‹ Traité théorique et pratique des opérations de banque (volume 2)Chapitre 230 sur 328 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

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Ce succès, obtenu avec un capital si médiocre et qui pourtant s'est si bien soutenu, sans se démentir un instant, a quelque chose de merveilleux, et il n’est pas dû tout entier, on peut le croire, au procédé matériel, à la combinaison sur laquelle est fondée la banque d’échange; le talent de l’homme y a eu sa part. En effet pour

• Le rapport présente à l’assemblée des actionnaires le Î5 mars I85X constatait, du premier janvier au 25 mars, un chiffre d’affaires de 2, :74, 199 fr.

BANQUES d’échange. 359

réussir dans la banque d’échange, il faut surmonter des difficultés pratiques très-grande3 et qui ont une grande analogie avec celles que l’on rencontre dans les banques proprement dites. 11 est vrai que tout bon sorti du portefeuille de la banque d’échange est éteint pour elle et ne lais e après lui aucun engagement éventuel, mais elle court le risque direct de voir les souscripteurs des bons de son portefeuille devenir insolvables : elle court eu outre et surtout le risque de se laisser encombrer de marchandises d'une réalisation difficile. Il y faut, exactement comme dans les autres banques, avoir soin de tenir son capital disponible et actif, c’est-àdire sons la forme de marchandises demandées et d’un débit facile , soit par leur nature même , soit à cause de la qualité et de la façon Le directeur d’une banque d’échange doit donc en quelque sorte prévoir les besoins du public pour chaque espèce de marchandises, et y pourvoir, de manière à se tenir toujours au milieu du grand courant des échanges.

Or cet art n’est pas facile : pour le pratiquer avec succès, il faut une grande connaissance des besoins et des habitudes de la place sur laquelle on opère : il faut savoir accepter beaucoup d’affaires et en refuser un plus grand nombre, car, on doit le remarquer, le directeur d’une banque d échange dispense jusqu’à un certain point ceux avec lesquels il fait affaire de la recherche des débouchés; il se charge à ses risques et périls de leur en procurer, et clans la nouvelle division du travail qu’il vient introduire , il prend à sa charge une grande partie des soucis de la prévoyance. S’il s’encombre de marchandises d’un écoulement difficile, son capital se trouve immobilisé ou trop longtemps engagé et improductif : il éprouve le même embarras s’il acquiert en quantité trop grande des marchandises même dont le débit n’éprouverait d ailleurs aucune difficulté.

Quant aux crédits à accorder, les principes de la banque d'échange ne diffèrent guère de ceux des banques proprement dites, si ce n'est en ceci que 1 échange étend le crédit personnel plus loin, parce qu’il est infiniment plus facile au débiteur de se libérer en produits de son industrie que de toute autre manière.

Eu principe, la banque d’échange a des débiteurs, mais point de créanciers. Sans doute elle pourrait recevoir des dépôts et les rembourser à l’échéance, mais dans l’administration de ces dé-

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