir in-

commode, quand il existe à un certain degTé de développement. Dans cette circonstance, en elfet, il s'oppose au libre jeu des paupières et gêne plus ou moins la vue, suivant l'ampleur de l'obstacle qui empêche parfois les rayons lumineux de pénétrer au fond de l'œil, dans les mouvements de rotation de cet organe en dedans. La face des individus ainsi affectés rappelle assez, d'après M. d'Ammon, la physionomie des Kalmoucks. Dans plusieurs des cas observés, le nez était épaté et sa racine beaucoup plus large et plus aplatie que dans l'état normal. On a vu cette difformité compliquée de ptosis, de strabisme interne et même d'atrophie du globe.

Tel est l'épicanthus interne. Qu'il soit double ou monoculaire, si vous soulevez, sur la racine du nez, un pli vertical du tégument externe, aussitôt l'épicanthus s'efface, par suite de la tension que vous imprimez à la peau du grand angle, qui n'était généralement exubérante et fiasque que parce qu'elle ne trouvait pas, dans une saillie suffisante des os du nez, son soutien normal.

Cette difformité, ainsi constituée, est congénitale. Habituellement unilatéral, l'épicanthus, accidentel ou acquis, auquel M. d'Ammon a plus récemment donné le nom à'épicanthis, est le plus constamment le résultat de plaies qui ont suppuré et ont donné lieu à des brides, à des cicatrices entraînant vers elles la peau du grand angle, sous forme d'un soulèvement valvulaire, presque toujours dénué de cette régularité qu'offre l'épicanthus naturel. Mademoiselle Leprince, l'une de mes malades, portait à l'œil gauche un ectropion inférieur et un épicanthus, par suite d'une affection charbonneuse qui, dans son enfance, avait envahi la joue de ce côté et avait nécessité des cautérisations énergiques. Le sac anormal se remplissait continuellement de mucosités et de larmes.

Chez un sujet cité par le docteur Sichel, une valvule cutanée, semi-lunanc et verticale, couvrait à chaque œil la commissure palpébrale externe; les deux plis s'effaçaient, lorsqu'on tendait vers les tempes les téguments des paupières et de leur voisinage. M. Sichel attribua à un vice de conformation congénitale cette anomalie qui ne put qu'augmenter plus tard sous l'influence des contractions des muscles de la face. Il est digne de remarque que la d.fformite devenait visiblement plus saillante, toutes les fois que ces contractions se montraient plus énergiques. Tel est l'épicanthus externe, qui n'a été observe que très-rarement et pour lequel il ne me paraît pas qu'on ait jamais eu recours a un traitement chirurgical. On comprend, d'ailleurs, que des suppurai .on s engendrées par la variole, des érysipèles, etc., puissent également le faire naître.

t r a item ent , — L' opération que M. d'Ammon a instituée sous le nom de rfcnorophfeest destinée à porter remède à l'épicanthus double ou bi-oculane. 11 ne. faut en faire usage que quand l'exubérance cutanée est assez gênante pour constituer une infirmité véritable, phénomène tellement exceptionnel que la rh.noraphie n'a été mise en pratique que par quelques rares oculistes

Manuel opératoire.-On soulève verticalement, sur la racine du nez, un lragment de peau assez considérable pour effacer les deux croissants anormaux ; engagé entre les branches des pincesà entropion, celles de H.n.ly, par exemple (Pl. IV, lig. 7), ou celles de Graefe (même planche, lig. 8), ce reph est retranché avec de forts ciseaux, d'où une plaie ovalaire et verticale. Pins, les deux

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