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CHAPITRE li. — TRAITEMENT

calibres, pour le cathétérisme du canal nasal, des aiguilles courbes à suture de petites dimensions, des épingles dites de Carlsbad , quelques serre-fine et la trousse du chirurgien, dans laquelle on trouvera des lancettes, une pince anatomique, un crayon de pierre infernale, etc., on sera à même de mettre à exécution la très-grande partie des opérations que nous recommandons plus particulièrement dans cet ouvrage.

Article 3. — Position du malade et de l'opérateur. — Choix des aides.

Dans les cas les plus ordinaires, la situation la plus convenable à donner au patient consiste à le faire asseoir près d'une fenêtre, sur une chaise ou sur un tabouret solide et de moyenne hauteur. En Angleterre , on emploie en général un tabouret de musicien, dont la hauteur peut être variée à volonté en tournant le siège à droite ou à gauche, ce qui fait ou monter ou descendre la vis qui le supporte (Samuel Cooper). Le chirurgien s'établit .sur un siège plus élevé en face du malade, et de telle sorte que les yeux de celui-ci répondent à la partie supérieure de la poitrine de l'opérateur; il n'est pas ainsi contraint de tenir les bras élevés, attitude forcée qui gênerait la liberté de leurs mouvements. Les extrémités inférieures du patient seront placées entre celles de l'opérateur et assujetties par les genoux de ce dernier. Un aide, debout derrière le malade, en contiendra la tête contre sa poitrine; quand on agit sur le globe, le même aide aura en outre pour fonctions , tantôt de soulever la paupière supérieure et de la fixer solidement contre l'arc orbitaire correspondant, tantôt d'élever la paupière supérieure et d'abaisser l'inférieure. Si les téguments sont enduits d'une matière grasse et onctueuse qui les fait glisser sous la main de l'aide, il devra la garnir d'un morceau de linge sec. Quelques oculistes veulent, dans celte circonstance, que l'aide se frotte les doigts avec de la craie. Ces précautions deviendraient superflues, si ce dernier fixait les voiles palpébraux avec les crochets destinés à cet usage.

11 est quelquefois plus convenable d'opérer le malade au lit. 11 sera prudent de procéder suivant ce mode lorsque, chez des sujets pusillanimes, on aura une syncope à redouter. Dans d'autres cas, l'opération ayant été commencée dans la position précédemment indiquée, on ne peut la terminer qu'après avoir fait coucher le patient.

Un seul aide suffit à la rigueur pour la plupart des opérations ophthalmiques. Le chirurgien devra pouvoir compter sur son adresse, sur son sang-froid et sur sofl attention; il est utile qu'il connaisse lui-même la manœuvre dont il est appelé a seconder l'exécution; ses doigts devront être assez déliés pour ne pas gê W» 1" jeu des instrumenta. Les machines les plus ingénieuses ne remplaceront jamais une assistance intelligente. Quelques opérations exigent l'intervention de deux aides. Il en faut rarement un plus grand nombre.

Article 4. — Pansement. — Traitement consécutif.

Les pansements doivent être en harmonie avec la délicatesse de l'organe sur lequel on les applique. Les linges enduits do cérat, les plumasseaux de charpie, les tours de bande multipliés ne seront que très-rarement admis dans la pratique ophthalmologïque; la chaleur qu'entretient un tel appareil, et la stagnation du mucus et des larmes qui en résulte ne peuvent que seconder les progrès de l'inflammation traumatique après les opérations sur le bulbe. Un bandeau de toile, échancré à l'endroit du nez, et qu'on attache sur la région occipitale avec des épingles, est souvent employé pour protéger les deux yeux. S'agit-il d'un seul de ces organes, il suffira fréquemment d'une simple bande ou d'une compresse longuette traversant obliquement la partie malade, et qu'on fixe au sinciput. On se contentera, dans un grand nombre de cas, d'un linge qu'on assujettit au-devant du front et qu'on laisse flotter vis-à-vis de l'organe.

A la 6uite de certaines opérations, de l'extraction de la cataracte, par exemple, l'œil sera bien plus efficacement tenu dans l'occlusion par des bandelettes de taffetas d'Angleterre. On doit fréquemment étendre cette précaution à l'œil sain, afin d'empêcher dans ce dernier des mouvements qui se communiqueraient à son congénère. Les bandelettes auront une largeur de 5 ou 6 millimètres et une longueur de 3 centimètres environ. Quelques opérateurs appliquent une grande quantité de bandelettes qui s'entre-croisent, trois, par exemple, situées verticalement, et trois autres horizontalement, deux de celles-ci reposant au-dessus de la fente palpébrale , et la troisième au-dessous. 11 m'a généralement suffi d'en employer deux, que je croise -sur la partie moyenne des voiles palpébraux. Poulies placer, on prescrit au malade de fermer les paupières, puis on colle de haut en bas, et à la paupière supérieure, la première moitié de la pièce agglutinative, en usant d'une pression modérée; ce n'est que quand elle adhère en haut qu'on achève l'application sur le voile opposé et sur la joue. Si l'on négligeait ces précautions , la bandelette se plisserait et ne procurerait qu'une occlusion incomplète.

Les dangers des suppurations aux paupières , d'où peuvent naître des cicatrices difformes et des raccourcissements préjudiciables à l'organe que ces tulamina sont destinés à garantir, nous imposent l'obligation de provoquer autant que possible l'adhésion immédiate des plaies produites accidentellement ou artificiellement à la surface externe de ces voiles. On atteint ce but par dos bandej Jettes agglutinatives, par la suture ou par l'application d'une ou de plusieui serre-fine , sous l'influence desquelles les bords des solutions de continuité sont exactement accolés par suite de la pression continue qui les rapproche.

Au début de ma pratique ophthalmologique, j'ai parfois remarqué que les cicatrices consécutives à la résection partielle du tégument palpébral externe, opération entreprise pour remédier à l'cntropion, étaient pourvues d'une coloration bleue très-prononcée, bien que linéaires et nettes. Quelques essais ultérieurs m'ont laissé la conviction que ce phénomène dépendait de la couleur noire du

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