LITRE V. CHAPITRE III
de A à K, et dans un autre, les effets où le nom du cédant commence par des lettres de L à Z ; et, s’il le faut, rien n'est plus facile que de subdiviser encore ces deux volumes. Les mains courantes des quatre grands comptes peuvent être tenues par pair et impair, c’est-à-dire divisées en deux volumes : sur le premier sont inscrites les opérations des jours impairs du mois, 1, 3, 5, 7, etc.; l’autre reçoit les opérations des jours pairs. Parce moyen, . on a l’avantage de pouvoir relever, à la comptabilité générale, les opérations de la veille, sans embarrasser les employés qui tiennent les mains-courantes et qui travaillent sur le livre pair, lorsque la comptabilité relève le livre impair et réciproquement.
Journal. Ce livre est réglé, comme dans le commerce, par une ou deux colonnes simples à gauche de la feuille sur lesquelles on inscrit en regard de chaque article le numéro de la feuille de la main-courante à laquelle il se rapporte et le folio dû livre des comptes courants; le premier de ces chiffres est inscrit au moment où on fait le journal ; le second, lorsqu’on le relève au livre des comptes courants. A droite de la page sont deux colonnes de eaisse. bans la première, on inscrit en détail les sommes entrées ou sorties, et ou reporte en un seul article, à la seconde, le total qui doit être inscrit à un seul compte au Grand-livre.
Les articles établis sur le journal sont destinés à une double classification; au livre des comptes courants, ils sont détaillés quant aux personnes; au grand-livre ils sont résumés dans leurs résultats sous le chef des comptes généraux. Dans l’inscription des articles on peut donc négliger les détails qui ne se rapportent pas directement aux personnes et porter en résumé et par groupes tout ce qui se rapporte à la comptabilité intérieure sur laquelle les mains courantes fournissent toujours, au besoin, tous les renseignements désirables. Ainsi pour l’inscription des effets d’un bordereau, il sullit d'indiquer le nom du cédant, l’échéance et le lieu de paiement, c’est-à-dire la base des calculs relatifs au change ou à l'escompte. Encore peut-on se passer de ces détails si, comme plusieurs maisons bien tenues, on aune main-courante pour les bordereaux, sur laquelle sont établis les changes, commissions, etc., et si on a le soin de remettre. chaque fois sur le livret de l’ayant compte, ou sur une feuille volante qu’on lui remet, le résultat détaillé de la négociation. En ce cas, il suffit d’in-
scrire le nom et la somme, comme s’il s’agissait d’un article de caisse.
Il est évident que le Journal d’une maison un peu importante ne peut pas être tenu par un seul comptable : on le divise, selon les besoins, en quatre journaux correspondant aux quatre grands comptes, ou en un plus grand nombre s’il le faut. Une fois la division admise, elle n’a plus de limites fixes. Sur chacun de ces démembrements du Journal, on classe les articles des mains-courantes en autant de chefs qu’il y a de comptes au Grand-livre, c’est-à-dire en concordance avec la subdivision déjà introduite dans la- comptabilité. Quelques maisons même n’ont point d’autre journal que les mains-courantes, sur lesquelles les articles sont indiqués et classés sommairement sur une feuille volante, au fur et à mesure des inscriptions, par l’employé même qui tient la main-courante. Lorsqu’il s’qgU ensuite de relever ces premières écritures, soit au livre des Comptes courants, soit au Grand-livre, on collationne et on pointe la feuille de classement avec la main-courante. On recherche la cause des discordances, s’il y en a, et si aucun article n’a été omis, puis on passe écriture.
Les journaux ou mains-courantes sont toujours tenus par pair et impair, afin de rendre le travail plus facile et de permettre à tous les commis de travailler en même temps.
Livre des Comptes courants. C’est un grand-livre sur lequel chaque ayant compte a une tète séparée sous laquelle on relève, d’après le journal, soit à son crédit, soit à son débit, chaque article entré ou sorti pour son compte.
Dans plusieurs maisons, le livre des comptes courants, au lieu d’être réglé par débit et crédit séparés, selon la méthode ordinaire, n’a que deux colonnes à gauche, l’une de dates pour les articles du crédit et du débit, l’autre pour l’inscription du folio du journal d’après lequel l’article est rapporté, et, à droite, une colonne d’échéances, une colonne indiquant le nombre des jours pendant lesquels l’intérêt a couru, puis deux colonnes de caisse destinées à recevoir les sommes qui expriment l’intérêt produit, soit au crédit, soit au débit1. Le compte ainsi tenu présente cet avantage, qu’à tout instant il offre à l’œil et à l’esprit un résultat
' Voir aussi le modèle ci-après, livre VI, chap. in.