CHAPITRE VII
Outre les banques de toute sorte que nous avons énumérées jusqu’ici et qui existent à des conditions diverses et plus ou moins nombreuses dans presque toutes les localités des pays civilisés, il en existe d’autres qui n’ont pu se fonder jusqu’àce jour quedans les grands centres d’affaires et de spéculation, particulièrement à Paris et à Londres : ce sont les banques spéciales de placement, leurs fonctions consistent à recevoir en dépôt d’une part des fonds destinés à être placés en rentes ou effets publics, en valeurs industrielles, et d’autre part des inscriptions de rente, actions et autres titres destinés à être vendus.
Le banquier qui se livre aux opérations de cette sorte est strictement commissionnaire. Il achète ou vend pour le compte d’autrui, moyennant une commission convenue, et n’a point d’ailleurs à remplir d’autre engagement que celui de rendre compte des fonds ou des titres qui lui ont été confiés. Les capitalistes s’adressent à lui parce qu’ils savent que, plus habitué qu’eux aux achats et aux ventes de titres, et à l’appréciation des valeurs qui se cotent à la Bourse, il saura mieux qu’eux choisir celles de ces valeurs qu’il convient d’acheter ou de vendre ou, s’ils ont fait leur choix, exécuter mieux qu’eux les ordres d'achat ou de vente.
En se bornant à leurs fonctions régulières, ces banques peuvent réaliser de beaux bénéfices. Grâce à la concentration des affaires de placement sur quelques grands marchés, les titres divers et si nombreux qui s’y négocient ne sont guère connus des capitalistes, et ceux-ci se trouvent en grand nombre sur ces marchés où on est parvenu à faire affluer presque tous les capi-