U CHAPITRE I. — VICES DE CONFORMATION
tallin, dans le corps vitré, etc., M. d'Ammon signale la coniciié de la cornue qu'il parait avoir souvent rencontrée chez les aveugles-nés. Ordma «ta m , d'après lui, elle n'est pas très-manifeste dans les premières années de la ne, mal elle augmente rapidement lors de la puberté. Le front fut trouve, chez les uns, trop large, trop aplati ou trop étroit; le sommet du crâne était trop élevé chez les autres.
La chrupsie l'achromatopsie, l'héméralopie et quelques autres altérations fonctionnelles, qui peuvent remonter à l'époquedela naissance, ont été signalées déjà à l'attention du lecteur.
oo annexes de l'œil. Coloboma des paupières, etc. On a cité quelques cas d'absence congénitale des paupières (ablépharon). Nous avons déjà parlé de plusieurs autres altérations palpébrales qui peuvent se présenter comme vices de première conformation : l'épicanthus, l'anchyloblépharon, la blépharoptose etc. L'étroitesse de la fente palpébrale (blépharophimosis) a été souvent observée par M. d'Ammon comme condition associée à la blépharoptose congénitale. Celle-ci peut être causée par une absence de l'élévateur.
Dans le coloboma des paupières, une fente, qui débute au bord libre, divise plus ou moins le voile qui en est le siège. Son étiologie, d'après M. d'Ammon, serait tout a fait différente de celle du bec- de-lièvre. Ce dernier est causé par un arrêt dans la réunion des deux segments qui constituent la lèvre supérieure chez le fœtus. L'existence du coloboma palpébral s'expliquerait difficilement d'après ce mode, car on n'a jamais constaté, dans aucune période de la vie intra-utérine, que la paupière fût formée de deux lambeaux analogues. Il paraît donc démontré que le blépharocoloboma provient d'un vice primitif de conformation. Son traitement chirurgical est le même, d'ailleurs, que celui du becde-lièvre; il est prudent d'attendre un âge favorable à l'exécution de cette tentative. Elle consiste dans l'avivement des bords de la solution de continuité et dans leur coaptati on parla suture entortillée.
On a relaté des faits de fistule lacrymale et d'absence complète du canal nasal existant comme vices de première conformation. Les points lacrymaux peuvent également manquer. Un enfant amené, il y a quelques années, à la consultation de M. Dixon, présenta le conduit lacrymal inférieur droit divisé dans toute sa continuité jusqu'à la caroncule. Comme le sujet n'avait jamais subi d'opération aux yeux, on supposa que cette disposition était congénitale.
Un jeune sujet, dont parle Dieffenbach, était atteint, depuis sa naissance, d'un strabisme convergent de l'œil gauche; le bulbe ne pouvait que faiblement se porter en dehors. Dans l'opération, le droit interne fut trouvé divisé en deux faisceaux d'épaisseur égale, parfaitement séparés, et pourvus chacun d'un tendon qui se fixait au globe. Les deux attaches tendineuses ayant été coupées, les deux ventres musculaires se rétractèrent, en se rapprochant l'un de l'autre, et l'œil récupéra sa rectitude. La guérison du strabisme ne se fit pas attendre : un haut degré d'amblyopie, dont il était accompagné, se dissipa également. Tel est le seul exemple d'une véritable bifurcation musculaire que Dieffenbach dit avoir observé dans ses opérations de strabisme. Seilcr a une fois rencontré l'absence du droit supérieur et du droit inférieur à l'œil droit, du petit oblique
à l'œil gauche; dans une autre autopsie, il ne trouva pas de muscles obliques à droite^ et ces derniers, ainsi que le droit supérieur, n'existaient point à gauche. La science ne fournit que très-peu d'exemples d'anomalies de ce genre.
Le professeur Longet possède une pièce sur laquelle on constate l'absence complète du ganglion ophlhalmique, anomalie qui, d'après cet observateur, n'avait point encore été rencontrée chez l'homme. On y voit des filets du moteur oculaire commun se rendre directement à l'iris. M. Longet se demande si une pareille distribution anormale ne serait pas particulière aux personnes que l'on dit mouvoir leur iris à volonté.
Nous invitons le lecteur à consulter, pour de plus amples détails sur les vices de conformation de l'appareil visuel, le travail, rempli d'érudition, du docteur E. Cornaz1.