‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 439 sur 501 · MALADIES DE LA MEMBRANE SEMI-LUNAIRE ET DE LA CARONCULE LACRYMALE · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA MEMBRANE SEMI-LUNAIRE ET DE LA CARONCULE LACRYMALE

DE L'ENCANTHIS.

On a coutume de désigner par le terme collectif d'encanthis l'inflammation et les tumeurs, quelles qu'elles soient, de la caroncule lacrymale et du repli semilunaire qui l'avoisine. Celse emprunte cette expression aux Grecs ; nous la trouvons consignée dans Maître-Jan et dans tous les auteurs, tant anciens que modernes.

caractères ANATOMiQUES et physiologiques. — L'encanthis se présente sous trois formes principales : Yencanthis inflammatoire, l'encanthis fongueux et l'encanthis malin.

\° Encanthis inflammatoire . — Le gonflement de la caroncule lacrymale et du repli semi-lunaire, leur teinte d'un rouge sombre, les vascularités dont ils sont entourés, les douleurs que le malade y éprouve, notamment dans les mouvements d'occlusion de l'œil, de l'œdème aux paupières, l'augmentation des sécrétions glandulaires et muqueuses , tels sont les signes caractéristiques de la phlegmasie de la caroncule et du repli contigu. Elle se termine souvent par résolution au bout de quelques jours. Dans d'autres cas, elle passe à une suppuration plus ou moins abondante, qui peut avoir pour résultat la consomption partielle (rhyas) ou la destruction totale {rhacosis) de la caroncule lacrymale. Cette maladie reconnaît fréquemment pour causes les influences susceptibles

038 i.i vbb tfx. — maladies des annrxks dr l'œil.

de donner lieu à la conjonctivite catarrhalo qui lui est souvent associée. Dans d'autres circonstances, et c'est ce qui arrive le plus communément, d'après Beer, l'encanthis inflammatoire est produit par l'introduction de petits corps étrangers dans la substance de la caroncule, ou entre celle-ci et la membrane semi-lunaire, et par des piqûres envenimées. La présence d'une cbique, d'un dragonneau a été citée comme cause possible de la maladie qui nous occupe.

2<> Encanthis fongueux. — Cette seconde variété, dont la marche est constamment chronique, se présente sous forme d'une végétation fongueuse, très-souvent pédiculée, et susceptible d'atteindre le volume d'une aveline, d'un œuf de pigeon et même des dimensions plus fortes. Elle cause le larmoiement, en bouchant les points lacrymaux ou en les éloignant de leur direction naturelle ; quand elle est parvenue à un certain degré de développement, elle fait saillie entre les paupières, dont elle empêche le rapprochement, d'où l'irritation de l'œil et celle de la tumeur elle-même, par l'impression des excitants extérieurs. Elle peut contrarier plus ou moins la vision, en empiétant sur la cornée et en obstruant, dans quelques cas, le champ de la pupille.

3° Encanthis malin. — Tous les auteurs ont appelé l'attention sur la dégénérescence cancéreuse de la caroncule, forme assez rare, d'ailleurs1. Nous en dirons autant de la télangiectasie. de ce corps, altération dont le lecteur peut voir un beau dessin dans le grand ouvrage d'Ammon ; l'excroissance formée de plusieurs lobes, constitués eux-mêmes par des granulations d'un bleu foncé, se propage du nez à la tempe, gagne presque la bouche, et recouvre la plus grande partie du globe oculaire.

4° Variétés diverses. — Des productions pierreuses peuvent se développer dans la caroncule lacrymale (encanthis calculeux ou lithique). Parfois, quand on pre??o. ce corps entre les doigts, on y trouve de petits graviers. Peut-être, a-t-on pris, dans quelques cas, des corps étrangers venus du dehors pour des calculs né? au sein même de l'organe. Nous mentionnerons aussi l'encanthis mèlaniquc, dont Wardrop, Piiberi et d'autres ont fait connaître des exemples. Une femme, citée par Middlemore, avait vu, depuis quelques années, une excroissance, de couleur noire, se développer sur le repli semi-lunaire d'un de ses veux et se propager peu à peu sur le globe ; elle avait les dimensions d'un gros pois, à l'époque où elle fut enlevée, à l'aide d'une érigne et des ciseaux. L'on trouva que la masse mêlanique était simplement déposée dans le tissu cellulaire sous-conjonctival ; la coloration pigmenteuse se dissipa par l'immersion de la tumeur dans l'espritde-vin. D'après Carron du Villards, l'encanthis mêlanique, forme assez rare chez l'homme, est, au contraire, très-commune chez les chevaux, sur lesquels cet oculiste dit l'avoir plusieurs fois rencontrée. Nous ne la trouvons pas mentionnée dans le livre de M. Leblanc, bien que ce travail soit plus particulièrement con-

i Chez un homme âgé de trente-quatre ans, qui fut opéré, en 1810, par le docteur Placido Portai (de Palerme), la tumeur extirpée pesait, dit-on, une livre et demie environ, et était lardacée et cérébriforme ; le mal ne larda pas h récidiver, et le sujet mourut. Consultez , pour les détails dè cétte observation , les Annales d'oculistiqite. 1" volume supplémentaire, p. 1.

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