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CHAPITRE II. — MALADIES DES S0UHG1LS ET DES PAUPIERES. 1M

pas quelques bénéfices de l'emploi local des solutions d'alun, d'extrait de Saturne, de tannin ou des pommades mercurielles.

A Paris, la chromhydrose n'a pas fait fortune dans quelques sociétés médicales ; à l'inverse des prophètes, a dit un savant et spirituel confrère, M. Fonssagrives, elle a eu un sort moins rigoureux chez elle que hors de son pays. On a supposé une supercherie chez les personnes pourvues de cette coloration, et tout récemment encore (28 mai 1861), l'Académie de médecine a refusé l'envoi du travail de M. de Méri court à son comité de publication. Nous ajouterons que, depuis lors (juin 1861), M. Ch. Robin a saisi l'Académie d'une communication qui aboutit aux conclusions suivantes : 1° La substance colorante, qui constitue la chromhydrose, n'est point étrangère au corps humain. 11 y a lieu de la rapprocher de la matière des urines bleues appelée cyanourine par M. Braconnot. Celle-ci se dépose également à l'état de granules ou corpuscules solides, au fond des vases contenant l'urine, en laissant toutefois à celle-ci une coloration d'un brun verdâtre ou bleuâtre. 2° C'est de l'orifice des glandes sudoripares qu'on .voit sourdre les gouttelettes noires, qui se sèchent bientôt à la surface de la peau des paupières et des joues à la manière d'un vernis. On peut opposer à ces conclusions celles d'un rapport adressé par M. Béhier, le 10 juillet 1861, à la société médicale des hôpitaux, au nom d'une commission chargée d'examiner une dame expédiée à Paris par M. Leroy de Méri court, comme offrant un spécimen authentique de chromocrinie. « Si tous les exemples de chromhydrose, dit M. Béhier, répondent à celui qui nous avait été envoyé comme type, on peut dire, à ce qu'il semble, que la réalité de l'existence de cette maladie n'est certainement pas encore bien établie. »

Demours mentionne une disposition qui lui paraît être, à tort d'après nous, une transsudation de la matière des glandes de Meïbomius partiellement détournée de ses couloirs naturels et passant à travers les pores du tissu cutané des paupières. « Il y a, dit cet auteur1, une espèce d'exsudation de matière sébacée jaunâtre qui se rencontre très-rarement ; je ne crois pas qu'elle ait encore été décrite. La peau en est couverte entièrement, à trois lignes environ de la marge delà paupière inférieure, et à une ligne de celle de la paupière supérieure. On dirait que cette portion de la peau a été exposée à une fumigation résineuse. Celte cire est très-tenace et résiste, aux lotions, même d'eau chaude, qui enlève aisément la chassie commune.» L'auteur ajoute que cette espèce d'affection, qui attaque ordinairement de jeunes personnes, est opiniâtre et ne demande pas de traitement.

M. de Graefe a signalé, sous le nomd'éphydrose palpébrale (Schweisskrankheit), la production sur la paroi externe des paupières, et plus particulièrement du voile supérieur, d'une couche de liquide qui se régénère aussitôt qu'il a été essuyé. M. de Graefe y voit une hypersécrétion locale des glandes sudorifères. Us causes de cette altération, fort exceptionnelle d'ailleurs, sont peu connues. Les onctions avec une pommade de goudron se sont montrées utiles dans un cas de te genre.

! Demours, /oc. cit., t. I, |>. 8«J.

UVHE III. — MALADIES DUS ANNEXES I)E l'(EIL.

Article 2.— Alopécie, canitie et phthiriasis des cils.

On désigne sous les noms d'alopécie des cils, de ptilosis, de madarose ciliaire, l'absence partielle ou to'lale des cils. Elle est temporaire ou permanente.

La madarose temporaire est habituellement occasionnée par des inflammations du bord libre des paupières, avec engorgements, indurations, etc./ de cette partie des voiles palpébraux. Couverts de croûtes, d'obstacles divers, gênés dans leur évolution, les cils ne peuvent s'échapper du sol qui les fournit, et l'éruption n'a lieu que quand la cause qui la contrariait a disparu. 11 en est ainsi de certaines plantes enfoncées sous la terre, lorsque celle-ci a été desséchée par un soleil ardent, et qui en surgissent, dès qu'une pluie a détrempé la croûte terreuse qui les recouvrait.

Les madaroses permanentes peuvent être le résultat d'une blépharile ciliaire associée à de longues suppurations du bord libre, à des ulcères icboreux qui l'ont profondément corrodé, à des furoncles qui y ont souvent pris naissance ; parfois encore cet accident est engendré par des brûlures, par la variole, par des influences, quelles qu'elles soient, qui ont radicalement détruit les organes générateurs des cils. J'ai vu certains sujets porteurs de belles rangées de poils ciliaires, qui étaient brusquement interrompues, en un ou plusieurs points, par un manque complet de ces poils dont la destruction était due à l'invasion de pustules varioliques. L'alopécie des cils peut s'associer à une alopécie générale. Des émotions morales ont quelquefois amené , dit-on, ce résultat, causé, dans d'autres cas, par une syphilis constitutionnelle. Y a-t-il chute de cils, par suite d'une affection aiguë, d'une fièvre, adynamique ou ataxique des anciens auteurs, ces appendices repoussent presque toujours à une époque plus ou moins éloignée

de la maladie. .

La canitie ou blancheur des cils est communément l'effet de la vieillesse. Bornée à toute la rangée de ces poils ou à quelques-uns seulement, cette disposition peut être congénitale. Une femme, qui a fréquenté mes consultations cliniques, présentait une teinte blême sur la moitié supérieure de la joue droite, sur la partie médiane des paupières inférieure et supérieure et sur la portion adjacente de la région frontale. Les cils,et le segment du sourcil parlesquels cette plaque était interrompue avaient une coloration d'un blartc grisâtre, tandis que le reste de ces poils était d'un beau noir. Cette femme, ayant appl.qué longitudinalement sa main droite sur la région décolorée, celle-ci en fut exactement couverte Or, elle prétendit qu'elle cheminait, lors des événements de 1848, sur les bords du canal Saint-Martin, quand un homme armé la menaça de la jeter à l'eau «Je suis perdue! » s'écria-t-elle en portant la main à la figure: on constata le lendemain que la partie touchée avait subi la mutation indiquée. Bien que de tels documents ne doivent être acceptés qu'avec réserve, j ajouterai que deux personnes qui accompagnaient cette femme attestèrent la vérité de

ses assertions. . ,

Une dame, dont parle Demours, était enceinte de six mois et demi, quand elle entendit tomber et crier l'un de ses enfants. La vive émotion qu elle éprouva

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