‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 178 sur 328 · LIVRE IV. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAPITRE II

rte ces établissements dans les pays mêmes où le crédit est le mieux organisé. En effet, le tableau de leur situation au l*r janvier 1853 présente les chiffres suivants :

1)»0» Boston 33 banques;

Circulation... 8,303,391 d.

Estera 2,7*3,792

Capital

| Rapport : 33.35 p. •/«.

Hors Ro»ton <05 banques:

Circulation .. 13,867,778 d.

E.pcces 778,990

Capital

} Rapport : 6.05 p. •/,.

Mais ces rapports moyens sont très-variables dans l’une et l’autre catégorie des banques du Massachusetts. Dans Boston, il varie de 2,37 p. °l0 à 84,03 p. % et, hors de Boston, de 2,01 p. % à 18,97 p. °/0. Nous trouvons dans ces chiffres la confirmation de ce que nous avons avancé contrairement à l’opinion dominante, savoir : qti'une banque de circulation peut se maintenir avec un encaisse moindre dans les campagnes que dans les grands centres tle population.

Celles de New-York ont été bien moins prudentes et n'ont pas à beaucoup près offert au publie la même sécurité que celles du Massachusetts. Etablies sur une des places les plus orageuses qu’il y ait au monde, elles ne se sont pas garanties contre les oscillations de caisse qu’un grand commerce extérieur et des variations importantes dans le cours des changes occasionnent infailliblement. Un grand nombre de ces banques ont manqué et leur chute a justifié dans une certaine mesure la prudence excessive des banques d’Angleterre et de France dans l’administration de leurs encaisses. Afin de préserver le public contre les faillites des banques et de maintenir entière sa confiance dans les billetsmonnaie, l’État de New-York a décrété que les billets des banques en faillite seraient remboursés par le trésor public; qu’afin de subvenir à cette dépense, on établirait un fonds commun au moyen d’une cotisation annuelle de 1/2 p. °/0 de leur capital que toutes les banques existantes seraient tenues de verser dans les caisses publiques.

Cet expédient étrange qui établit entre les banques une assurance mutuelle contre leurs faillites, au profit du public, n’est pas parfaitement juste; il fait payer les maisons bien gérées pour les fautes ou les imprudences des autres et confond des responsabilités qui devraient rester distinctes. Mais il a été fort utile au

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public : en effet, l'État avait dû payer jusqu’en 1851, pour les banques insolvables, une somme de 2,586,425 d., et il restait créditeur du fonds commun, pour 700,000 d. environ. A cette époque, on comptait dans l’État de New-York 73 banques autorisées, au capital de 27,664,860 d., dont la circulation totale s’élevait à 20,669, 178 d l. Ces deux chiffres suffisent k montrer combien le bilan de ces banques est établi dans des proportions différentes de celles que l’on peut constater dans les banques du Massachusetts.

Aux termes d’une loi adoptée depuis dix ans environ par l’État de New-York, toute association de plus de trois personnes peut se former en société pour l’exploitation d’une banque ; mais personne, individu ou corporation, ne peut émettre de billets-monnaie sans avoir au préalable déposé entre les mains du contrôleur de l’État une valeur égale, moitié en titres de la dette de l’État et moitié en certificats d’hypothèques. Cette législation plus convenable dans un État despotique éclairé, que dans une république, n’est autre chose qu'un monnayage de la dette publique : elle conduit directement au cours forcé, c’est-à-dire k l’arbitraire, parce que les titres de rentes ne sont convertibles en espèces dans les moments de crise qu’a des conditions fort onéreuses et qu’il faut chercher ailleurs de quoi faire face aux demandes des porteurs de billets. Si c’est un cautionnement imposé aux banques dans l’intérêt des finances et du crédit de l’État, c’est une opération financière étrangère à notre sujet. On annonce, et cela est triste, que plusieurs États du Nord et du Centre vont adopter en matière de banques la législation de New-York, laquelle ne diffère guère d’ailleurs de celle qui régit depuis sa fondation la banque d’Angleterre.

1 En septembre 1832, le capital dos banques de la ville de New-York s’élevait à 36,841,000 d., leur portefeuille à 83,288,000 d., leurs billets à 8,677,000 d., et leur encaisse à 8,702,908 d. Certes, si le portefeuille est bon et si on n’a pas fait trop d'avances aux actionnaires sur leurs titres d’actions, voilà des banques aussi sages que celles que nous possédons sur le continent et en Angleterre : il est fâcheux qu'elles soient moins solides que celles d’Écosse et que celles du Massachusetts qui semblent si téméraires aux Européens.

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