‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 66 sur 501 · CHAPITRE II. — TRAITEMENT. M'A · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — TRAITEMENT. M'A

mousse, sera insinué entre les deux bords de la commissure externe des voiles palpébrâùx; on le dirige légèrement ensuite vers la rainure oculo-pàlpébrale supérieure, après quoi on pousse le piston. Le liquide médicamenteux vient ainsi largement baigner toute la surface des tissus malades, pénètre entre leurs interstices et entraîne les mucosités qu'il rencontre. On peut encore pratiquer ces injections avec une bouteille de gomme élastique, au goulot de laquelle on adapte une canule en os ou en caoutchouc. On commence par produire Je vide dans la bouteille en la comprimant; la canule, ayant été plongée dans je vase qui contient le liquide de l'injection, celui-ci ne tarde pas à remplir la bouteille. La canule est alors insinuée entre les paupières, et la compression produite avec la main fait refluer le liquide vers l'œil.

Il faudra éviter de froisser le globe pendant ces manœuvres , qui seront confiées à une personne intelligente; on s'assurera, au préalable, si l'instrument est de bonne qualité; se sert-on d'une seringue, le piston devra y glisser avec liberté etsans efforts. On a dit que le choc du jet de liquide sur la cornée était susceptible d'y causer une vul nérati on grave ; nous verrons en parlant des douches oculaires que cette opinion n'a rien de fondé. Dans d'autres circonstances enfin, les collyres sont injectés dans le sac, soit par les points lacrymaux avec la seringue d'Anèl, soit par une fistule établie à travers les parois antérieures de ce réservoir.

Dès qu'un collyre aura été appliqué, on en favorisera l'action en invitant le malade a tenir les yeux quelque temps fermés. Il se garantira soigneusement du contact de l'air froid et des courants d'air, jusqu'à ce que l'humidité ait disparu.

La masse du collyre que le praticien doit formuler sera variable suivant l'usage qu on lui assigne. Elle sera de 10 grammes environ si l'on prescrit d'en introduire deux ou trois fois par jour quelques gouttes entre les paupières (collyre de sulfate d atropine); de 30 grammes, si les instillations doivent être plus larges

%P^7T^f eu (C0,lFe de "itrate d'ai°ent); de 60 à 100 grammes, s il s agit de lotions (collyres de sulfate de zinc, de borax, etc.); de 200 à 250

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§ 1. — Des principales substances qui constituent la base des collyres.

nitrate ou azotate d'aiigent. — Cet agent est le remède souverain des membranes muqueuses atteintes d'un surcroît de sécrétion, comme le démontrent les services qu'il rend dans les phlegmasies de l'urètre, du vagin, des fosses nasales, etc. Tels ont été les succès qu'on en a obtenus dans beaucoup de maux d'yeux que bien des praticiens, peu versés dans les connaissances ophtalmologiques, considèrent le collyre au nitrate d'argent comme une panacée universelle propre à guérir toutes les ophthalmies.

La théorie généralement accréditée, c'est que le collyre au nitrate d'argent, comme tous les collyres irritants, agit comme substitutif, c'est-à-dire modifie les tissus de telle sorte qu'une inflammation de nouvelle nature, une inflammation thérapeutique, susceptible de guérir par les seules forces de la nature, vient remplacer une inflammation morbide. Bien que le mode d'influence intime que les substances pharmacologiques exercent sur nos tissus soit presque toujours d'une interprétation fort épineuse, l'explication précédemment produite satisfait l'esprit, et nous ne voyons rien de mieux que de l'adopter.

On peut établir en principe que les conjonctivites, qu'elles soient faibles ou purulentes, qu'elles atteignent les enfants ou les adultes, sont les seules inflammations oculaires qui militent pour l'emploi du collyre au nitrate d'argent. Quand ce sel est administré sous forme liquide, c'est le nitrate cristallisé dont il faut toujours se servir. Un collyre de 5 à 10 centigrammes de cette substance pour 30 grammes d'eau distillée est journellement prescrit avec avantage dans les inflammations modérées de la conjonctive oculaire ou palpébrale; S centigrammes suffisent même le plus habituellement. La dose doit être plus élevée dans les ophthalmies purulentes, soit que les solutions soient instillées entre les paupières, soit qu'on les porte, à titre de caustique, sur la face interne des voiles palpébraux. 11 y a d'ailleurs avantage, dans les ophthalmo-blennorrhées, à avoir alternativement recours à des solutions fortes et à d'autres peu énergiques.

Les yeux sont-ils souillés par une grande masse de matières muqueuses , il est opportun, avant l'emploi du remède, de les nettoyer avec de l'eau simple. Le mucus , sans cette précaution , pourrait se trouver à peu près seul en contact avec le médicament, lequel resterait dès lors presque sans action sur les surfaces phlogosées.

Le collyre sera conservé dans un flacon de verre bleu ou noir, bien bouché, ou dans une fiole entourée d'un papier foncé, afin qu'il ne soit pas décomposé par l'impression de la lumière. 11 faut se souvenir aussi que les solutions de ce genre teignent en noir la peau 1 et les linges mis en contact avec elles. Cette coloration du tégument cutané causerait parfois, surtout chez les femmes, un certain mécontentement, si elles n'en étaient pas prévenues. Pour l'éviter, prescri-

1 Nous avons souvent enlevé des taches produites à la peau par des solutions concentrées de nitrate d'argent, en les couvrant de teinture d'iode et en les frictionnant ensuite fortement avec un linge imprégné d'ammoniaque,

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