‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 73 sur 501 · CHAPITRE II. - TRAITEMENT. |Cl · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. - TRAITEMENT. |Cl

cade portée directement dans l'œil; nous en avons généralement été assez satisfait pour regretter que cet agent ne fût pas plus répandu dans la pratique oculaire. Les ulcérations palpébrales, associées à de vieilles bléphariles ciliairos, trouvent dans l'huile de cade un expédient qui favorise leur cicatrisation. La fille d'un professeur de la faculté de Montpellier, dont parle Cimier, était affligée d 'ulcérations de ce genre, qui s'étaient monlrécs rebelles à plusieurs traitements proscrits par Dugùs, par Lallemand et par lui-même. L'huile de cade, qui fut appliquée pendant quelques jours, amena la guérison.

térébenthine. La formule qu'a publiée le professeur Laugier, au tome XXX du Bulletin de thérapeutique, indique 20 grammes de térébenthine de Venise ci 10 grammes d'essence de térébenthine. On fait chauffer lentement la térébenthine dans un mortier de marbre ; quand elle est devenue fluide, on y ajoute l'essence par petites doses. On instille, matin et soir, trois ou quatre gouttes de ce collyre entre les paupières.

M. Laugier annonce qu'il n'est point un individu qui ne se soit loué de ce remède. Quelques-uns l'ont pressé d'y revenir quand il en interrompait l'emploi. Chez un malade affecté depuis longtemps de kératite et de taies, quinze jours suffirent pour diminuer les opacités et pour fournir à la vision une amélioration notable.

§ 3.— Liquides divers employés en collyres.

Dans les conjonctivites subaiguës et chroniques, nous prescrivons souvent comme astringent léger l'infusion de thé noir. Chez quelques-uns, les collyres salins exaspèrent les accidents phlegmasiques, tandis que le collyre de thé procure un soulagement notable. Un ambassadeur dont parle Demours était affecté dun larmoiement qui, après avoir résisté à un grand nombre de moyens s'évanouit sous l'influence de lotions faites avec ce liquide.

Nous employons fréquemment l'eau de cerfeuil dont les propriétés seront exposées a l'article 3. Quelques-uns conseillent l'eau de mélilot.

L'infusion de fleurs de sureau est un excellent résolutif, que nous additionnons souvent de 2 à 6 grammes d'extrait de Saturne pour 125 grammes de lipide, mélange que nous prescrivons avec avantage dans les conjonctivites purulentes quand les paupières notamment sont le siège d'un boursouflement considérable.

Le collyre formé d'acide sulfurique et d'eau est désigné par Eble sous le nom a aqua acidula ; Vaqua styplica du même auteur résulte d'un mélange d'eau de ■oulard et d alcool camphré. 11 se loue de l'application de ces moyens dans les

Ssiln T^T' LCjUS dC dtron> étendu d'eau> Paraîl dément avoir, iciibsj oans des cas de ce genre.

Les lotions avec une décoction de feuilles de noyer nous ont plus particidière- |-t reudu service dans les larmoiements chroniques et les éLJÏZ-

Dans les phlogoses oculaires accompagnées de douleurs, je conseille souvent des fomentations ayeeun mélange d'eau, d'eau dis.illée de iauricr-eerise eX-

162 UVIlli 1. — CONSIDKUATIONS GKNBHALKS.

trait gommeux d'opium, lequel peut être remplacé par le laudanum de Rousseau. La belladone et la jusquiame, qu'on fait bouillir pendant quelques minutes dans quantité suffisante d'eau ( 15 grammes de parties égales de leurs feuilles pour 250 grammes d'eau) sont encore avantageusement employées à titre de fomentations calmantes. Nous en dirons autant de celles qu'on pratique avec une infusion chaude de fleurs de camomille. Quelques malades se trouvent bien des fomentations avec du lait tiède. Elles doivent être renouvelées souvent , de peur que le laitue s'aigrisse.

Une solution de teinture d'arnica (une cuillerée à café de celle-ci pour un verre d'eau froide) s'est montrée fort eflicace dans les ecchymoses des paupières, dans les infiltrations sanguines sous-conjonctivales , et, en général, dans toutes les ophthalmies traumatiques.

D'autres collyres, comme ceux de sulfate de cadmium , de cyanure de mercure, d'huile de noix, etc., seront classés d'après les spécialités morbides auxquelles ils se rapportent.

Article 2 — Douches oculaires.

L'emploi de ce moyen est loin diêtre nouveau dans la thérapeutique des affections ophthalmiques. Beer et Himly ont parlé d'appareils destinés à son application. M. Hammelrath a vu les douches en usage contre l'ophthalmie des nouveau-nés, dans les maternités de Prague, de Berlin, de Pesth, de Philadelphie, etc. l. L'instrument dont je trouve la description dans la seconde édition du Traité des maladies des yeux, de Jiingken( Berlin, 1836) , consiste dans un tube à baromètre dont la portion supérieure, ouverte, se recourbe dans utile longueur de six pouces ; le bout inférieur, qui n'est recourbé 'que dans une longueur de deux pouces, est effilé, de telle sorte qu'il se termine par un orifice presque capillaire. La partie supérieure du tube ayant été plongée dans un vase rempli d'eau, on exerce, vers le bout inférieur , une aspiration suffisante pour que le liquide s'échappe en jet par l'ouverture capillaire; le malade place l'œil au-dessus de ce jet, aune distance plus ou moins considérable. Un appareil, plus simple encore, et qui est installé depuis longues années dans plusieurs établissements ophthalmiques d'Allemagne, présente un réservoir en fer-blanc, adapté à un mur, et d'où part un long tube vertical qui se recourbe vers son extrémité inférieure. L'eau est retenue ou sort à volonté, à la faveur d 'un robinet placé à une certaine distance de l'ouverture inférieure. Les malades peuvent ainsi s'administrer eux-mêmes la douche à leur gré et en régler la force comme ils le désirent.

De tous les praticiens français, M .Chassaignac est bien certainement celui qui a le plus préconisé les douches oculaires, qu'il emploie dans presque toutes les affections ophthalmiques : conjonctivites aiguës et chroniques, kératites de toutes formes, irilis idiopalhique ou syphilitique, amauroscs, blépharites , etc. Dans son service, à l'hôpital Lariboisière, on suspend aux barreaux supérieurs

i Annales d'oculisliqnc, l. XV! II, p. $81 1

Page 1