BANQUES ALLEMANDES
Les institutions de crédit que la France possède sont fort imparfaites et cependant elles sont égales ou supérieures à celles des autres peuples du continent, la Belgique exceptée. Encore, en Belgique, la concentration des instruments de crédit les plus puissants entre les mains du gouvernement ou de compagnies privilégiées est-elle un obstacle, môme dans un pays dont le territoire est peu étendu. L’Espagne, l’Italie, le Piémont même, en sont encore aux débuts, et dans tout le Nord l’organisation des banques présente encore l’aspect d’une masse où tout est confondu. En Russie, en Suède, en Allemagne, les banques de circulation n’ont guère servi à autre chose qu’à l’émission de papiers-monnaie de formes différentes et de titres divers, et les entreprises particulières ont été, comme il arrive toujours, comprimées par les entreprises privilégiées.
Deux sortes de banques s’élèvent en Allemagne au-dessus des banquiers particuliers : ce sont les associations de crédit foncier, et les banques de circulation destinées à emprunter, au profit des gouvernements, la valeur de la monnaie métallique. Les sociétés de crédit foncier ont été formées, dans certaines localités, par le gouvernement ou avec son concours; dans d’autres, par des réunions de grands propriétaires qui ont engagé solidairement leurs biens aux porteurs des obligations négociées par les sociétés. Quelques-unes de ces banques foncières émettent des billetsmonnaie. Jacob, dans son Traité sur le commerce des grains, avait fait connaître celle du Mecklembourg; l’ouvrage de M. de Royer, le volume si rempli de faits publié par M. Josseau, par les ordres du ministre du commerce, ont fourni depuis sur ce sujet tous les renseignements désirables.
La circulation des Pfandbriefe, lettres de gage ou obligations foncières, s’élevait récemment, d’après ce dernier auteur, à la