‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 13 sur 328 · LES CAPITAUX · texte numérisé non relu

LES CAPITAUX

Dans le langage scientifique, le mot Capital suppose une notion immatérielle, l’idée d’une somme de valeurs qui peut changer de forme sans périr, et complètement indépendante des substitutions qui peuvent être opérées dans le catalogue des objets dont les valeurs particulières, ajoutées les unes aux autres, forment cette somme.

Dans les affaires, le mot Capital, employé au pluriel, prend une signification plus restreinte, et désigne seulement les capitaux évalués en monnaie. On a supposé, comme nous l’avons dit, que la monnaie était une mesure, qu'elle avait une valeur fixe; puis on a comparé à cette mesure diverses marchandises, on les a évaluées en monnaie par la vente. Ensuite on a supposé que les sommes évaluées, soit qu’elles existassent réellement sous forme de monnaie, ou sous toute autre forme; soit qu’elles fussent en la possession du propriétaire ou autrement, restaient égales à elles-mêmes, sans variation. Ces suppositions, qui forment tout un système de fictions légales nécessaires, donnent lieu à quelques erreurs assez répandues.

Ainsi, l’on considère souvent comme synonymes les mots Capitaux et Monnaies, comme s’il n’y avait d’autres capitaux que ceux qui existent actuellement en monnaie, parce que dans le mouvement des affaires, tous les capitaux viennent se comparer à la mesure commune, chaque fois qu’ils passent d’une main à l’autre. On ne prend pas garde que lorsqu’ils prennent la forme de monnaie, ils la gardent peu de temps et que, le plus souvent, évalués en monnaie sans en prendre la forme, ils passent de main en main jusqu’à la consommation. On dit par métaphore que l’argent est « rare, cher ou à bon marché, » comme on dit par métaphore « manger de l’argent;» il serait plus exact de dire « les capitaux sont rares, chers ou à bon marché. » Des banquiers même emploient quelquefois cette façon de s’exprimer, sans

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