PAR TÈTE D'HABITANT
KmsmI.
IisucAdmIU.
Capital
Portefeuille. . . .
Dépôts. , . . . .
Billets
100 18 ^inconnu).
1 Dans la formation de ce tableau, la population de l’Ecosse, qui est de 3,013,700 âmes, a été évaluée en nombres ronds, pour la facilité du calcul, à 3,000,000 d’Amej et celle du Massachusetts,' qui est de 994,499 à 1,000,000' d’Ames. La réduction des dollars a été faite, au change ap proximatif de 5 fr. 40 et celle des livres sterling au change de 25 fr. 20.
Les banques écossaises ne publient leur bilan qu’autant que la loi le prescrit, et c’est pourquoi nous n’avons pas le chiffre de leur portefeuille. Mais une étude, même superficielle, du tableau ci-dessus suffit pour montrer la différence profonde qui existe cutre deux systèmes de banque, excellents l'un et l’autre, bien que fondés sur des combinaisons diverses et presque opposées.
Il est remarquable que les deux contrées dans lesquelles l’usage des banques de circulation est le plus répandu, soient habitées par une population renommée auprès de ses voisins par une excessive prudence et par une grande ténacité d’habitudes. Dans l’un et l’autre pays, on considère la banque de dépôt, telle quelle existe en France, avec un petit capital, un petit portefeuille et d’énormes encaisses, comme un instrument imparfait, peu énergique et peu sûr, dont on ne se sert que par exception. La banque de circulation est appropriée, dans ces pays, à tous les besoins : on l’établit dans les plus petites proportions comme dans les plus grandes, dans les campagnes comme dans les villes.
On dit bien en Europe que les banques américaines n'ont aucune consistance, et cela peut être vrai pour celles des grandes villes et de quelques Etats du Sud; mais celte assertion est complètement inexacte en ce qui touche la Nouvelle-Angleterre, où la situation des banques a subi moins de révolutions que dans aucun État du continent européen. Quant aux banques d’Écosse, elles offrent une expérience de cent cinquante ans sans catastrophes : cette expérience ne devrait-elle pas sutlirc à convaincre les plus incrédules ?
En Angleterre, la banque de circulation et l’art du banquier sont moins avancés. Dans les comtés comme en Irlande, une grande partie de la population reste étrangère aux banques et ne les connaît, ni comme lieux de dépôt, ni comme agences de placement. Les émissions de papier comparées au chiffre du capital sont plus fortes : elles éprouvent aussi des fluctuations plus considérables, et il est nécessaire de conserver un encaisse plus gros. En ce pays d’ailleurs, les banques de circulation ne sont pas soumises aux influences commerciales : elles subissent l'influence des nécessités politiques, directement, par l'effet du privilège de la Banque d’Angleterre et de son cortège de restrictions; indirectement, par la concentration à la Bours.e de Londres d’une masse énorme de capitaux engagés dans le jeu.
Il faut bien observer, en effet, que la concentration de ces capitaux et le genre d’emplois auxquels ils sont affectés est une des causes les plus actives qui puissent déterminer les grandes crises commerciales. Les capitaux employés par le commerce régulier varient peu en quantité et très-lentement ; au contraire, les capitaux engagés dans le jeu et la spéculation sont tourmentés par de très-grands orages. Essayons de rendre sensible l’influence que leurs agitations apportent sur le marché commun.
Supposons que les capitaux engagés d'une manière permanente dans les spéculations de la Bourse de Londres s’élèvent à 300 millions de francs. Si les affaires auxquelles ils sont employés deviennent rares, c’est-à-dire si les cours sont calmes, s’il ne se crée pas de nouvelles valeurs industrielles ou d’Etat, ces capitaux sont réduits à jouer les uns contre les autres; et comme la perte d’un joueur compense nécessairement le gain de l’autre, un tel jeu ne peut guère durer. Dans ces moments de