LIVRE IV. CHAPITRE IV
mencement du siècle passé, aux États-Unis, il y a vingt ans et plus récemment en Angleterre, en France et en Belgique. Le privilège est destructeur de sa nature : il tend volontiers à acquérir le monopole des affaires qui existent : il n'essaie presque jamais d’en faire de nouvelles. En Belgique même où les banques privilégiées se sont montrées plus actives et plus hardies qu’en tout autre pays, il n’est pas certain qu’elles n'aient pas empêché plus d’affaires qu’elles n’en ont créé et il est constant qu’elles ont donné à l’industrie du pays une direction artificielle dont il n’y a pas lieu de se féliciter. Les progrès industriels de la Belgique sont incontestables, mais je crois qu’ils ont eu lieu plutôt malgré les banques que par les banques de Bruxelles.
Quoi qu’il en soit, l’ensemble du système étant accepté, la création de la Banque nationale est une amélioration incontestable. Partout où la banque de placement et de spéculation a pris un développement, il est utile d’avoir une banque de réserve, un régulateur, parce qu’il faut s’attendre à des crises profondes et fréquentes ; mais il serait plus utile que les efforts des hommes d’affaires tendissent à faire pénétrer plus profondément dans la population l’usage des banques d’escompte et des billets-monnaie : on ne serait pas réduit alors à imaginer pour la distribution du crédit foncier des projets énormes et dangereux.