SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE CR.ÉD MOBILIER
être représentées pour leur montant total par des effets publics, actions et obligations existant en portefeuille. — Elles ne pourront être créées payables à moins de quarante-cinq jours d’échéance ou de vue.
Art. 8. — Le montant cumulé des sommes reçues en compte courant et des obligations créées à moins d'un an de terme ne pourra dépasser le double du capital réalisé.
Ainsi les opérations de cette Société sont spécialement celles de la banque de placement et de spéculation, connue sous le nom de a haute banque. » Toutefois, la Société de crédit mobilier se distingue des maisons de ce genre par quelques traits assez remarquables. En premier lieu, elle s’interdit les opérations sur marchandises, de manière à ne pouvoir, comme les maisons placées sous la direction d’un seul homme, se retirer du commerce des titres pour se porter brusquement dans le commerce des marchandises, et le décret du 18 novembre lui interdit les emprunts étrangers, à moins qu’elle n’en ait obtenu la permission expresse du gouvernement. Par ces conditions même, la Société du crédit mobilier se trouve engagée à jamais dans les titres divers qui se négocient à la Bourse et plus spécialement dans les titres français. Quant à la commandite industrielle dont on a parlé quelquefois, elle ne rentre en aucune façon dans les attributions de la Société, à moins que l’on ne considère comme commandite l’émission et la négociation des titres d’une association industrielle.
Cette Société se distingue aussi des maisons particulières de haute banque par la faculté qui lui est accordée d’émettre, pour une somme égale à celle employée aux souscriptions et acquisitions de titres, ses propres obligations, aujourd’hui jusqu’à une somme égale à cinq fois le capital réalisé, et plus tard jusqu’à dix fois ce capital. Ainsi aujourd’hui la Société peut émettre des obligations jusqu’à concurrence de 150 millions, et dès qu’elle aura réalisé son capital, ces émissions pourront être portées à 600 millions. En d'autres termes , elle est autorisée à emprunter au public, actuellement 150 millions, et plus tard 600 millions, de manière à acquérir par ce moyen une puissance financière égale à celle des maisons particulières les plus puissantes.
La Société de crédit mobilier existe depuis trop peu de temps pour qu’il soit possible de l’apprécier. Dans le champ immense que ses statuts ouvrent devant elle, il est facile de faire à volonté le bien ou le mal, d’opérer avec sagesse ou témérité. On ne peut