LIVRE IV. CHAPITRE X
société', et elle fera certainement son chemin dans le monde. Mais pour qu’elle produise tous les résultats qu’on est en dioit d’en attendre, il faut qu’elle laisse chacun dans sa liberté, qu’elle abrège la durée des engagements en les simplifiant, en les réduisant à leur expression la plus élémentaire : il faut surtout qu’elle s’abstienne de vouloir remplacer la monnaie dans les évaluations, et qu’elle se contente de la rendre inutile dans les accumulations et dans les réserves. Il y a dans ce moment un vaste champ pour l’application de ce procédé, et quelle que soit la concurrence qui se manifeste', il s’écoulera bien du temps avant que toutes les places soient remplies. Un grand membre d’entrepreneurs et de directeurs y échoueront sans doute, ou n'obtiendront qu’un succès médiocre, mais le procédé survivra et son usage introduira dans les affaires une nouvelle division du travail : il dispensera jusqu'à un certain point le marchand et le fabricant surtout de la nécessité de chercher incessamment des débouchés pour ses produits : il pourra lui suffire de savoir bien fabriquer ou acheter et de savoir vendre, sans avoir besoin d’aller chercher les acheteurs.
Le lecteur me pardonnera, je l’espère, d’avoir insisté si longuement sur un genre d’entreprises qui est peut-être quelque chose de plus ou de moins qu’une banque, mais qui est assurément autre chose. 11 était nécessaire de mentionner un procédé commercial nouveau, appelé selon toute apparence à occuper dans les affaires une certaine place et surtout d'indiquer en quoi il diffère des tentatives faites pour monnayer les marchandises.
1 Trente-deux banques d'échange se sont formées ou sont en voie de formation à Marseille seu ement. On en compte aussi plusieurs à Paris fondées sur des combinaisons diverses.