LITRE IT. CH1PITRK I
pier. A dater du 6 décembre 1 845, toute banque doit déclarer chaque semaine à l’administration du timbre le montant de ses billets en circulation et de son encaisse métallique.
Les résultats de cette loi n’ont pas tardé à se faire sentir; ilg sont matériellement établis dans le tableau suivant de la somme de l’encaisse des banques et de la somme de leurs billets au second samedi de février, avant le bill de 1845 et depuis la mise en vigueur de ce bill :
ANNÉES
BILLETS
ESPÈCES
ANNÉES
BILLETS
ESPÈCES
Ainsi, avant la loi de 1845, l’encaisse des banques était à la circulation dans le rapport de 1 à 7, et il n’y avait ni abus, ni réclamation. A dater de la mise à exécution de la loi, l’encaisse a augmenté dans le rapport de 3 à 1 environ : dans quel intérêt? au profit de qui? dans quel but? à quelle fin? 11 serait difficile de le dire. Les banques ne valent pas mieux qu’auparavant, puisqu’elles n’avaient donné lieu à aucune plainte et qu’elles n’avaient jamais cessé de remplir leurs engagements. Le seul effet de cette loi a donc été de limiter leur puissance productive , en les condamnant à garder en caisse, sans aucune nécessité, 700,000 /. environ, soit 17,500,000 fr. Les opinions dogmatiques ont partout le même caractère : obstinées et aveugles, elles refusent de céder même à l’évidence des faits.
Les banques écossaises n’avaient pas attendu la loi de 1845 pour prendre les moyens de limiter l’excès des émissions, ou, pour parler plus exactement , de retrancher le papier circulant sans nécessité. Afin d’assurer le crédit du billet-monnaie et d’habituer le public à s’en servir, elles reçoivent toutes depuis fort longtemps les billets les unes des autres. La banque Royale, par exemple, accepte sans difficulté en paiement d’un effet de son portefeuille ou dans un versement à sa caisse un billet de la Banque d’Aberdeen. Mais elle ne veut ni l’émettre en concurrence aux siens propres, ni le garder en caisse, ce qui équivaudrait à une ouverture
de crédit à découvert à la Banque d’Aberdeen. T’est pour éviter cet inconvénient et pour faciliter cependant la circulation du papier que les banques d’Écosse ont pris ensemble un arrangement d’après lequel elles échangent entre elles deux fois par semaine ceux de leurs billets respectifs que le mouvement des affaires a mêlés et dispersés.
Le jeudi et le samedi, les délégués de toutes les banques de circulation se réunissent alternativement dans les bureaux de la Banque d’Écosse et de la Banque Royale , à Édimbourg. Là, chacun échange les billets des autres banques amenés dans ses mains par le mouvement des affaires, contre ceux de sa banque, dispersés par le môme mouvement dans les caisses des autres. Quelques instants suffisent à établir le compte de compensation, et les différences sont payées comptant en bons de l’échiquier, en or ou en billets de la Banque d’Angleterre.
Cet usage excellent remonte à l’année 1770; mais autrefois les différences étaient soldées par une traite sur Londres à dix jours de vue. La pratique a fait ressortir l’inconvénient de cette espèce de réglement , et on est convenu que chaque banque déposerait au bureau d’échange commun un certain nombre de bons de l’échiquier, de 1,000 1. chacun qui servent à l’acquit des différences que chacune d’elles peut devoir. Ces bons sont pris au pair, quel que soit le cours au dehors, et mis hors du commerce par l’apposition d’un timbre particulier. Chaque banque doit maintenir entière la somme des bons de l’échiquier qui lui sert de cautionnement envers les autres, c’est-à-dire solder en espèces les différences dont elle est redevable. — Une compensation pareille des billets des diverses banques se fait en même temps à Glascow, et les différences sont réglées le lendemain matin, de la même manière, à Édimbourg.
Aucune banque ne pourrait se soustraire à cet usage, sans voir aussitôt ses billets refusés par toutes les autres, discrédités et mis hors de la circulation.
Tels sont les traits principaux du système écossais, système régulier, complet, dans lequel tous les détails sont liés ensemble par un long usage de la liberté , par des habitudes que les banques ont créées, par des aptitudes qu’elles ont développées et sur lesquelles elles ont fondé leurs bénéfices. Les résultats obtenus
L1VHK IV. CHAPITRE I.
par ce système sont admirables, mais il est juste d’observer que ces banques ne subissent aucune nécessité politique et n’ont point dans leur ressort commercial un de ces grands centres d’affaires et de catastrophes financières , tels que Londres, Paris, New-York.
11 y a quelques années, on établissait en Écosse les premières banques spéciales destinées à prêter sur actions de chemins de fer. Ces banques, fondées depuis l’acte de sir Robert Peel, n’émettent point de billets , elles attendent des dépôts leurs principales ressources.
A Paris ou à Londres , un établissement affecté à cette espèce d’opérations prêterait à courte échéance et en vue de spéculations de Bourse. En Écosse, on considère les choses à un point de vue plus commercial : on prête à long terme et l’on attend les bénéfices de la différence entre l’intérêt des dépôts et l’intérêt des avances sur actions. La banque d’Écosse bonifiait, en 1849, 4 p. °/0 à ses déposants sur des sommes exigibles à volonté; la Commercial Exchange Company, banque spéciale pour les avances sur actions de chemins de fer, bonifiait aux siens 5 p. °/„, à condition que le dépôt fût fait pour six moi3 au moins et que le retrait en fût dénoncé trois mois d’avance. La banque d’Écosse escomptait à 6 p. °/0 le papier à six mois; l’autre prenait 6 1/2 p. °/0 sur les avances qu’elle faisait et prêtait aussi àsix mois.
Sur six banques de celte espèce qui existaient en 1847, l’une a failli, et deux autres ont honorablement liquidé : il parait que celles qui ont survécu prospèrent.
BANQUES AMÉRICAINES