LIVRE (V. CHAPITRE X
C'est du débiteur de la banque qu'on peut dire à juste titre : Qui paie ses dettes s'enrichit. Le bottier dont nous avons parlé ne s’est point obligé à avoir vendu et réalisé mille francs de marchandises au jour de l’échéance; au lieu d’avoir besoin de vendre d'abord et de payer ensuite, il vend et paie par une seule opération; il ne peut devenir insolvable qu’autant qu’il cesserait de travailler ou qu'il dissiperait follement ou frauduleusement les produits de son travail, et ses ventes ne sont jamais forcées par la nécessité de faire face aux échéances. Plus il a d’échéances, au contraire, plus il est assuré d’avoir des débouchés et, parsuite, un travail rétribué au cours ; puisque la banque est intéressée à négocier promptement ses bons et que les porteurs ont intérêt à les consommer promptement.
Pas n’est besoin de dire que la banque a trois moyens de se procurer les marchandises qui lui sont demandées : 1" par l'achat direct au comptant, et dans ce cas elle jouit de la remise ordinaire du commissionnaire; 2° en recevant des marchandises en consignation ou en nantissement avec mandat pour vendre; 3° par les bons d’échange de son portefeuille. Dans tous les cas et sans rien innover aux usages du commerce, elle perçoit un droit de commission. Avec un capital médiocre , mis en œuvre par un homme habile et actif, il lui est facile de réaliser des bénélices considérables. Le tableau suivant extrait des comptes rendus de la banque fondée à Marseille par M. Bonnard, donnera une idée de la fécondité de cette combinaison si simple.
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