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CHAPITRE I. — OPUTHALMIES

l'organe. Plusieurs éprouvent de la chaleur aux yeux après les repas. Ces inflammations, que je vois journellement associées à un certain degré de relâchement du tissu conjonctival, persistent souvent dans le même état des années entières ou pendant toute la vie, quelle que soit refficacité des ressources dirigées contre elles. Toutefois, la chronicité de l'affection n'est que trop fréquemment liée à la persistance de la cause qui l'a engendrée et à laquelle les malades continuent à rester soumis.

diagnostic différentiel.— Que la coii jonetivite, dite catarrhale, soit simple ou puro-muqucuse, qu'elle soit aiguë ou chronique, on ne doit pas la confondre avec la forme maligne et essentiellement contagieuse dont il sera question à l'article 3. L'élément granuleux, les élevures palpéhrales, désignées sous le nom de granulations, en constituent le caractère différentiel pathognomoriique.

Il faut se souvenir que la conjonctivite se complique fréquemment d'un certain trouble de la vision qui, habituellement, avons-nous dit, s'exaspère le soir. On doit donc éviter de la confondre avec une amblyopie, ce crue j'ai vu arriver à quelques praticiens, dans des cas chroniques et souvent d'une appréciation difficile. C'est ainsi que plusieurs malades accusent de la lassitude oculaire (kopiopie), quand ils appliquent quelque temps leurs yeux sur des objets dont la contemplation demande des efforts de vision. Il en est qui se plaignent d'apercevoir des mouches, des globules, des auréoles, des cercles irisés, phénomènes souvent liés à un dépôt momentané de mucus et de larmes à la surface de la cornée (spectre muco-Iacrymal). Parfois la flamme d'une bougie semble divisée comme les rayons d'une étoile. Les contractions spasmodiques des voiles palpébraux, les névralgies circumorbitaires, le tremblotement partiel, désigné sous le nom de souris, ne sont pas rares dans la conjonctivite chronique.

étiologie. La conjonctivite oculo-palpébrale reconnaît fort souvent pour causes le passage brusque du chaud au froid, surtout si ce dernier est accompagné de brouillard, de pluie ou déneige, l'impression d'un courant d'air, quelques' conditions particulières de l'atmosphère, les influences,en un mot,qui engendrent le plus communément les phlegmasies des membranes muqueuses. Lawrence fait remarquer que certains vents, et plus particulièrement les vents d'est et du nord, sont plus aptes que d'autres, indépendamment du degré ie température, à engendrer l'inflammation de l'œil. Très-fréquemment, surtout au printemps et en automne, les phlegmasies conjonctivales sévissent sur un grand nombre d'individus soumis aux mêmes conditions, et atteignent indistinctement les personnes de tout âge et de tout sexe. Les épidémies d'ophthalmie, que l'on désigne dans quelques localités, sous le nom de cocote, ne sont autre chose que des épidémies de conjonctivite catarrhale. M. Piorry rapporte qu'une affection de ce genre se renouvela, plusieurs fois de suite, sur les détenus d'une maison de force, sous 1 influence du blanchiment des murs. J'ai donné des soins à une dame qui en fut atteinte, après qu'on lui eût moulé la figure avec du plâtre. Le somme,., pendant la nuit, en plein air ou dans une maison nouvellement construite n coupe de cheveux ou la chute de ceux-ci, dans la convalescence d u,, Kuhe, sont susceptibles d'engendrer une conjonctivite. L'habitude de s, [aV0r yeux au sortir du ht, avec de l'eau froide, jr prédisposerait, d'après Bee,

maies

Toutes les causes capables de susciter îles hypérémics cérébro-oculaires peuvent donner lieu aux pblegmasies conjonctivalcs. Nous citerons la suppression d'une hémorrrhagie habituelle, les constipations opiniâtres, l'hypertrophie du cœur, les excès de table, l'abus des liqueurs alcooliques, le séjour prolongé dans un appartement fortement chauffé, etc. Nous mentionnerons encore les efforts immodérés de vision, surtout aux lumières artificielles, l'excitation des yeux par un soleil ardent ou par un feu très-vif (verriers, porcelainiers, etc.), les voyages dans des lieux sablonneux, notamment pendant les chaleurs de l'été, les contusions, la présence de corps étrangers, l'introversion des cils, etc.

Conjonctivites dermatosiques (conjonctivites exanthéinatiques de quelques auteurs).— On a désigné sous la dénomination d'ophlhalinies dermatosiques (0/3/1thalmiœ ab inflammatione cutis) certaines pblegmasies oculaires qui viennent s'allier à des affections de la peau, de même que des inflammations à la bouche, à la gorge, aux fosses nasales, sont susceptibles de se développer dans ces mêmes affections. L'éruption, qui apparaît aux téguments dans la rougeole, dans la scarlatine, dans la variole, etc., devant être plutôt considérée comme une crise d'une maladie générale que comme une simple lésion du tissu cutané, il est tout naturel qu'elle retentisse également sur la conjonctive, appendice de ce dernier système; dans d'autres circonstances, la muqueuse oculaire ne semble attaquée que par la propagation à son tissu d'une irritation du derme.

Les ophthalmies, qui compliquent la rougeole et la scarlatine (ophthalmies morbilleuse et scarlatineuse), figurent dans le cortège initial de ces exanthèmes, et, d'ordinaire même, surgissent avant l'apparition de la rubéfaction cutanée. Ce sont des conjonctivites d'intensité sujette à varier, avec sécrétion plus ou moins abondante de mucus et de larmes. Elles sont presque constamment accompagnées de photophobie. Il est aisé de comprendre qu'elles peuvent se compliquer d'une injection radiée périkératique, de phlyctènes, de pustules, et devenir le point de départ de kératite et d'autres accidents plus ou moins graves. M. Mackenzie fait observer que, comme la peau n'est guère que le siège d'une congestion vasculaire, dans la rougeole et dans la scarlatine, la conjonctive ne doit d'ordinaire manifester dans ces cas qu'une rougeur plus ou moins prononcée, tandis que, dans la variole, les phlogoses oculaires doivent être plus pénétrantes et plus sérieuses. Les ophthalmies morbilleuse et scarlatineuse persistent quelquefois après la cessation de la maladie cutanée. L'infiltration du tissu cellulo-adipeux de l'orbite, comme conséquence de la scarlatine, sera plus tard l'objet d'une mention spéciale.

Les débuts de la variole montrent toujours un certain degré de conjonctivite. Plus tard, dans la variole confluente, les paupières sont tellement tuméfiées, les berds de ces voiles sont tellement agglutinés par les sécrétions Oculaires, par la suppuration et la dessiccation des pustules, que -le globe ne peut plus être exploré. Fréquemment, au milieu de ces orages, il conserve son intégrité normale, le sujet, momentanément aveugle, récupérant la vue quand les paupières ont reconquis la liberté de leurs mouvements. Dans d'autres cas, la cornée pi-end une part importante aux désordres (kératite varioleuse). Un grand nombre de

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