CI! A VITRE 1, — VICES DE CONFORMATION. ÎUIO
du cercle fœtal de cette membrane , et s'étendent plus ou moins loin vers la partie moyenne de cette dernière l. Dans leurs degrés les plus élevés, la sclérotique semble avoir envahi la cornée, opaque comme elle, et ne conservant un peu de diaphanéité que dans la région qui correspond à la pupille. Le sclérophthalmos de Kieser, qu'on a souvent confondu avec une absence de la cornée, n'est que le résultat de son opacité totale. 11 résulte du mode étiologique de ces obscurcissements que les ressources thérapeutiques ne nous offrent contre eux aucun secours.
Le manque absolu de l'iris a reçu le nom à'iridérémie ou à'iridorémie. On lit dans l'ouvrage de Weller : « Le docteur Morison a observé un enfant dont les yeux, étaient privés de cette membrane ; il est cependant plus vraisemblable que ce n'était qu'un mydriasis porté très-loin, comme le pensèrent les médecins rapporteurs. » On a dit que ce qui prouvait péremptoirement que les conditions de ce genre devaient être envisagées comme des mydriases congénitales exagérées, c'est qu'on découvrait toujours à l'œil nu, et surtout à la loupe, des vestiges de la cloison membraneuse. Cette assertion est renversée par des observations nombreuses qui démontrent la possibilité de l'iridérémie complète; l'une des plus récentes appartient à M. Dixon2. Cette déviation organique a été plus communément rencontrée à un œil qu'aux deux yeux; elle est souvent héréditaire; elle s'associe fréquemment à la microphthalmie, à l'opacité de la cornée, à la cataracte. La photophobie, le nystagme sont unis à l'iridérémie, contre laquelle il y aura lieu de conseiller quelques appareils protecteurs, et de tenter l'essai des diaphragmes perforés, dont il a été question dans le traitement de la mydriase (p. 398). Quelques sujets sont myopes, d'autres plus ou moins amaurotiques.
On a donné le nom de coloboma de l'iris (iridocoloboma, iridoschisma) à un vice de conformation constitué par une sorte de bec-de-lièvre, qui procède du bord libre au bord adhérent de cette cloison, la base du V étant tournée vers la pupille et son sommet vers la sclérotique. C'est dans le segment inférieur de l'iris que nous avons le plus souvent rencontré cette anomalie, qui n'est pas rare; elle peut exister aux deux yeux (p. 90), bien qu'on l'observe le plus communément à un œil. Tantôt les deux angles du triaugle, qui aboutissent à la pupille, sont assez accentués; tantôt ils sont très-arrondis, de telle sorte que les dispositions générales de l'ouverture pupillaire représentent, en quelque sorte, celles d'une pupille qui aurait été échancrée par l'excision de l'iris. Chez quelques sujets, a-Uon dit, la fente est incomplète, c'est-à-dire bornée, a une portion plus ou moins limitée du diaphragme vers son bord pupillaire; je l'ai vuê constamment s'étendre jusqu'au cercle ciliairc ; des autopsies ont démontré qu'elle pouvait se propagera la choroïde et à la rétine. Parfois lo coloboma iridien n'est associé h aucune altération sensible de l'œil, et la pupille, plus ou moins agrandie, ; 'Conservé sa coloration noire ; on l'a. .trouvé, dans d'auti;os cas.,- eota-
1 Dans les premiers mois de la vie intra-utérine , il n'existe pas de différence bien IranChëe entre la sclérotique et la cornée; elle ne commence à se manifester que vole trois(ème;molsti
' Annales <f oculistique, t. XLI, ni8a«i MU .^v fo™ ; .,„..
pliqué de cataracte, de microphthalmos, etc. On l'a attribué à un arrêt de développement de l'iris, par suite du retard qu'éprouverait dans son oblitération la fente fœtale de la choroïde (Wallher) »; Arnold, Rau, ont invoqué un manque de réunion des vaisseaux indiens pour se convertir en arcades. Nous n'entreprendrons pas de discuter ces théories sur des conditions qui se cachent dans les mystères de la vie fœtale.
Nous avons parlé déjà de la polycorie et de la corectopie congénitales (p. 387). Dans le vice de conformation fort rare que M. d'Ammon a appelé corestenoma, et dont on trouvera des dessins dans son grand ouvrage 2, les bords pupillaires sont j le siège d'un excès de développement, les prolongements iridiens se rapprochant et pouvant même se toucher, sous l'influence des contractions delà pupille.
La coloration de l'iris est sujette à des variations parfois très-curieuses. Je lis dans la thèse inaugurale de M. Giraldès (Paris, 1 836) : « 11 y a quelques années que j'ai vu, à l'hôpital de la Charité, une jeune fille qu'on disait porter les mots jj Napoléon, empereur, inscrits sur ses yeux; c'était tout simplement une de ces j combinaisons bizarres qui, à l'aide d'un désir bien complaisant, vous permettait d'y trouver cette inscription.» Dans l'espèce humaine, comme chez les am- I maux, un iris peut offrir une coloration quelconque et son congénère en présenter une différente (hétérophthalmos). Dans d'autres cas, un iris montre deux teintes bien tranchées : le gris, par exemple, et le brun. Les taches dites de rouille(p. 45) sont une sorte de naevus pigmentaire de l'iris. On a enfin cite des faits dans lesquels une plaque noire de ce diaphragme reconnaissait pour condition locale l'uvée mise à nu, par suite d'une absence partielle du parenchyme de la membrane. Nous avons vu (p. 291) qu'une iritis chronique pouvait donner lieu à un phénomène analogue. § p i
Les opacités congénitales du cristallin, forme morbide commune, ont ete l'objet d'un article spécial (p. 573). L'absence de cet organe peut s'expliquer par la résolution qui s'en est emparée, comme à la suite d'une opération de
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' Chez un enfant atteint, à l'œil droit, de strabisme convergent et qui était complètement amaurotique de cet œil depuis sa naissance, M. de Graefe ne put y découvrir aucune trace de vaisseaux rétiniens (p. 659). La papille, qui en était dépourvue, était blanche, et comme tendineuse.
Il y a lieu de penser que l'amaurose congénitale dérive le plus fréquemment d'anomalies du cerveau troublé dans son développement, conditions dont 1 ongine est cachée dans les ténèbres de la formation du fœtus. Creux dans les premiers mois de la vie intra-utérine, d'après les recherches de M. Ehischke, et ne se remplissant que plus tard de pulpe nerveuse, les nerfs optiques ne sauraient demeurer étrangers aux révolutions cérébrales ; la rétine ne peut non p us s y soustraire. Outre certaines anomalies susceptibles de se manifester dans le cr.s-
» L'iris n'existe pas dans les premières époques de la formation du globe ; il commence à se faire voir Mi forme d'un cercle bleuâtre très-élrou du momentou la fen.e choroïdale est soudée et la formation des procès ciliaires achevée. (D Ammoo.)
' Voy. encore Annales d'oculisliqite, t. NI, p. 34.