‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 96 sur 501 · CHAPITRE I. — OBHTHALItflES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — OBHTHALItflES

Cette membrane peut être frappée de sphacèle et se détacher de toutes pièces. 0» a dit encore cpie le virus purulent de quelques ophthalmo-blennorrhées était susceptible d'agir par endosmose surjes tissus internes de l'œil.

caractères physiologiques.— Parmi les troubles fonctionnels qui s'associent à la conjonctivite oculo-palpébrale , les modifications de quantité et de qualité de la sécrétion muqueuse méritent d'occuper Je premier rang.

On peut admettre, sauf quelques exceptions' rares, que l'abondance du mucus sécrété est en raison directe de l'intensité de la phlegmasie. Peu copieux dans les conjonctivites faibles, inégalement répandu, dans ce cas, sur la surface du tissu phlogosé, et partiellement charrié avec les larmes vers le grand angle, il devient d'une telle abondance, dans les conditions opposées, qu'il coule au dehors de l'œil et se répand sur les parties cutanées voisines, qui en sont rougies et excoriées. Vient-on à comprimer les paupières, ou à les éloigner l'une de l'autre, soudain un flot de matières afflue vers l'écartement interpalpébral. Souvent, dans les conjonctivites, l'écoulement fourni par la membrane phlogosée est arrêté par les cils et se concrète aux bords palpébraux, qui s'agglutinent entre eux pendant le sommeil ; les croûtes flavescentes qui en résultent se détachent avec facilité sous l'influence de leur contact avec quelque liquide, et les yeux ne s'ouvrent fréquemment qu'après le ramollissement de ces plaques. Clair et visqueux dans les conjonctivites très-légères, plus épais dans les degrés plus élevés de ces inflammations, il devient puriforme et d'un jaune citron dans les hyperphlogoses conjonctivales.

Quelques conjonctivites, aiguës ou chroniques, sont signalées par un arrêt presque complet de la sécrétion lacrymale, d'où une sensation de sécheresse dans l'organe affecté. C'est ce qu'on a désigné sous les noms de xéroma et de œérophthalmie, qu'il ne faut pas confondre avec le xérosis dont il sera question plus tard. Telles sont encore les ophthalmies sèches des anciens auteurs.

La conjonctivite oculo-palpébrale est accompagnée d'une démangeaison et d'une cuisson plus ou moins vives; une véritable douleur ne se manifeste généralement que quand l'inflammation est pourvue d'une grande véhémence. Le sentiment de gravier, si communément accusé par les malades, et qui a été attribué à la présence de grumeaux de mucus concrété, me paraît dériver plutôt du frottement des paupières contre des vaisseaux distendus par le sang. C'est par cette sensation particulière que débutent un grand nombre de conjonctivites; souvent même des malades viennent .nous demander l'extraction d'un corps étranger qu'ils s'imaginent arrêté entre l'œil et les voiles palpébraux.

La conjonctivite pure et simple est exempte de pbotophobie. Quand elle en est accompagnée, ce qui est fréquent, il faut admettre qu'au travail phlegmasique externe s'est ajoutée une hypérémie interne de l'organe. Une zone vasculaire radiée, côtoyant sur la région scléroticale le contour de la cornée, est l'une des manifestations les plus fréquentes de la propagation de la congestion aux tissus profonds de l'œil. C'est également à une congestion interne qu'il faut attribuer l'apparition passagère, et à l'obscurité surtout, de scotomes lumineux parfois accusés par les malades.

Les symptômes de l'opbthalmie catarrhale s'exaspèrent habituellement à la

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tombée de la nuit. La conjonctive devient alors plus rouge et sécrète un mucus plus abondant; l'organe est le siège d'une cbaleur plus intense; le malade éprouve de la pesanteur dans les paupières et de la difficulté à les tenir ouvertes. Plusieurs sujets, qui supportaient aisément l'éclat du jour, sont fatigués par celui des lumières artificielles. Le phénomène du trouble de la vue, plus considérable le soir que dans le reste de la journée, a été expliqué par l'épanouissement d'une couche de sécrétion muqueuse sur la surface de la cornée, dont elle altère la diapbanéité, comme le font, à l'égard d'un cristal ou d'une glace, les impuretés qui viennent se coller à sa surface. Le clignotement auquel les malades sont plus ou moins enclins , dans celte circonstance, éclaircit la vue en nettoyant la cornée balayée par le jeu des paupières. Cette détérioration des perceptions visuelles a encore été théoriquement attribuée à une irritation et à une tension passagères du feuillet épilhélial de la cornée, d'où une altération légère et momentanée dans sa transparence.

Il peut arriver que les membranes muqueuses environnantes s'associent à la souffrance de la conjonctive : parfois, par exemple, le malade accuse une pesanteur ou des élancements douloureux dans la région des sinus frontaux. Nous avons vu la conjonctivite exister avec un coryza, une bronchite, une diarrhée, alterner avec ces affections ou leur succéder. Quelques sujets ont de la fièvre, du frisson, de l'embarras gastrique, de l'inappétence.

marche, durée, terminaisons. — La marche des inflammations conjonctivales est essentiellement variable suivant les idosyncrasies, la valeur des médications mises en jeu, les précautions prises par les malades, les influences auxquelles ils sont soumis. L'ophthalmie catarrhale, qui se termine quelquefois par résolution, sans aucun traitement, peut durer quelques jours, une ou deux semaines, passer à l'état subaigu ou chronique, ou aboutir, dans les formes purulentes, à des désordres déjà mentionnés. Dans les ophthalmo-blennorrhées graves, qui atteignent les deux yeux, l'un d'eux semble parfois se charger des accidents les plus sérieux, et il se perd seul, tenant, en quelque sorte, lieu d'exutoire à l'autre.

Conjonctivite chronique. — Elle offre les symptômes anatomiques et physiologiques de la conjonctivite aiguë, si ce n'est qu'ils ont une intensité généralement moindre. L'atonie des vaisseaux conjonctivaux, qui sillonnent la face interne des paupières et le devant du globe, en constitue le trait caractéristique. A leur turgescence se joint celle des vaisseaux qui rampent dans le tissu cellulaire sous-conjonctival. D'un fort calibre^ d'un rouge violacé sombre, tortueux, donnant lieu à des ramifications festonnées, ils naissent, par de gros troncs va* riqueux, vers le sillon oculo-palpébral et s'anastomosent souvent en grandes arcades à quelques millimètres, de la cornée. Parfois encore, les vaseularités s'étendent en nombre plus ou moins considérable au delà du limbe du miroir, sur lequel, en devenant confluentes, elles peuvent créer un certain degré de kératite, dite panniforme. Chez plusieurs malades, les bords palpébraux sont rouges, excoriés, altérations susceptibles de gagner le tégument externe, au delà des cils.

Les phlcgmasies conjonctivales, devenues habituelles chez certains sujets, sont susceptibles de s'exaspérer, de temps à autre, parla moindre excitation de

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