‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 448 sur 501 · C. INJECTIONS PAR L'OUVERTURE INFÉRIEURE DU CANAL NASAL · texte numérisé non relu

C. INJECTIONS PAR L'OUVERTURE INFÉRIEURE DU CANAL NASAL

Les instruments dont se servait Laforest étaient : 1° une sonde pleine en arc ; 2" une algalie de même configuration, perforée à l'une et à l'autre de ses extréi ii i lés et munie d'un anneau vers le pavillon (Pl. V, fig. A) ; 3° une seringue à siphon recourbé, et entouré, près de son orifice, d'une saillie en bourrelet. Le conduit ayant été désobstrué, de bas en haut, avec la sonde pleine, Laforest plaçait l'algalie et la laissait à demeure, en la fixant au voisinage de la narine, à l'aide d'un fil passé dans l'anneau et assujetti à la peau par un morceau de taffetas gommé ; elle servait de tube conducteur aux injections, avec des liquides appropriés, injections que le malade pouvait exécuter lui-même.

L'un des instruments les mieux combinés, auquel on puisse avoir recours, est la sonde creuse de M. Gensoul (Pl. V, fig. 3). Elle est d'argent, et analogue, pour les courbures et pour les dimensions, au cathéter plein de ce chirurgien» Perforée à l'extrémité de sa portion naso-lacrymale, elle présente, près de son autre ouverture, un anneau latéral. Un mandrin d'argent peut être mû dans la canule de l'algagie, jusqu'à l'orifice antérieur, qui est le plus petit. On procède à l'introduction de cet instrument, d'après les mêmes principes que pour la sonde pleine. La modification que M. Chassaignac a apportée à l'appareil de Gensoul consiste dans la; situation de l'ouverture antérieure, qui est latérale dans celui du chirurgien de la Riboisière, c'est-à-dire pratiquée sur la convexité de la sonde, près de son extrémité. L'agent de propulsion auquel M. Chassaignac a recours est une simple pompe atmosphérique.

L'un de nos anciens professeurs de chirurgie, Verpillat, reprochait aux instruments généralement employés d'exposer parleur dureté à irriter, quelquefois même à déchirer douloureusement les parties. Il accordait la préférence à l'appareil suivant. On doit être muni d'un mandrin d'acier, recourbé etmousse comme le cathéter de Gensoul; sur cette tige métallique, dont le crochet n'a envi-

952 LIVHK III. MALADIES DES ANNEXES DE l'{EIL.

ron qu'un millimètre de diamètre, et qui offre, à l'autre bout, une plaque servant de manche, on fait glisser une sonde de gomme élastique, très-fine et un peu moins longue que le mandrin ; elle est percée à l'une et à l'autre de ses extrémités ; le bout qui doit entrer dans le conduit présente une ouverture moins grande que l'ouverture opposée du tube, et il est abords très-arrondis. La canule ayant été montée sur son mandrin, et tous deux ayant été graissés de cérat, on engage l'instrument dans la fosse olfactive. Dès que l'extrémité du crochet, que la sonde creuse recouvre, est parvenue à l'embouchure inférieure du canal nasal, on maintient le mandrin dans l'immobilité, puis on fait glisser la sonde seule dans le conduit ; celle-ci ayant été placée, on y pousse des injections appropriées. M. Pirondi a également proposé des algalies en gomme élastique, mais elles se terminent, d'un côté, par une tête métallique, qui rend plus résistante la portion destinée à pénétrer la première dans le conduit, et à l'autre extrémité est également ajusté un tube en métal, pourvu, comme tous les instruments de ce genre, d'un petit anneau.

§ 4.— Incision du sac (dacryocystotomie).

L'on est quelquefois dans l'obligation de fendre le sac, pour attaquer plus directement la cause qui perpétue les désordres dans ce réservoir ; l'instrument dont on se sert généralement pour cet objet est un bistouri à lame étroite (Pl. V, fig. 16).

On doit s'assurer, avant tout, de la situation exacte de la paroi à inciser. Le rebord orbitaire du maxillaire, près du grand angle, et le tendon direct du muscle orbiculaire des paupières sont les guides les plus certains pour le choix du lieu de ponction. Il sera ordinairement facile de reconnaître la crête osseuse, en y promenant le doigt ; c'est là que gît la donnée anatomique la plus précise, celle qui dérive de l'attache musculaire étant sujette à varier, comme nous le verrons tout à l'heure. Dans l'état d'intégrité des parties, une ligne blanchâtre annonce le tendon du palpébral ; la turgescence des tissus peut l'effacer, mais il suffit habituellement d'une traction légère, exercée sur la commissure temporale, pour faire saillir la corde fibreuse.

Le malade étant assis, la tête contenue par un aide, le chirurgien, place vis-à-vis de lui, applique le doigt indicateur de la main gauche vers 1 angle interne de l'œil, pour reconnaître la lèvre antérieure de la gouttière lacrymale et l'ori-ine du conduit nasal ; le médius et l'annulaire de la même main refouleront en dehors la commissure externe, s'il agit à l'œil droit; le pouce serai chargé de cette traction, s'il opère à l'œil gauche. Armée du bistouri saisfl comme une plume à écrire, la main droite le pose verticalement contre les parj ties, de telle sorte que son dos regarde la racine du nez, que son tranchant soit, en avant et en dehors, et que sa pointe touche au tendon ; on exerce une légère] pression sur celui-ci, avec le dos de l'extrémité de l'instrument ; on cesse ensuite l'extension sur la commissure opposée, et l'on pique le sac, immédiatement audessous de l'attache musculaire. La sensation d'une résistance vaincue et le dégorgement des matières, qui refluent au -devant de la lame, annoncent qu on

Page 1