PRIX
de l'once d'or 1 tf carat».
CHANGE snr Pari*.
1797, février, 24.
— août, 30.
1812, février, 28.
— août, 23.
1815, février, 28.
— ■ août, 22.
ao
Pair
1821, février, 27.
101 ft
Pendant cette période de vingt-trois ans, on a pu dire et on a dit avec raison que la Banque battait monnaie et que ses opérations avaient pour effet d’élever ou d’abaisser arbitrairement le prix des marchandises et d’altérer les contrats. Les économistes, les journaux lui demandaient compte de l’usage qu’elle faisait d’un pouvoir exorbitant et exigeaient qu’elle apportât dans ses émissions un certain art, de manière à ne pas troubler le marché. Les amis de la Banque disaient , et ont cru peut-être, qu’elle avait cet art, tandis qu’en fait elle obéissait tout simplement aux demandes combinées du gouvernement et du commerce. Hâtonsnous de dire qu’elle n était pas libre de faire autrement, et qu’il
lui était impossible de ne pas suivre le mouvement des affaires.
Lorsque la Banque reprit ses paiements en espèces, elle rentra dans l’état normal : elle n’eut plus le pouvoir de battre monnaie et d'exercer sur les cours une influence arbitraire. Mais l’opinion ne perd pas facilement une habitude contractée pendant vingttrois ans : après une discussion si longue, il existe des propositions passées en force de dogme, des arguments tout faits et tout prêts qu’on ne peut remplacer sans peine : on continua donc de rendre la Banque responsable de tout, et elle-même, soit par calcul ou autrement, accepta cette responsabilité de régulatrice souveraine des monnaies et de3 cours.
Autrefois la Banque d’Angleterre avait pour maxime «qu’elle ne pouvait émettre trop de billets en escomptant de bon papier de commerce. » Un de ses directeurs le dit naïvement dans l’enquête de 1833. C’était simple et commercial : avec les habitudes lentes et prudentes de la Banque, c’était la meilleure maxime pratique qu’elle pût adopter.
Mais cela ne suffit pas aux imaginations. On répugue même aujourd’hui à croire que la théorie des banques de circulation consiste en quelques règles très-simples, et on se livre volontiers sur ce sujet aux conceptions de la fantaisie. En France, l’opinion publique est discrète sur ce point ; elle ne dit rien et n’en pense guère davantage. Il n’en est pas de même en Angleterre : dès que le marché du crédit est troublé, ce qui arrive souvent, les esprits s’enflamment; on parle, on écrit à tort et à travers : on crée des théories savantes et compliquées, creuses quelquefois, mais ingénieuses, qui feraient honneur à un romancier; et, les intérêts, les passions politiques aidant, Dieu sait où l’on va.
Dans le conflit des opinions opposées, il s’est formé une école qui a prétendu régler la circulation monétaire , décréter quelle proportion d’or , quelle proportion de papier y entrerait , et faire exécuter ses réglements par une seule banque, la Banque d’Angleterre.
Cette école peut être personnifiée par trois hommes éminents à divers titres et qui ont apporté dans la discussion des vues trèsdifférentes et même opposées, Tooke, Hicardo, Robert l'eel. Cette école fit d’abord la guerre aux billets de petite coupure, et ces billets, qui avaient sauvé la Banque d’Angleterre d’une suspension