‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 195 sur 328 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

BANQUES PIÉMONTAISBS.

Le Piémont n’a eu pendant longtemps d’autre industrie que l’agriculture, et d'autre commerce qu’un trafic de consommation peu important; mais, depuis la paix, il a fait, sous l’influence d’un gouvernement éclairé , des efforts considérables pour imprimer une activité plus grande à toutes les branches du travail national. Dans ce pays comme en Belgique et plus qu’en Belgique peut-être, le mouvement est venu d’en haut, du pouvoir politique. 11 ne faut donc pas s’étonner que les idées et les préjugés qui existent en France, en matière de banques publiques, se soient implantés tout d’abord dans les États sardes et y aient déjà pris racine.

Les premières tentatives pour fonder un établissement de crédit eurent pour objet de faire revivre , à Gènes , l’ancienne et célèbre banque de Saint-Georges , qui avait péri en 1797. Ces tentatives furent sans succès, et il n’y a pas lieu de le regretter, car la banque de Saint-Georges était appropriée à des mœurs et à des usages commerciaux qui ont cessé d’exister. Des lettres-patentes du roi Charles Albert, en date du 16 mars 1844, autorisèrent la formation d’une société anonyme, au capital de 4 millions, pour l’établissement d’une banque de circulation, sous le nom de Banque de Gènes, et sous la surveillance d’un commissaire et d’un sous-commissaire royal. Cette banque reçut de l’État, eu 1846 et les années suivantes, une subvention de 4 millions, dont elle payait l’intérêt à raison de 2 p. */«• Le 16 octobre 1847, une autre banque de circulation était fondée à Turin, au capital de 4 millions. Mais les nécessités de la grande crise de 1848 ne permirent pas à celle-ci de se développer.

En 1848, les chambres ayant investi le gouvernement du roi de pouvoirs dictatoriaux, un emprunt de 20 millions fut résolu. La Banque de Gênes dut fournir à l’État cette somme, à raison de

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