LIVRE III. CHAPITRE Vin
donc porter un jugement que sur la théorie de sa constitution. D’après cette théorie, dit-on, les opérations de la Société, toujours engagée dans le commerce des titres, auront pour effet de régulariser les coure, car s’il se produit une hausse elle vendra, et s’il se produit une baisse elle achètera. Tel sera , il est vrai , le résultat des opérations de la Société, si son conseil d’administration le veut et s’il conserve toujours une forte réserve disponible ; mais rien n’oblige et ne peut obliger le conseil d’administration à opérer de cette manière. La Société, ajoutent les prospectus, régularisera le cours des reports et en abaissera le taux en faisant de cette opération une de ses affaires principales. En effet, depuis la formation de la Société, le taux des reports a baissé ; il ne s’élève guère plus qu’à 6 et 7 p. °/0.
Enfin l’émission des obligations est une des grandes opérations de la Société, et cette opération est à peine commencée. Au 20 mai 1853, il n’y avait que pour cinq millions d’obligations émises, deux millions à quarante-cinq jours de vue , trois millions à quatre-vingt-dix jours. Les coupures émises sont de cinq mille francs et de mille francs.
La formule de ces obligations est remarquable : elles sont libellées à ordre, mais l’ordre est en blanc. Elles portent, à dater d’une époque fixe, 1" janvier 1853 pour celles émises, un intérêt qui, en ce moment, est de 3 p. °/0, et qui cesse de courir le jour où l’ordre est rempli et où l’obligation est transmise par endossement. Il résulte de cette combinaison que l’obligation est au porteur en réalité, qu’elle porte intérêt et qu'elle est reçue couramment en paiement par la Société pour la somme qu’elle représente en capital et intérêt au jour du paiement.
Les obligations de la Société du crédit mobilier deviennent ainsi des titres analogues aux bons du Trésor et surtout aux billets de l’échiquier, propres à servir utilement de réserve de caisse pour les banquiers et les grandes maisons de commerce. On peut même espérer davantage, et on espère probablement que ces obligations remplaceront, dans les paiements ordinaires, les billets de banque et plus tard les lettres de crédit, et qu’elles rempliront sur le marché les fonctions monétaires.
Sont-elles bien propres à servir dans ces fonctions?
Ce serait une petite objection que celle qu’on tirerait de la diffi-