Livre i. chapitre ix
ravant, au plus grand avantage du travailleur et du capitaliste.
Ces combinaisons, parmi lesquelles celle qui emprunte la valeur de la monnaie circulante est la plus notable, ont eu pour effet direct une baisse de taux de l’intérêt, en même temps qu'une augmentation dans la somme des capitaux prêtés.
Pour qu’un capital soit disponible, pour qu’il vienne s’offrir sur le marché du crédit, il faut que son propriétaire t>«<»ï/ele prêter : c’est la première condition du contrat de crédit. Donc tous les faits qui peuvent déterminer cette volonté ou en modifier les dispositions, exercent, sur le cours de l’intérêt, une influence très-positive et féconde en conséquences. Au premier rang de ces faits, il faut mettre la sécurité que donnent, à tort ou à raison, au prêteur î 1° l’état politique de la société et les lois ou coutumes relatives au paiement des obligations; 2° les garanties particulières, personnelles ou matérielles, que lui présente l’emprunteur.
Ainsi, dans un pays où la propriété est respectée, où la loi des contrats est inviolable, l’intérêt, à conditions égales d’ailleurs, est toujours moins élevé que dans un pays placé dans des conditions d’existence différentes.
Ainsi, entre particuliers, à conditions égales d'ailleurs, celui qui offre au prêteur plus de garanties matérielles ou morales de remboursement exact, obtient toujours le crédit à des conditions * moins onéreuses.
Ainsi toutes les lois, toutes les jurisprudences qui tendent à rendre l’effet des contrats incertain, ou simplement à retarder l’exécution des engagements qui en résultent, tendent à élever le taux de l’intérêt.- Chez les particuliers, la mauvaise foi reconnue, ou simplement la nonchalance habituelle dans l’exécution des engagements, produisent les mêmes résultats : l’exactitude a des effets opposés; c’est par elle que les commerçants, à conditions égales de sécurité pour le prêteur, obtiennent du crédit à meilleur marché et surtout plus facilement que les propriétaires. On peut conclure de l’existence d’un grand crédit dans un pays que l’état social de ce pays est bon ; que les habitants ont des habitudes d’ordre et de probité, une confiance réciproque les uns pour les antres, et un vif sentiment de la loi des contrats.
En général aussi, le crédit est accordé plus facilement et à des conditions plus avantageuses à ceux qui empruntent pour peu de
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temps qu’à ceux qui empruntent à long terme, parce qu’en peu de temps, toutes choses égales d’ailleurs, il y a moins de chances pour que le prêteur éprouve un besoin imprévu qui le porte à rappeler à lui son capital, à le retirer df la masse des disponibles. Le crédit est plus facile encore et moins cher, lorsque le préteur peut ou croit pouvoir rentrer, d'un instant à l’autre; dans la possession de ses capitaux, parce qu’il lui semble alors que la sûreté de ses fonds dépend de lui-même, et quon a d’ordinaire plus de confiance en soi-même qu’en toute autre personne.
Le crédit est accordé plus facilement et à meilleur marché à celui qui a l’habitude de payer exactement qu’à celui qui a l’habitude contraire, à celui qui donne ou semble donner des gages d’une réalisation facile qu’à celui qui n'en donne point ou qui en donne d’une réalisation difficile.
Enfin, on prête plus libéralement un capital, lorsqu’on le suppose destiné au travail, que lorsqu’on le sait destiné à la consommation. Tel marchand obtiendra sans peine un crédit de 20,000 fr. en marchandises, qui n’obtiendrait pas du même prêteur un prêt de 500 fr. en espèces.
Si l’on pouvait résumer en une formule générale les faits relatifs à la volonté du prêteur, tels qu’ils ressortent des habitudes communes, on dirait peut-être que le crédit est en raison directe de l’action que le prêteur conserve ou croit conserver sur la disponibilité de son capital, en raison directe de l'exactitude, volontaire ou forcée, que l’emprunteur est supposé devoir apporter dans l’exécution de ses engagements.
Pour qu'un capital soit disponible, il faut non-seulement que son propriétaire veuille le prêter, mais aussi qu’il puisse le prêter, c’est-à-dire qu’il ait la possession actuelle de ce capital sous la forme qui est demandée sur le maiché du crédit.
Voilà quant aux faits qui exercent une influence sur le marché du crédit en agissant sur l'offre. Venons maintenant à l'examen de ceux qui agissent sur la demande.
On emprunte pour consommer ou pour produire. Le3 demandes de crédit pour consommer augmentent en nombre et en intensité chaque fois que la somme totale des capitaux diminue, surtout quand la diminution porte sur les capitaux possédés par les particuliers aisés auxquels il reste des gages propres à déler-