CARACTÈRE
personne. Ce serait une erreur de supposer que le commerce de banque est une routine, et qu’il ne faut, pour l’exercer, ni science, ni habileté. Le grand nombre de faillites qui ont eu lieu dans ce commerce depuis cinquante ans, prouve que les bons banquiers sont aussi rares que les bons praticiens en tout autre genre. Le commerce de l’argent emploie des facultés intellectuelles d'un ordre élevé et très -utiles à la société, car la manière dont il est pratiqué exerce toujonrs une grande iufluence sur le bonheur de l’humanité.
» S’il est vrai qu’un homme sage ou, en d’autres termes, doué de beaucoup de raison et de sens commun, ne soit pas nécessairement un homme de talent, il doit au moins n'avoir aucun défaut saillant.
» L’indécision est un grand défaut chez un banquier, qui,doit savoir en toute question balancer rapidement le pour et le contre, et prendre une prompte résolution. On s’excuse ordinairement de l’irrésolution en invoquant l’utilité d’une mûre réflexion ; mais en réalité les gens indécis réfléchissent moins que les autres. Celui qui craint de se décider se fatigue bientôt d’une réflexion qui tend nécessairement à une conclusion et il songe à autre chose, ou bien fl cherche des motifs d’ajournement. Un esprit indécis conclut toujours à ajourner.
» Le défaut de fermeté n’est guère moins fâcheux. Lorsqu'un banquier, après avoir mûrement réfléchi et pesé le pour et le contre, a pris une résolution, il doit s’y tenir, il doit savoir pourquoi il dit «an, et lorsqu’il a dit non, il ne doit jamais revenir sur sa parole.
» La promptitude et l’étourderie sont encore de grands défauts. C’est folie de répondre avant d’avoir entendu. En écoutant, l’homme sage s’instruit et parvient aux bonnes résolutions.
» C’est encore un grand défaut de se laisser dominer par des préoccupations personnelles ou de tempérament, ou d habitude. Tout homme, et le banquier comme les autres, a ses faiblesses contre lesquelles il doit toujours se tenir en garde.
» C’est un grand avantage pour un banquier de se connaître lui-même, de savoir quelles sont ses qualités et quels sont scs défauts ; s’il est porté par caractère à un excès de prudence ou à un excès de libéralité ; si scs manières sont rudes ou avenantes ;