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CHAPITRE IV.— MALADIES DE L'APPAREIL LACRYMAL

prime au moyen dune manivelle (trépan lacrymal). L'os unguis ayant été perforé en rond, Montai® engage dans la brèche une bougie de corde à boyaux, qu'on assujettit au pourtour de la plaie extérieure à l'aide d'une bandelette agglutinalive. Les pansements subsécpients consistent à renouveler, une ou deux fois par jour, le diachylon et la corde, dont on augmente graduellement la grosseur, et à pratiquer dans le sac et dans la cavité olfactive des lotions avec des liquides appropriés. Mieux combiné que les divers appareils qui l'ont précédé, l'emportepièce de M. Reybard se compose de deux parties assemblées , mobiles l'une sur l'autre, et parfaitement distinctes par leur destination. L'une est une tige d'acier, montée sur un manche et terminée par un bouton à vis en forme de vrille ou de tire-bouchon; elle a pour usage, après avoir franchi l'unguis, d'offrir à ce dernier un point d'appui. L'autre partie est une canule tranchante, avec laquelle on détache le fragment osseux garni des membranes qui lui sont adhérentes; elle se meut sur la tige à l'aide d'un pas de vis, de telle sorte qu'on ferme et qu'on ouvre l'instrument en le vissant et en le dévissant alternativement. Quatre temps composent la manœuvre. Dans le premier, on fend le sac avec le bistouri, à la manière .de J. L. Petit; dans le second, le perforateur ouvert est porté jusqu'à la partie inférieure interne de la poche lacrymale; dans le troisième, on imprime à la vrille un mouvement de rotation, de manière à la faire pénétrer à travers l'unguis, dans le méat moyen, de haut en bas, de dehors en dedans et un peu d'avant en arrière ; dans le quatrième temps enfin, on coupe la cloison naso-lacrymale, en lui faisant éprouver une perte de substance dont les diamètres sont ceux de la virole tranchante. Pour cela, on saisit d'une main l'instrument par le manche, et pendant qu'on le tient dans l'immobilité avec l'autre main, on fait tourner la canule jusqu'à ce qu'elle soit vissée à fond. On incise ainsi , puis on amène au dehors une rondelle formée par les parties placées entre le tranchant de la canule et le bouton à vis, qui leur sert de support. M. Reybard, et plus récemment MM. Demarquay et Robert, ont obtenu des succès par l'application de ce procédé. Je ne l'emploie jamais , trouvant cette opération plus compliquée, plus vulnérante et moins sûre que celle à laquelle je donne la préférence.

Au lieu de frayer une route aux larmes dans la région de l'os unguis, M. Laugier a proposé de perforer la cloison du sinus maxillaire. Pour pratiquer cette opération, qu'il a fait connaître pour la première fois en 1830, ce professeur se sert d'un fort trocart sans canule, et recourbé à une petite distance de sa pointe. Le sac ayant été ouvert avec le bistouri, ce chirurgien fait glisser son instrument dans la portion supérieure du canal nasal, la pointe regardant en bas, et la convexité de la partie, coudée étant dirigée en haut et en dedans. Elevant alors le manche, il tourne vers la racine du nez la convexité de la branche métallique, tandis que l'extrémité pointue va gagner la paroi externe du conduit nasal ; puis il pénètre à travers cette dernière, et imprime à la tige quelques mouvements de circumduction sur elle-même, pour arrondir l'ouverture et mouler, suivant l'expression de M. Laugier, la voie sur celle tige; cela fait, on retire l'instrument. Cet expédient ne s'est pas répandu dans la pratique, et semble même tout à fait abandonné. «Je doute, dit M. Vclpeau, qu'une pareille méthode

08r» livre m. — maladies des annexes de l'œil.

compte jamais de nombreux partisans. Rien ne prouve, en effet, qu'arrivées dans le sinus, les larmes en sorlisscni ensuite facilement, qu'elles n'y fissent pas naître des accidents, qu'il fut aisé de leur livrer une issue en perçant la voûte palatine. »

Nous avons, d'une part, une cavité spacieuse, ouverte et en avant et en arrière, cavité d'où les corps étrangers sortent avec facilité, que le malade nettoie sans cesse en se mouchant, dans laquelle il peut faire affluer des liquides, cavité enfin habituée, par sa destination naturelle, au contact des larmes; tandis que nous voyons, d'autre part, un antre à une seule ouverture, dont les conditions se prêtent mal au dégorgement des matières. Le lecteur a deviné quel serait notre choix entre les deux routes.

EXCISION ET CAUTÉRISATION DE LA PARTIE ANTERIEURE DES CONDUITS LACRYMAUX. —

J'ai été consulté par des malades qui avaient infructueusement subi l'excision des conduits lacrymaux. Les bords palpébraux, chez un bon nombre, étaient devenus le siège d'échancrures difformes. J'ai vu cette excision ne rien produire d'avantageux au point de vue de la guérison de la dacryoblennorrhée, les mucosités et les larmes s'échappant comme ci-devant des tronçons des conduits. Chez une femme, qui s'y était soumise, le sac était converti en un véritable kyste; je le ponctionnai, j'y portai le caustique Canquoin, et la guérison eut lieu au bout de quinze jours. L'excision des conduits me paraît donc devoir être rejetée de la pratique. M. Tavignot, qui a substitué à cette opération la cautérisation électriqueavecla pile Grenet, m'a assuré que des affections lacrymales, traitées par ce moyen, cédaient habituellement en dix ou douze jours. Le sac vient-il à s'engorger après cette opération, les mucosités ne pouvant plus refluer par les points lacrymaux oblitérés ni par le canal nasal, plus ou moins rétréci, M. Tavignot l'ouvre d'un coup de lancette, comme dans la dacryocystite phlegmoneuse. J'ajouterai, comme donnée historique, que, dans la seconde moitié du siècle dernier, Quesnel, chirurgien de Saint-Malo, procédait à la cautérisation des conduits avec la pierre infernale. Le professeur Serra (de Bologne) cherchait à en amener l'atrésie avec un stylet incandescent.

cautérisation du canal nasal. — La cautérisation des rétrécissements de l'urètre, suivant les vues de Ducamp et de Lallemand, a porté quelques opérateurs à appliquer, par analogie, cet expédient aux sténochories du canal des larmes. Le premier qui appela sur cette question l'attention des hommes de l'art est M. Harveng (de Manheim) l. Employée plus tard par M. Gensoul, par .M. Bermond (de Bordeaux) 2, cette méthode n'a figuré dans la pratique que de quelques rares opérateurs.

extirpation de la glande lacrymale. — Dans une brochure ayant pour titre : Nouveau moyen de guérir les fistules lacrymales et les larmoiements chroniques (Paris, 1843), M. Paul Bernard a proposé l'ablation de la glande lacrymale, opération qui , quelques années après , paraît avoir été tentée avec succès par le professeur Texlor (de Wurzbourg), dans un cas de larmoiement très-intense.

1 Voir les Archives générales de médecine, t. XVIII, année \ 828. s Bermond (do Bordeaux), thèse inaug. Paris, 4 827.

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