‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 2 sur 328 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

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déjà le premier rang et chaque progrès nouveau de la société ajoute à son importance : c’est le banquier qui est généralement chargé de trouver un placement aux capitaux, c’est-à-dire d’établir les conditions de l’alliance entre le capital et le travail ; c’est lui, le plus souvent, qui dispose des capitaux mobiliers, dont les mouvements exercent une influence décisive sur les variations du prix des diverses marchandises et peuvent en peu de temps élever ou renverser les fortunes particulières.

Déjà, il y a douze ans, j’avais essayé d’exposer le mécanisme des bancpies de circulation et d’en faire ressortir l’irnportance, au point de vue public et économique De nouvelles études, l’expérience des affaires, l’opinion de praticiens très-éclairés. et le spectacle de trois grandes crises, m’ont confirmé dans celte conviction que le commerce de la banque était le régulateur de tous les autres, qu’il avait besoin de liberté, et qu’il était utile d’en exposer et d’en propager les principes : et j’ai entrepris ce livre.

Il fallait d’abord définir les capitaux, les monnaies et les contrats qui sont la matière du commerce de banque, et déterminer les lois des variations de leurs prix; il fallait ensuite définir chaque opération, exposer les combinaisons diverses que l’art du banquier en déduit, pour indiquer comment les entreprises particulières, s’enchaînant les unes aux autrej, formaient de grands systèmes soumis à des lois auxquelles ne pouvaient se soustraire les maisons qui y étaient englobées.

Enfin il fallait aborder les détails de la pratique, traiter de l’administration intérieure et extérieure, des dilficultés et précautions légales, de la comptabilité et de l’arithmétique, indiquer autant que possible les procédés en usage et surtout les meilleurs, ceux que les derniers perfectionnements avaient introduits.

J’ai essayé de remplir ce cadre si vaste d’une théorie com-

1 Le Crédit et la Banque. — Paris, Pagnerre. 1840.

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plète de la banque fondée sur l’observation des faits, et qui, partant des définitions et des généralités économiques, allât jusqu’à la description d’un compte courant et à l’arithmétique d’un arbitrage. Ai-je réussi? Il y aurait présomption à l’affirmer. Lorsqu’il s’agit d’embrasser dans son ensemble et dans ses détails un art multiple, varié, changeant suivant les temps et les pays, il est difficile de ne pas commettre beaucoup d’omissions et au moins quelques erreurs. Toutefois, tel qu’il est, j’espère que ce livre, dont les déductions sont fondées sur la méthode éprouvée des sciences physiques , contient un assez grand nombre de principes certains, de vérités démontrées, et de faits concluants pour pouvoir être utile.

Peut-être encourra-t-il des reproches de deux sortes : les économistes jugeront sans doute que les principes généraux y sont trop brièvement exposés, que la nomenclature, au moins en ce qui touche au capital, n’y est pas assez respectée; les praticiens, au contraire, penseront peut-être qu’il ne contient pas un assez grand nombre de définitions et de détails techniques.

C’est qu’en effet le but de ce livre n’est ni d’enseigner l’économie politique, ni de fournir un répertoire des connaissances de détail dont telle ou telle branche de la banque peut avoir besoin. Des ouvrages excellents ont été faits sur l’une et sur l’autre matière ; il ne restait qu’à indiquer en quelque sorte le point de jonction et d’alliance où l’économie politique, la comptabilité et l’arithmétique se rencontraient pour former un art, l’art du banquier.

Les principes fondamentaux énoncés en cet ouvrage et qui en constituent en quelque sorte l’individualité, ne sont point empruntés directement aux livres. Mais j’ai tâché de profiter des discussions et des publications qui ont eu lieu soit en France, soit à l’étranger, sur la matière si délicate et si étendue du crédit public et privé. Galatin et Carey, en Amérique, Ricardo, Tooke et Paruell, en Angleterre, ont jeté de vives

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lumières sur la théorie générale du crédit. C’est un devoir pour moi de signaler les excellents travaux de M. Wilson dans YEconomist, l’histoire de Lawson et surtout les divers ouvrages si éminemment empreints de vues pratiques de M. Ôilbart.

Ce livre est destiné à des hommes habitués soit à l’étude, soit à la pratique des affaires, dont le temps est précieux et qui connaissent au moins l’économie politique, la comptabilité et l’arithmétique. Il convenait donc d’ètre bref, de ne pas remonter sans cesse aux éléments, et de ne pas se laisser aller aux développements. J’ai essayé de me conformer à cette règle.

Paris, 22' décembre 18J2.

En accueillant avec faveur la première édition de cet ouvrage , le public m’a imposé le devoir de faire mieux. J’ai essayé d’améliorer cette seconde, édition en profitant- des critiques bienveillantes dont mon travail a été l’objet, eu rectifiant quelques erreurs, en comblant quelques lacunes. Ainsi, toute la partie de ce livre qui se rapportait aux opérations de Bourse, auxbanques de placement et de spéculation, a reçu dans cette édition de nouveaux développements. J’y ai joint aussi des détails nouveaux sur les banques Belges et Piémontaises, sur les banques d’échange et sur l’organisation générale de la comptabilité. . .

Je dois adresser ici mes remercîments aux personnes qui ont bien voulu me donner des avis et des rensèignements, et m’adresser des comptes rendus de banques par action de France ou du dehors. En matière de banque les documents positifs ont toujours une grande valeur pour l’écrivain, et ils lui sont utiles, lors même qu’il ne serait pas assez habile pour s’en servir directement.

Paris, 22 Juin 18S3.

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