CARACTÈRE, HABITUDES ET ADMINISTRATION DU BANQUIER
§ 1. — Caractère.
Le banquier doit posséder, à un certain degré, les qualités qui distinguent tout homme d’affaires, depuis celui qui dirige un gouvernement jusqu’au dernier entrepreneur de commerce ou d’industrie : du jugement, du bon sens, de la fermeté, de la décision, une appréciation froide et calme, une intelligence ouverte et vigilante, peu d’imagination, beaucoup de mémoire et d’application. Celui qui a les nerfs irritables, l’imagination active, le cœur trop sensible, la mémoire défectueuse, l’intelligence ardente, inquiète, mobile, doit embrasser une autre profession. L’homme dont l’esprit est paresseux et lent à comprendre ou le caractère indécis, doit aussi éviter la banque, celui de tous les commerces qui supporte le moins la médiocrité.
Sur un sujet si délicat, l’opinion, même raisonnée, du premier venu ne saurait jamais avoir la même autorité, que celle d’un praticien. Un homme de beaucoup d’esprit qui s’est élevé au premier rang, après avoir passé par les grades inférieurs de la profession, et dont la parole s’autorise d’une expérience de trentesix ans, M. Gilbart, énumère dans les passages suivants les principales qualités nécessaires à un banquier, ou plutôt les faiblesses et défauts contre lesquels il doit se tenir en garde :
« Un banquier n’a besoin d’être ni poète, ni philosophe, ni savant, ni littérateur, ni orateur, ni homme d’Etat ; il n'a besoin de posséder aucun talent brillant qui le dislingue du reste des hommes, et même il vaut mieux qu’il n’en possède point de ce genre. 11 suffit qu’il ait à un haut degré cette qualité pratique appelée sens commun. Le talent du banquier résulte de l’assemblage d’un certain nombre de qualités dont aucune en particulier n’est éclatante, mais qu’il est rare de trouver réunies en la même