‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 21 sur 328 · I.IYRE I. CHAPITRE 1Y · texte numérisé non relu

I.IYRE I. CHAPITRE 1Y

bondance d’une marchandise n’a d’eil'et que sur son prix, sur la comparaison de sa valeur avec celle des autres, et non sur le taux général de l’intérêt. Si les existences en indigo ou en coton venaient à doubler en France, cette circonstance pourrait modifier le prix des cotons ou des indigos, mais non le taux général de l’intérêt.

Ceci est vrai de la monnaie, comme de l’indigo ou de toute autre marchandise, parce que les capitaux existant sons forme de monnaie ne sont pas plus nécessairement disponibles que les autres. Leur prix au contraire est plus affecté par l’abondance de l’offre que celui des autres marchandises, parce qu’ils ne sont pas destinés à la consommation. Si on évalue à 101a quantité de monnaie indispensable aux échanges, dans un pays et à un moment donnés, et que cette quantité soit portée à 12 par un mouvement de commerce, le prix de la monnaie baissera, puisque, la demande restant la même, l’offre aura augmenté ; en d’autres termes, il faudra, pour se procurer un objet déterminé, plus de monnaie qu’auparavant. Mais cette augmentation de la quantité des monnaies ayant eu lieu par l’effet des échanges, on aurait donné, pour l’obtenir, une somme de marchandises équivalente, et on n’aurait augmenté, par conséquent, ni la somme totale des capitaux, ni celle des capitaux disponibles.

Lorsqu’on parle de capitaux engagés, l’expression ne peut être juste que relativement à leur propriétaire : relativement à la société, à la production, à la science en un mot, tous les capitaux sont également engagés, aussi bien ceux qui circulent que les immeubles eux-mêmes. 11 n’y a de différence que dans la faculté plus ou moins grande de réalisation.

Or cette faculté dépend des habitudes. La monnaie, qui est le capital disponible par excellence pour les particuliers, est, relativement à la société, aussi engagée que tout autre. Pour les particuliers, les capitaux dont la consommation est la plus prochaine et la plus nécessaire, sont les plus disponibles, parce que ce sont ceux qui, dans le cours régulier des choses, doivent être le plus prochainement convertis en monnaie par la vente; mais ils sont si peu disponibles pour la société qu’ils sont détruits aussitôt après l’échange, et cessent de figurer dans l’actif social.

Un accroissement, soit de la somme totale des capitaux, soit

PU COURS PE l’intérêt. 33

«l'une espèce particulière de marchandises, n’exerce une influence sur le marché du crédit, qu'autant qu'il augmente la somme des capitaux disponibles, qu'autant qu’il a lieu entre les mains d’hom- . mes qui n’emploient, ni ne consomment eux-mèmes leurs fonds. Une réduction dans la somme totale des capitaux existants pourrait même avoir pour conséquence un abaissement du taux de l’intérêt, s’il s'était opéré en même temps dans la distribution des richesses un mouvement qui en eut transféré la propriété à des hommes qui ne les emploieraient ni ne les consommeraient par eux-mêmes. I^a disponibilité dépend toujours beaucoup plus de la distribution des richesses que de l’état de la production, de la somme des capitaux qui existent.

Mais comme un accroissement de richesses a presque toujours pour origine un travail plus actif et l’application de procédés plus savants, des moyens plus énergiques de dompter l’espace, et le temps, de mettre à la disposition des hommes les capitaux dont ils ont besoin, il se trouve presque toujours vrai que l’accroissement de la somme, des capitaux entraine la réduction du taux de l’intérêt. Si l’on admet donc que les habitudes d’emploi et de consommation et que les lois de distribution ne changent pas, on peut dire que toutes les économies réalisées, que tous les procé- , dés qui fécondent le travail ou réduisent l’emploi des capitaux dans la production, tendent à augmenter la somme des capitaux disponibles, de ceux dont l'application est facultative, en augmen- * tant la somme totale des capitaux.

Quelques-uns de ces procédés vont plus directement, plus exclusivement à ce but. Ainsi les chemins de fer, en rendant les communications plus rapides, ont permis au négociant de faire les mêmes opérations qu’autrefois, sans employer autant de marchandises qu’il en avait sur les routes, sur les canaux, en magasin. Tous les capitaux représentés par les marchandises dont il n’a plus besoin ont pu devenir disponibles, et concourraient à diminuer le taux de l’intérêt, si l’augmentation d’emploi, créée par les mêmes chemins de fer, n’avait tendu en même temps à l’élever.

De même les combinaisons de banque dont le résultat a été de mettre en activité de petites sommes, des capitaux empruntés pour peu de temps, ont augmenté la somme des capitaux disponibles. ont amené sur le marché une offre qui n’y était pas aupa-

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