LIVRE III. CHAPITRE II
pères, que serait-ce au moment d’une crise, lorsque toutes les réalisations sont à la fois plus difficiles et moins productives?
En tout cas et quoi qu’il fasse, le banquier est toujours, jusqu’à un certain point, solidaire de ceux dans les mains desquels il a placé des capitaux. Il doit donc se tenir exactement renseigné sur leurs affaires, s’y intéresser et apprendre à tenir compte des qualités morales et intellectuelles qui donnent de la sécurité et de l’aisance aux relations commerciales. La science des principes sert à indiquer le danger qu’il importe de connaître; chacun ensuite s’en tient plus ou moins éloigné, selon ses inclinations particulières. Chacun apporte, dans l’exercice de la banque aussi bien que dans les autres affaires, son caractère propre : l’un est prudent jusqu’à la timidité, l’autre hardi jusqu’à l’imprudence : le premier ne veut que des affaires sûres, le second veut, même au prix de quelques risques, des affaires abondantes; celui-ci tient à réaliser de gros bénéfices et cherche à couvrir les pertes par un redoublement d’activité , celui-là se contente d’un bénéfice médiocre pour rester exempt d’inquiétudes : et les événements sourient tantôt à l’une, tantôt à l’autre conduite, sans qu’il soit possible de formuler des préceptes d’une application certaine et constante. On peut exposer les principes, indiquer les lois ordinaires du mouvement des affaires, mais ce qui est d'application, l’art du banquier proprement dit ressemble aux autres arts et ne s’enseigne point.