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CHAPITRE II. — TRAITEMENT

vez qu'on se serve, autant que possible, du collyre dans un endroit sombre, et qu'on essuie le tour des yeux immédiatement après son application.

Dans d'autres cas, dont des exemples nombreux se présentent chaque jour à mon observation, c'est la conjonctive oculo-palpébralc qui offre une teinte livide, par suite de l'emploi habituellement très-longtemps prolongé de pommades ou de collyres au nitrate d'argent. Variant d'intensité, depuis le jaune brunâtre jusqu'à la teinte ardoisée, cette coloration est d'un aspect désagréable et bizarre. Nous ne l'avons souvent rencontrée que sur la moitié inférieure du globe et sur la face interne de la paupière inférieure.

M. Frestel , qui s'est livré à quelques recherches sur le phénomène qui nous occupe, a trouvé que, chez la plupart des sujets qu'il a eu l'occasion d'observer, la force du collyre employé avait été de 5 à 15 centigrammes pour 30 grammes d'eau, et que le laps de temps le plus court pour amener cette coloration avait été de dix-sept jours. Nous avons vu cette disposition s'atténuer, mais nous ne l'avons jamais vue s'effacer, quel que fût le laps de temps, dix ou douze années même, après lequel nous ayons observé les malades. Elle datait de trente-neuf années chez un individu dont parle le docteur Frestel ; il se fonde, pour établir que cet homme s'était servi de nitrate d'argent, sur ce qu'il n'avait été atteint qu'une seule fois d'ophthalmie, à l'âge de seize ans , époque à laquelle le collyre dont il avait fait usage noircissait le linge et blanchissait dans l'œil. M. Frestel dit avoir rencontré des cas dans lesquels cette teinte, qui ne faisait que commencer, s'évanouissait par la cessation seule de l'agent médicamenteux. Le collyre à l'iodure de potassium nous a toujours fait défaut dans cette circonstance. J'ai vu, dans le service de M. Follin, à l'hôpital Necker, un malade qui en fit usage, soir et matin, pendant trois mois consécutifs, sans atténuation sensible de la teinte argentique. La dose de l'iodure de potassium avait été graduellement portée à 2 grammes pour 30 grammes d'eau distillée. Le collyre au cyanure de potassium n'a point donné des résultats plus avantageux. M. Dixon paraît avoir été plus heureux avec l'hyposulfite de soude, en usage dans les laboratoires photographiques. Le collyre employé chez un malade, dont la difformité semble avoir été beaucoup palliée, contenait dans le principe 50 centigrammes d'hyposulfite de soude pour 30 grammes d'eau distillée; la dose du sel fut plus tard élevée à 1 gramme , sans donner lieu à des phénomènes inflammatoires.

Bien que ces essais méritent d'être continués, l'on est en droit dépenser que les colorations de ce genre, surtout quand elles sont anciennes et intenses, résisteront a toutes les ressources thérapeutiques, quoi qu'on fasse, car il y a là un tissu organique altéré et combiné avec des produits argentiques dont la véritable composition échappe à l'analyse.

Un collyre de nitrate d'argent, instillé entre les paupières, est en partie décompose par les hquides oculaires et par les larmes surtout, qui contiennent du chlorure de sodium, d'où la formation d'une matière blanchâtre et lactescente qu, provient de la précipitation de l'argent à l'état de chlorure insoluble. Quand on se sert de sohitions concentrées pour cautériser la conjonctive, l'on est généralement dans 1 usage de porter immédiatement sur cette membrane un pinceau

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chargé d'une solution de sel marin , dans le but de neutraliser la portion excédant du caustique.

Le docteur Szokalski a communiqué à l'Académie de médecine de Paris (année 1853) un nouveau mode d'application du nitrate d'argent, usité à Varsovie. Les malades étant couchés sur le dos, on leur pose sur les paupières de petites compresses pliécs en deux, et imbibées d'une solution de 5 grammes d'azotate d'argent pour 30 grammes d'eau; on applique. sur les compresses un tampon de coton, et le tout est fixé avec une bande. Le patient est débarrassé de cet appareil une heure après, cL il pratique sur ses yeux quelques lotions avec de l'eau simple. Des conjonctivites, des kératites même, soumises à cette médication, paraissent avoir été amendées d'une manière notable. Une seule application a, dit-on, suffi dans un grand nombre de circonstances.

sulfate de zinc (vitriol blanc , couperose blanche). — Ce collyre est journellement employé comme astringent contre les conjonctivites et les phlogoses des voies lacrymales.

Les solutions doivent être généralement faibles dans les inflammations aiguës, les solutions fortes tendant plutôt à augmenter qu a amoindrir le mouvement congestif. Nous formulons habituellement, contre les conjonctivites à cette période, 5 centigrammes de sulfate de zinc pour 40 ou 50 grammes de véhicule. La solution pourra être plus énergique pour les inflammations chroniques; nous y ajoutons parfois du laudanum de Sydenham ou de l'alcool camphré.

Plusieurs collyres, devenus populaires, contiennent une quantité plus ou moins considérable de sulfate de zinc.

Le Journal de chimie médicale a donné la formule suivante du -collyre de Bndault : sulfate de zinc, iris de Florence, sucre candi, de chaque, 50 centigrammes; alcool, 15 ou 20 gouttes; eau commune, 100 grammes. On laisse macérer, puis on filtre. Ce collyre est encore connu sous les noms d'eau de la duchesse d'Angoulême, à'eau de f épicier et d'eau de Provence , parce que l'épicier qui la débitait demeurait au coin de la rue de Provence et du faubourg Montmartre.

On prépare Veau d'Alibour avec 12 grammes de sulfate de zinc, 4 grammes de sulfate de cuivre, un demi-gramme de camphre et 24 grammes de safran ; le tout, bien pulvérisé, est placé dans une cruche de grès; on y verse ensuite une pinte d'eau pure. On filtre après vingt-quatre heures de macération. Quelques ouvrages ont publié des doses qui diffèrent de celles qui viennent d'être indiquées. Celles-ci nous ont été communiquées par une personne qui nous a assuré avoir prescrit maintes fois l'eau d'Alibour avec un succès remarquable.

Un habitant de la Martinique m'a beaucoup vanté l'efficacité* d'un collyre qui parait lui avoir procuré de belles guérisons. 11 m'a cité, entre autres faits, l'exemple d'une opbthalmic rebelle, pour laquelle on avait jugé utile l'application d'un séton à la nuque ; ce collyre en fit prompte justice. Un sachet de mousseline, contenant du savon d'Alicante et du sulfaté de zinc concassés, de chaque 30 grammes, est suspendu à l'aide d'un fil dans un vase contenant un litre d'eau. AjîrêS vingt-quatre heures de macération , on retire le sachet et l'on filtre la liqueur à travers un linge fin. Le liquide, qui est jaunâtre, est soutiré plus tard; il est alors devenu limpide. Ce collyre détermine une cuisson vive. H causerait

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